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François Mitterrand, un roman en clair-obscur

Mis à jour le 08/01/2016 à 05:14 Publié le 08/01/2016 à 05:14
François Mitterrand a été élu Président en 1981, à 64 ans, après deux tentatives infructueuses en 1965 et 1974. Il avait entamé sa carrière sous la IVe République comme ministre des Anciens Combattants en 1947 (en haut à droite). On le voit ci-dessus avec son épouse Danielle à Latche dans les Landes et escaladant la roche de Solutré en compagnie de Charles Hernu et Jack Lang.

François Mitterrand a été élu Président en 1981, à 64 ans, après deux tentatives infructueuses en 1965 et 1974. Il avait entamé sa carrière sous la IVe République comme ministre des Anciens Combattants en 1947 (en haut à droite). On le voit ci-dessus avec son épouse Danielle à Latche da... MAXPPP, Keystone Pictures et Le Progrès

François Mitterrand, un roman en clair-obscur

Le premier président socialiste de la Ve République laisse derrière lui une image brouillée. Un vrai réformisme de gauche a été parasité par trop d'affaires, de calculs et de secrets...

L'aura s'est sensiblement ternie. Vingt ans après sa mort, les thuriféraires de François Mitterrand sont un peu moins béats, ses contempteurs plus acides.

Le temps, qu'il cajolait tant, n'a pas encore totalement fait son œuvre. Mais à l'aune de cette histoire qui l'obsédait, l'enfant de Jarnac paraît avoir définitivement perdu la partie face à de Gaulle, son éternel adversaire au parcours plus rectiligne (guerre d'Algérie mise à part) et à la stature plus indiscutable. Le premier président socialiste de la Ve République, ce moule gaulliste dans lequel il s'est si profondément lové, laisse derrière lui une image protéiforme.

Cap à gauche… avant la rigueur

Nul ne pourra nier à ce social-démocrate dans l'âme de conséquentes réformes sociales et sociétales (voir ci-dessous) qui ont durablement transformé notre quotidien.

Mais ce réformisme bien réel fut à la fois trop court, cantonné quasiment aux deux premières années de mandat, et parasité par une litanie de faux pas et de comportements personnels d'un autre âge qui ont ratatiné la carrure mitterrandienne.

De ses inclinaisons vichystes à ses secrets de famille, en zigzaguant par les affaires qui ont sérieusement entaillé le monopole moral de la gauche, la liste des avatars de ses deux septennats est tristement connue.

Mitterrand fut ainsi tout à la fois « Tonton », ce fin lettré, notable sorti d'une autre République devenu, par on ne sait trop quel miracle, l'icône de la jeunesse en 1988… Et ce froid calculateur qui sut faire monter le Front national à son profit.

Il fut cet homme malade qui lutta avec une énergie farouche et un courage indicible face au cancer qui le rongeait, à en désarmer Philippe Séguin, tétanisé d'admiration un soir de débat télévisé... Il fut cet Européen convaincu dont l'alliance sincère avec Helmut Kohl contribua à forger l'élan continental. Main dans la main à l'ossuaire de Douaumont, ils ont incarné en 1984 la vitalité d'une Europe qui n'était pas encore devenue un projet suspect.

Un septennat crépusculaire

Mais il fut aussi ce chef de l'État dont le second septennat s'éternisa dans une pénible léthargie, long crépuscule mortifère et trop souvent sordide.

Difficile, au final, de faire le tri entre tous les Mitterrand. Nul ne saurait décemment le réduire à un Florentin aux engagements tortueux, jamais avare de manipulation ni de machiavélisme.

Par sa fibre populaire, qu'elle ait été réelle ou, plus sûrement, d'opportunité, il aura porté, jusqu'en mars 1983, une authentique politique de gauche, bien davantage que François Hollande aujourd'hui. Il a ainsi légué un héritage social indéniable, quand bien même cette ligne volontariste est rapidement venue se cabosser sur les réalités économiques.

C'est son succès et son échec. François Mitterrand aura réconcilié la gauche avec la culture de gouvernement. Mais il restera aussi celui sous lequel les chômeurs, qui avaient commencé à vraiment croître sous Giscard d'Estaing, sont passés de 1,6 million en 1981 à plus de 3 millions en 1995.

En cela, il aura été le premier à endosser la terrible impuissance politique qui colle, depuis, à la peau de tous ses successeurs.

Le dévoreur de livres qu'il était aura en tout cas réussi à mettre son parcours en scène pour l'histoire. Sa vie est un roman. Édifiant, à tous points de vue.

Adry Merli : « Un homme pudique et très affectueux »

François Mitterrand et Pierre Merli, amis de longue date, sur la promenade du PonteilàAntibes en décembre 1987. Adry Merli, veuve de Pierre Merli et proche du couple Mitterrand, sort ses albums de famille où le président de la République apparaît.
François Mitterrand et Pierre Merli, amis de longue date, sur la promenade du PonteilàAntibes en décembre 1987. Adry Merli, veuve de Pierre Merli et proche du couple Mitterrand, sort ses albums de famille où le président de la République apparaît. (Photos Dominique Agius et archives Maurice Bernaudon)

Commencer au commencement. Lorsque Adry Merli raconte François Mitterrand, elle évoque d’abord son époux disparu, Pierre. « Prisonnier de guerre, il a connu François dans la résistance. » Tous deux côte à côte contre l’ennemi commun, ils scellent une amitié qui durera toute leur vie. Un lien de confiance indéfectible créé par un passé prégnant. « On était jeunes, un peu inconscients, on s’entraînait les uns les autres… C’est ça l’esprit de la résistance », lance tendrement la veuve de l’ancien maire d’Antibes.

L’œil humide, elle sort ses albums photos, ceux de famille. « C’est sûr, ça me chamboule un peu de parler de tout ça. » Des souvenirs heureux qui prennent vie sur du papier glacé et des coupures de journaux. Devant elle, sa photo de mariage.Noir et blanc, élégance d’une époque où les visages juvéniles affichent l’espoir. « Avec Pierre, nous nous sommes mariés le 14 octobre 1944 », précise-t-elle avant de rajouter, bienveillante : « Danielle et François se sont unis quatorze jours après nous, le 28 octobre de la même année. »

Et c’est comme une évidence de découvrir à la page suivante une autre alliance, trente ans après. Celle d’une de ses deux filles, avec pour témoin de mariage… le vingt et unième président de la République. Séance de signature à la mairie, costume impeccable et prestance de circonstance.

Lip le teckel, fous rires et absence de politique

« Oui, ils ont fait partie de la famille », affirme-t-elle avant d’évoquer une autre filiation. « C’est simple, on pouvait tout se dire. On parlait de tout », puis elle se ravise dans un sourire carmin : « Sauf de politique! Là, on n’abordait jamais le sujet. Mais ça n’a jamais été vraiment convenu entre nous, c’était naturel. » Accord tacite face à l’affection. Admiration conjointe pour l’autre, en tant qu’être humain.
Parce que le couple Mitterrand, elle le porte dans son cœur.

François?« C’était un homme exceptionnel. Pas facile de premier abord, il donnait l’impression d’être distant. Mais en le connaissant bien c’était simplement un homme pudique mais très affectueux. »
Ses mains se promènent sur un autre recueil. Un ouvrage rendant hommage à l’homme d’État. Des tranches d’histoire avec un grand H qui pour elle en amènent d’autres : « Pour moi, ce sont des souvenirs qui remontent. »

Pans du passé qui ressurgissent aléatoirement. Sans chronologie, juste à l’instinct, au cœur. Les bons moments. « On partait souvent ensemble. Ou ils venaient nous voir. Il y a eu Nice, Latche, Antibes… Ah ça oui, on en a eu des fous rires tous ensemble! »

Elle regarde au loin, au large. Sur sa terrasse. Là où elle peut apercevoir la cité des Remparts sous son meilleur profil : baignée de soleil et d’eau salée. Silence.
Le temps de la complicité. De l’anecdote sortie de la malle aux trésors. « Un soir nous étions chez eux, rue Guynemer à Paris. François était sorti alors Danielle nous avait laissé leur lit pour se coucher seule dans le salon. Sauf que leur teckel, Lip, avait pour habitude de dormir dans leur chambre. Alors il est resté avec nous. Mais lorsque François est rentré il a ouvert la porte de la chambre et là… Lip lui a sauté dessus d’une force! Qu’est-ce qu’on a pu rire… »

À bientôt 92 ans, elle narre avec mordant. Grâce à cette fraîcheur qui fait la sincérité, elle dévoile des bribes d’intimité. Parce qu’elle peut bien l’avouer maintenant, le Fort de Brégançon, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Non, elle apprécie les choses plus simples, à partager. Comme avant… avec les Mitterrand.


L’héritage politique de ses deux septennats

Au-delà d’une personnalité controversée, François Mitterrand a laissé un héritage politique conséquent, essentiellement bâti lors de son premier septennat. Voici l’essentiel des réformes menées de 1981 à 1995. Seules sont toutefois mentionnées ici celles issues des gouvernements PS, hors cohabitations (86-88 et 93-95).

1981

  • Abolition de la peine de mort.
  • Autorisation des radioslocales privées.
  • Création de l’Impôt surles grandes fortunes.
  • Création de la Fête de la musique.

1982

  • Semaine de 39 heures et 5e semaine de congés payés.
  • Retraite à 60 ans.
  • Nationalisation de plusieurs banques et groupes industriels.
  • Loi sur la décentralisation de Gaston Defferre.
  • Création des Zones d’éducation prioritaire.

1983

  • Loi Roudy sur l’égalité salariale hommes-femmes.
  • Troisième dévaluation du franc et plan de rigueur.

1984

  • Premières chaînes de télé privées, dont Canal +.

1985

  • Instauration de la proportionnelle aux législatives de 86.

1986

  • Lois Littoral et Montagne.

1988

  • Accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie.
  • Création du Revenu minimum d’insertion (RMI).

1989

  • Inauguration du Grand-Louvre, de l’Opéra-Bastille et de la Grande Arche de la Défense.
  • Loi Joxe renforçant les recours offerts aux immigrés.

1990

  • Création de la CSG
  • Signature de la convention de Schengen.

1991

  • Délocalisation d’organismes publics, dont l’ENA à Strasbourg.
  • Nouveau statut pour la Corse.
  • Plan quinquennal universitaire, dit « Université 2000».
  • Loi Evin contre le tabagisme et l’alcoolisme.

1992

  • Signature du traité de Maastricht.
  • Moratoire sur les essais nucléaires.

1993

  • Loi Sapin sur le financement des partis politiques.
  • Loi Neiertz instituant un délit d’entrave à l’IVG.
    Mitterrand et Antibes



    La cité des Remparts garde en elle des épisodes historiques et anecdotiques liés à l’homme. Ou quand François Mitterrand pose ses pas à Antibes…

     

  • Il reste des phrases qui parlent toujours autant malgré les années. Comme l’interview de Pierre Merli réalisée par notre confrère Thierry Prudhon dans les colonnes de Nice-Matin le 27 décembre 1999. Lorsque le journaliste questionne l’ancien maire d’Antibes à propos de François Mitterrand, c’est l’ami fidèle qui répond : « À mon avis, il a été un très grand Président. L’homme était d’une culture exceptionnelle. Maintenant, je vous rappelle que je n’étais pas au PS, j’étais à l’UDSRpuis à l’UDF et François Mitterrand a toujours respecté ma position politique. [...] En 1988, François Mitterrand était venu à Antibes et m’avait parlé de sa candidature. “Si ton ami Barre pouvait être élu, je ne serais pas candidat, mais il ne sera pas élu”, m’avait-il confié. Je lui ai conseillé d’y aller en lui disant qu’il serait élu. À titre personnel, bien entendu, j’ai voté pour lui. »

  • Pour le quatorzième sommet franco-africain, la cité des Remparts accueille les 11 et 12 décembre 1987 les délégations. François Mitterrand y prononce le discours d’ouverture au sein duquel il salue l’Afrique à travers « cette ville d’Antibes, ville d’histoire, ville de culture, ouverte au vent du large et tournée vers votre continent. » 

  • Avant de présider la France, le socialiste s’est vu d’abord confier une autre responsabilité. Cette fois-ci plus temporaire comme le stipule l’invitation du Comité des fêtes et de la propagande d’Antibes-Juan-les-Pins : « Sous la présidence d’honneur de Monsieur François Mitterrand [...] du 21 au 27 juillet 1952. » Une semaine durant laquelle l’homme a lié son nom au tournoi du Miramar Lawn Tennis Club.




Jean-Louis Bianco : « Un animal de pouvoir et un hédoniste»

Jean-Louis Bianco raconte ses années Mitterrand.
Jean-Louis Bianco raconte ses années Mitterrand. (Photo Philippe Arnassan)

Depuis 2013, Jean-Louis Bianco,72 ans, est président de l’Observatoire de la laïcité. Il fut auparavant député et président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, maire de Digne… Mais surtout deux fois ministre de François Mitterrand, aux Affaires sociales et à l’Équipement, après avoir été le secrétaire général de l’Élysée de 1982 à 1991. C’est cette immersion au cœur du pouvoir, au plus près du président de la République, qu’il raconte dans Mes années avec Mitterrand (1).

Il y décrit un temps qui n’était pas encore celui de l’urgence, du coup d’éclat permanent et de l’omniprésence médiatique. « Il faut donner du temps au temps », professait Mitterrand.
« Nous nous voyions presque chaque fin d’après-midi dans mon bureau, déroule Bianco. L’échange pouvait être court ou long, cela dépendait de son humeur. Dans ces moments du soir, je n’ai presque jamais vu François Mitterrand tendu, énervé ou impatient. Son attitude imprimait à la maison Elysée une sérénité ô combien indispensable en ce lieu de pouvoir. »

L’homme du secret

Bianco restitue un Mitterrand maintes fois dépeint, fonctionnant par réseaux cloisonnés : « Au-delà de deux personnes, il n’y a plus de secret », répétait-il volontiers.
Son secrétaire général ne saura ainsi rien de son cancer avant qu’il ne soit rendu public. Il apprendra aussi l’existence de Mazarine Pingeot sans que le Président lui en parle. « Mais il savait que je savais. Il lui arrivait de téléphoner devant moi à Anne Pingeot, en m’indiquant d’un geste de la main de rester dans son bureau. » Ou de lui demander quel cadeau ferait plaisir à une gamine d’une dizaine d’années...
Avec une tendresse et une admiration jamais démenties, mais sans excès hagiographiques, Jean-Louis Bianco retrace « quelqu’un qui avait de la France une sensation plus qu’une idée », « qui faisait ses choix en se référant à l’histoire », un homme fasciné par l’Afrique (« Je me sens de la famille ») et l’Amérique autant que par l’Europe.

L’ami de Kohl

Un fin politique au sens de la formule ravageur également. Au début de la première cohabitation, en 1986, Michel Noir se plaint que le Président ne soit pas venu saluer ses nouveaux ministres. Au conseil des ministres suivant, le chef de l’État vient lui taper sur l’épaule, le gratifiant alors d’un sonore « Bonjour, moi c’est François Mitterrand ».
Jean-Louis Bianco décrypte par ailleurs l’entente sans faille, doublée d’une amitié sincère, qui lia François Mitterrand et Helmut Kohl de 1982 à 1995, contribuant à faire avancer la construction économique et monétaire de l’Europe. Avec, en point d’orgue, cette image pour les livres d’histoire : la mimine du Français dans la grosse paluche de l’Allemand à l’ossuaire de Douaumont, le 22 septembre 1984.
L’ancien maire de Digne résume Mitterrand d’une phrase : « Un animal de pouvoir et un hédoniste qui goûtait avec gourmandise à tous les bonheurs de la vie. »

Président désavouéet ressuscité

Cette plongée dans quatorze années de convictions et de combats n’en élude pas totalement les turpitudes. À mots à demi-couverts, affleurent aussi calculs et mesquineries qui furent le lot des deux septennats mitterrandiens. Comme l’idée de référendum sur le référendum qui n’eut jamais lieu mais permit d’éteindre la guerre scolaire. Ou la naissance un brin téléguidée de SOS Racisme et la mise en scène par Jacques Pilhan de la « Génération Mitterrand ». Cette « tontonmania » qui contribua en 1988 à une réélection sans nuage qui semblait pourtant totalement improbable en 1986, quand débutait la cohabitation à couteaux tirés avec Jacques Chirac.

1. Éditions Fayard, 318 pages, 19 euros.

Max Gallo : « Un être ambigu et biface...»

Max Gallo ne regrette pas son rapide passage auprès de François Mitterrand. Mais il en conserve une image très contrastée.
Max Gallo ne regrette pas son rapide passage auprès de François Mitterrand. Mais il en conserve une image très contrastée. (Photo Richard Schroeder)

L’écrivain niçois Max Gallo, éphémère compagnon de route de François Mitterrand, n’a pas forcément une folle envie de s’épancher à son sujet. Celui qui fut porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy de mars 1983 à juillet 1984, après avoir été élu député PS des Alpes-Maritimes en 1981, nous renvoie d’abord poliment à un article rédigé voici vingt ans dans Le Figaro, au lendemain de sa mort.
Puis il consent malgré tout, sans enthousiasme perceptible, à nous retracer à grands traits « son » Mitterrand. Un homme rencontré pour la première fois sur le plateau de l’émission Apostrophes de Bernard Pivot, en 1976. Voici quelques années, il en livrait sur Europe 1 un portrait presque glaçant : « Dans son bureau, tout le monde se couchait, Mitterrand n’avait qu’à regarder. C’est vrai que son regard vous fusillait, il avait un regard perçant. Il vous anéantissait en quelque sorte. »

« Deux courants »

À l’Élysée, Max Gallo le rencontrait en tête-à-tête chaque mardi matin, pour préparer le conseil des ministres du lendemain.
Aujourd’hui, il reconstruit un parcours à la trace multiple. « Un homme décoré de la Francisque, classé comme vichyste collaborateur mais qui en même temps a travaillé pour une association d’évadés et est donc incontestablement un résistant, même si c’est un résistant tardif. Il a ensuite continué à défendre les deux courants qu’il aincarnés en fleurissant la tombe de Pétain. C’est un personnage ambigu, biface, comme l’ont été ses gouvernements. Selon que l’on prenait tel ou tel secteur, on avait telle ou telle réponse. »
Au titre de son héritage politique, le romancier-historien retient l’abolition de la peine de mort, les 39 heures et « une politique extérieure qui renvoie vers des horizons que de Gaulle avait contestés, c’est-à-dire l’alliance avec les États-Unis ».

« Giscardisme rose »

Gallo résume son action d’une formule : « C’était un giscardisme rose, la prolongation de ce qu’avait entrepris Giscard d’Estaing. »
Le Président socialiste est décrit comme « un homme évidemment très cultivé, attaché à des relations profondes, auquel il ne fallait pas déplaire. Il jugeait de la valeur des individus mais aussi de son intérêt comme homme politique à les avoir dans son camp ».

Cruel, machiavélique, comme beaucoup le laissent entendre? « Tous les états sont des monstres froids, disait de Gaulle. On peut reprocher bien des choses à François Mitterrand, mais je n’en dresserai pas la liste, c’est encore un peu tôt. »

Max Gallo a vite déserté ce cercle fermé, au bout de quinze mois seulement. « Je me suis senti très mal à l’aise et j’ai quitté le gouvernement sans éclat, de moi-même. Je ne suis pas courtisan et être porte-parole, c’est porter la voix des autres. La politique est une action collective, être écrivain, c’est être un solitaire. Je ne pouvais me soumettre au rayonnement du monarque que tout le monde admirait. »

Frédéric Mitterrand : « Il incarnait la civilisation française»

Frédéric Mitterrand : « Son amour de la France était profond. »
Frédéric Mitterrand : « Son amour de la France était profond. » (Photo Philippe Dobrowolska)

Dans Une adolescence, Frédéric Mitterrand a raconté l’an dernier son enfance tiraillée entre sa fascination pour le général de Gaulle et son admiration pour son oncle. À l’heure d’évoquer la mémoire de celui-ci qu’il appelle Mitterrand, l’ancien ministre de la Culture (de Sarkozy) met en exergue son amour de la France.

« Beaucoup ont parlé de son cynisme ou de sa cruauté, mais il y avait au fond de lui quelque chose de moral, de très profond qui était son amour de la France, la nostalgie de la Charente de son enfance. Il avait une capacité à se projeter dans un roman national. Et qui dit roman dit forcément mise en scène, souffle, lyrisme, Mitterrand aimait tout cela. »

«Je l’aimais et...il me faisait peur »

Il ajoute : « Ses adversaires ont sous-estimé l’architecture morale de François Mitterrand qui lui donnait une ressource incomparable. » Le petit Frédéric a pour sa part longtemps souffert de l’indifférence de cet oncle qui ne lui manifestait que peu d’intérêt. « Je l’aimais beaucoup et en même temps il me faisait peur. J’aurais eu envie qu’il me reconnaisse plus tôt, moi qui le défendais au lycée, dans un milieu petit-bourgeois qui ne le portait guère dans son cœur. Je crois qu’il était un peu gêné, d’autant qu’il ne s’occupait pas beaucoup de ses propres enfants. La reconnaissance est venue plus tard, quand j’ai construit ma vie et commencé à faire de la télé. Il avait des gestes d’affection par rebond, il disait beaucoup de bien de moi aux autres. Et il s’est montré très gentil avec moi à la fin de sa vie. »

Quant à l’héritage légué par Mitterrand, il dépasse pour lui le strict cadre politique. « Ce qu’il laisse, comme l’a dit Valéry Giscard d’Estaing, c’est l’image d’un Président qui aimait la France, le dernier qui ait incarné la culture et plus encore la civilisation française, quelque chose dont nous avons la nostalgie. »

Le Var intime du « Sphinx » au côté du fondateur de Canal +

De 1983 à 1985, François Mitterrand a régulièrement fréquenté le fort de Brégançon, à Bormes-les-Mimosas,où il rencontrait la presse, notamment locale.
De 1983 à 1985, François Mitterrand a régulièrement fréquenté le fort de Brégançon, à Bormes-les-Mimosas,où il rencontrait la presse, notamment locale. (Photo Franz Chavaroche)

L’itinéraire varois de François Mitterrand se confond bien souvent avec celui d’André Rousselet. Dès 1981, tout juste élu, François Mitterrand s’était rendu en août dans sa villa grimaudoise de la Haute-Suane, à Beauvallon, atterrissant dans la presqu’île à bord d’un hélicoptère qui s’était posé dans l’enceinte militaire de l’usine des torpilles de Saint-Tropez. Proche parmi les proches, le fondateur de Canal + est l’exécuteur testamentaire de François Mitterrand. Ex-président de Havas, André Rousselet était alors directeur de cabinet du « Sphinx » qui le visita y compris après sa présidence.

Comme en 1995 lorsque les deux hommes allèrent s’incliner, place des Lices, devant la plaque dédiée à Jean Despas, résistant qu’il avait connu cinquante-quatre ans plus tôt!
En 1982, une visite – officielle cette fois – conduisit François Mitterrand au camp de Canjuers, sous la conduite de Charles Hernu, alors ministre de la Défense, dans un contexte tendu de réduction des effectifs…

Brégançon :de Kohlà Roger Hanin

Son premier séjour officiel à Brégançon, François Mitterrand ne l’effectuera qu’en 1983. Ce bref passage sera suivi de nombreux autres dont ceux accomplis durant l’été 1985, où il reçut successivement le chancelier allemand Helmut Kohl puis le ministre de la Culture, Jack Lang, avant d’y accueillir en une autre occasion le Premier ministre irlandais, Garret Fitzgerald.  Le beau-frère de François Mitterrand, Roger Hanin, y fut reçu lui aussi, incognito, pour les fêtes de fin d’année de 1986. À la fin de l’année 1985, direction Tourtour. Quelques semaines avant la première cohabitation (« Il était temps! », avait-il dit), François Mitterrand avait signé le décret déclarant d’utilité publique la Fondation Les Treilles, une vaste thébaïde idyllique voulue par une mécène disparue depuis, Annette Gruener-Schlumberger.

La surprise à l’abbé de Saint-Maximin!

En juillet 1991, le président a sans doute occasionné la plus grande surprise de sa vie à l’abbé Ravoti qui assurait, en la basilique de Saint-Maximin, l’intérim du titulaire de la chaire : « J’allais célébrer une messe, se souvenait-il jadis, lorsqu’arrivant à la sacristie, j’ai rencontré un homme ressemblant étrangement à François Mitterrand. C’était bien lui! Le président en déplacement privé s’est présenté tout simplement et m’a demandé de lui faire visiter la basilique et ses chefs-d’œuvre ». Il y eut encore d’autres apparitions officielles. Comme en février 1993, pour inaugurer à Fréjus la Nécropole nationale des morts d’Indochine. François Mitterrand avait alors eu un entretien privé avec François Léotard, dont il devait bien savoir qu’il serait, très prochainement, son nouveau ministre de la Défense…

La poignante visite toulonnaise…
Un an plus tard, ce seraient, à l’arsenal de Toulon, les poignantes obsèques des victimes de l’accident survenu en plongée au sous-marin nucléaire Émeraude et, le 14 août 1994, les cérémonies du cinquantenaire du Débarquement de Provence. à bord du porte-avions Foch, le président assistait à sa seconde revue navale, en mémoire des libérateurs du territoire provençal.
De mémoire varoise, sa dernière visite remonte au week-end du 11 novembre 1995, où il était arrivé par vol spécial à l’aérodrome de La Môle, accueilli sur le tarmac par son hôte grimaudois, André Rousselet. François Mitterrand était alors apparu relativement fatigué… C’était moins de deux mois avant son envol sous d’autres cieux.

Entre autres personnalités, il y a reçu,en 1985, le chancelier allemand Helmut Kohl.
Entre autres personnalités, il y a reçu,en 1985, le chancelier allemand Helmut Kohl. (Photo Frantz Chavaroche)

Mon Mitterrand, par Michèle Cotta

(Photo DR)

Qu’écrire sur lui qui n’ait jamais été écrit ? François Mitterrand est, avec le général de Gaulle, mais pour d’autres raisons,  un des hommes politiques sur lequel se sont penchés le plus grand nombre d’historiens, essayistes ou autres journalistes.

Toutes les périodes de son long engagement politique ont fait l’objet d’enquêtes approfondies,minutieuses et méticuleuses, doublées le plus souvent de polémiques. Désormais, les Français n’ignorent rien ou presque de sa vie privée ou publique.Qui était donc François Mitterrand ? Quelle vérité secachait derrière ses multiples visages ? Etait-il cet intrigant avide du pouvoir, si impatient, lorsqu’il était jeune,de brûler les étapes, au point d’avoir été onze fois ministre sous la IVe République ?

Ou bien une sorte de héros romantique, sans cesse en quête de lui-même, à la fois inquiet et satisfait de lui, à l’image de ces héros de lalittérature du 19e siècle qu’il aimait ? Ambitieux, opportuniste, peu regardant sur les moyens pour se hisser au pouvoir, ou, au contraire, combattant politique convaincu, tardivement certes, aux idéaux et aux idées de la gauche, désireux de figurer, aux côtés de Jean Jaurès et de Léon Blum, au Panthéon des grands socialistes du 20e siècle ?

Etait-il cet homme entouré de mystères, désireux de garder pour lui même ses secrets, ses amitiés et ses amours, ou quelqu’un qui ne cachait rien de sesdésirs ou de sa volonté ? La réalité est que François Mitterrand était tout cela à la fois, ce qui lui a donné, au-delà des contradictions d’une longue vie politique,  son épaisseur et sa densité. Non, il n’était pas simple, oui, il était florentin pour ne pas dire machiavélique, oui, sa conversion au socialisme a été tardive, mais ses idées,  à lui, n’ont jamais été celles des idéologues : il s’agissait, tous comptes faits, davantage d’humanisme que de socialisme, et il ne craignait pas de dire, à usage de certains qui lui reprochaient son pragmatisme, que le « socialisme n’était pas sa Bible ».

Oui, enfin, il s’est coulé sans difficulté, après l’avoir tant critiqué, dans les habits du général de Gaulle. Premier Président socialiste de laVe République, il est ainsidevenu, naturellement,  le monarque républicain qu’il rêvait d’être depuis longtemps. Deux mots sinon pour résumer sa vie, mais pour lui donner sa continuité. Le premier est l’obstination : il en a fallu en effet pour rester vingt-trois ans dans l’opposition, après avoir dit non, en 1958, au général de Gaulle.

Il lui en a fallu aussi pour résister, pendant ces années-là, aux attaques de ses ennemis, nombreux au pouvoir, et aux assauts de ses adversaires - il en avait beaucoup - au sein du Parti socialiste,Et aussi, après deux lourds échecs, à la présidentielle de 1974, et aux législatives de 1978, au moment où beaucoup à gauche doutaient de lui, pour se présenter contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981, et finalement l’emporter.Le deuxième mot est le rassemblement.

Ceux qui n’ont pas vécu, ou ont oublié, son arrivée au pouvoir ne peuvent imaginer aujourd’hui, quelle terreur, quel effroi ont suscité, pour la droite, son élection à la présidence de la République, et plus encore, sa décision de faire entrer quatre ministres communistes dans le gouvernement de son premier Premier Ministre, Pierre Mauroy. Les tanks de l’armée rouge s’apprêtaient, murmurait-on, à faire route vers Paris ; les communistes allaient dévorer tout cru ce Président inconscient des risques qu’il prenait pour lui et pour la France.

Au bout de deux septennats, ce fut en 1995 un autre Mitterrand qui laissa sa place à Jacques Chirac. Un Président malade, dont l’attitude devant la mort suscitait l’admiration plus que la pitié,  mais aussi un Président plus ouvert que ses adversaires ne l’avaient cru, plus expérimenté que ses amis ne le pensaient, plus rassembleur aussi. Ce n’est pas un hasard si les sondages publiés aujourd’hui, vingt ans après sa mort, montrent qu’il a gardé une place essentielle dans la vie, sinon le cœur, des Français. Il restera de lui l’image d’un homme quia essayé de les comprendre, et qui, finalement, tant bien que mal, en a été compris.

Jacques Lanxade « Une vision très forte de la guerre»

Chef d’état-major particulier puis chef d’état-major des armées, l’amiral toulonnais Jacques Lanxade, a été aux cotés de François Mitterrand de 1989 à 1995.
Chef d’état-major particulier puis chef d’état-major des armées, l’amiral toulonnais Jacques Lanxade, a été aux cotés de François Mitterrand de 1989 à 1995. (Photo S.H.)

Entre 1989 et 1995, l’amiral Jacques Lanxade a été l’un des plus proches collaborateurs de François Mitterrand. D’abord en tant que chef d’état-major particulier du président socialiste, puis au poste de chef d’état-major des armées. Vingt ans après la mort du « sphinx », l’officier toulonnais témoigne.

Quelle image gardez-vous du président François Mitterrand?
Trois choses me paraissent importantes à son sujet. C’était d’abord un homme qui avait une très grande expérience historique. Il avait vécu l’avant-guerre et la guerre, avait été fait prisonnier, s’était échappé, avait certes été un temps à Vichy, mais était ensuite entré dans la résistance. Par la suite il avait également vécu la montée de l’Union soviétique, le pacte de Varsovie… Il avait donc une vision très forte de ce que pouvait être la guerre. La deuxième chose, et j’ai pu le constater personnellement en l’accompagnant à de nombreuses réunions internationales, c’est l’extrême respect qui lui était donné à l’extérieur par les dirigeants. Manifestement, il était pour ses pairs de l’époque, une personnalité respectée par sa compréhension du système international et par la façon dont il conduisait l’action de la France.Enfin, pour le responsable militaire que j’étais, c’était très facile de travailler avec lui dès lors qu’on comprenait ce qu’il voulait. C’est un homme qui ne vous donnait pas de directives extrêmement précises, considérant que vous deviez savoir ce que vous aviez à faire. À partir du moment où vous compreniez cela, vous aviez une extraordinaire liberté d’action.

On dit que François Hollande, du moins jusqu’aux attentats de 2015, ne s’intéressait ni à la diplomatie, ni à la chose militaire. Quel président était François Mitterrand sur ces questions-là?
François Mitterrand était extrêmement conscient de la nécessité de maintenir une capacité de défense forte pour assurer le rôle, la place de notre pays dans la communauté internationale. C’était très vrai durant la « guerre froide » où il a rallié la position favorable à la stratégie de dissuasion nucléaire dès son arrivée à la présidence dela république et a toujours été durant ses 14 ans de mandat un fervent défenseur de la force de dissuasion. Il avait d’ailleurs une conception de la dissuasion extrêmement proche de celle du général De Gaulle. Il considérait que la défense française reposait fondamentalement sur la dissuasion. Il ne s’est pas écarté de cela après la chute du mur de Berlin. Même si la menace principale représentée par le bloc de l’Est avait pratiquement disparu, il a considéré que nous étions toujours dans un monde nucléarisé et que la France devait maintenir cette capacité même si elle pouvait être réduite en volume. En parallèle, François Mitterrand considérait que la France, puissance moyenne mais membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, avait une responsabilité particulière, forte, pour la paix et la sécurité dans le monde. D’où les interventions qu’il a décidé de faire dans le Golfe en réponse à une agression caractérisée de l’Irak sur le Koweït, mais également en Yougoslavie ou au Rwanda parce qu’il considérait qu’il y avait lieu d’apporter la contribution française au maintien de la paix.

Proche collaborateur, vous étiez parfois dans la confidence? Pour son état de santé par exemple ou sa fille Mazarine, longtemps restée cachée?
Naturellement je savais, mais il ne m’en a jamais parlé.Je pense que les confidences, François Mitterrand les faisait à des hommes qui n’avaient rien à voir avec le pouvoir ou avec l’action de l’État. C’est un homme qui séparait les sujets. Chacun de ses interlocuteurs avait un rôle particulier dans la politique qu’il menait. Moi, j’étais chargé à l’Élysée des problèmes de Défense et d’une partie des actions diplomatiques dès lors qu’elles avaient quelque chose à voir avec la Défense, et c’était tout.Pour le reste, nous n’avions pas de conversation de caractère privé. La seule fois où le président Mitterrand m’a raconté quelque chose de plus personnel, c’est au sujet de son conflit avec le général De Gaulle. Après la libération de Paris, au moment où le général De Gaulle construisait son gouvernement provisoire, Mitterrand souhaitait avoir un poste politique. Or le général, qui, je crois, n’avait pas une grande estime pour les politiques, lui a proposé d’être secrétaire général d’un grand ministère. François Mitterrand a pris ça comme quelque chose qui n’était pas convenable à son égard. Ça a été la raison du désaccord qui s’est créé entre les deux hommes.


Charles Fiterman « Un politique extrêmement subtil et habile »

Charles Fiterman, ministre de Mauroy, a été maire de Tavernes (ici en 2009).
Charles Fiterman, ministre de Mauroy, a été maire de Tavernes (ici en 2009). (Photo doc V.-M)

Ancien ministre des Transports dans les 2e et 3e gouvernements Mauroy de 1981 à 1984, ex-responsable national du PCF passé au PS en 1998, Charles Fiterman, fut également élu à Tavernes durant quatre mandats dont deux en tant que maire avant de se retirer de la vie municipale locale en mars 2014 tout en gardant un pied-à-terre dans le village varois. Il livrait hier sa vision de l’ancien président.

Quel souvenir avez-vous de François Mitterrand, l’homme?
Un homme à la personnalité exceptionnelle, très intelligent, d’une grande culture. On le qualifiait de « florentin » (façon de gouverner sans partage en imposant ses vues, Ndlr) mais il était surtout un politique extrêmement subtil et habile tout en cultivant des convictions très fortes. Également un européen convaincu et un démocrate qui a favorisé nombre de réformes en permettant la participation des citoyens.

Avez-vous des souvenirs communs dans le Var?
Non. Je n’ai jamais été avec lui à Brégançon ni chez André Rousselet à Grimaud. Je n’étais pas dans ce cercle là. Nous avions des relations de travail.

En gardez-vous un bon souvenir?
Oui. Même si cela n’a pas toujours été facile… Je lui ai exprimé des désaccords, mais le plus souvent lorsque je butais sur des conflits de gestion pour mon ministère, il rendait un arbitrage en ma faveur!
Pour les 20 ans de sa disparition quelle facette de sa personnalité, célébreriez-vous : le stratège, le politique, l’écrivain…
Le stratège car il a eu une idée assez géniale en 1971. Lancer l’union de la gauche qui lui permettrait d’accéder au pouvoir. Et il est resté fidèle à cette stratégie.

À qui le compareriez-vous au niveau national ou international?
De nos jours je ne vois pas… Parmi les hommes d’État depuis la guerre, il y a De Gaulle et lui. Tous deux émergent avec une personnalité et une grande envergure.

Voyez-vous des points communs avec François Hollande?
Franchement, l’actuel président essaie de l’imiter, mais il est son exact contraire! Depuis qu’il est au pouvoir, il a commis une faute lourde et impardonnable : il a oublié ceux qui l’avaient élu. Cela, jamais Mitterrand ne l’aurait fait. Il attachait beaucoup d’importance aux engagements pris et veillait à s’appuyer sur le socle des forces de gauche même si en 1988, dans un contexte difficile, il a voulu aller au-delà.


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