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Estrosi bannit les cirques avec animaux sauvages

Mis à jour le 07/03/2020 à 11:51 Publié le 07/03/2020 à 11:51
Ce genre de numéro, on ne le verra plus à Nice.

Ce genre de numéro, on ne le verra plus à Nice. J. -F. O.

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Estrosi bannit les cirques avec animaux sauvages

On apprend qu’avant la venue du chapiteau de Venise, le maire de NIce, candidat à sa réélection, a finalement pris cet arrêté qu’il excluait jusqu’alors. Explications

Il a suffi d’un tweet du journaliste Henry-Jean Servat, en 47e position sur la liste du maire sortant, pour mettre la puce à l’oreille dans les rangs des amis des bêtes. Dans ce message posté lundi, ce spécialiste du cinéma et des stars, ami proche de Brigitte Bardot et défenseur, comme « BB » de la cause animale, ne fait pas mystère de ses combats contre la souffrance animale. Il y indique être à titre personnel « pour l’interdiction des cirques animaux. Mais je ne suis pas encore élu. Donc attendons les journées qui suivront le 22 mars » ajoute-t-il dans ce tweet.

Est-ce à dire que la politique du maire, candidat à sa succession, aurait évolué au contact de son colistier ? Que les cirques avec animaux, qui avaient jusqu’à présent droit de chapiteaux, ne seraient plus les bienvenus à Nice ? Ou bien s’agit-il d’une prise de position pour caresser dans le sens du poil les défenseurs des animaux avant les élections municipales ?

« Contre les animaux sauvages dans les cirques »

Autant de questions que nous avons posées à Christian Estrosi pour tirer l’affaire au clair. Des conversations sur les animaux et les cirques, oui il en a bien eu avec Henry-Jean Servat. « Lui et moi sommes contre les animaux sauvages, comme les tigres, les éléphants dans les cirques car ils vivent dans des conditions épouvantables. D’ailleurs, approfondit le maire. Lors de la venue du cirque de Venise, j’ai pris un arrêté interdisant les spectacles avec les animaux sauvages. »

Daté du 5 février, le texte qui vise ce cirque ayant installé, pendant les vacances scolaires, du 10 février au 1er mars, sur l’esplanade De-Lattre-de-Tassigny, son chapiteau, ses caravanes, sa ménagerie, passe en revue les conditions pour avoir le droit de se produire. Outre les critères de sécurité, d’hygiène, de circulation, l’article 4 mentionne : « aucun animal en représentation. »

Pour le maire, la messe est dite. Ce qui a été interdit pour le cirque de Venise le sera aussi pour les autres pistes étoilées à venir… En clair, à Nice, les animaux sauvages ne se donneront plus en spectacle.

Débat sur les animaux domestiques

Quid, alors, des animaux domestiques dans les cirques ? Sur ce point, Christian Estrosi est plus nuancé, son opinion n’est pas tranchée : « Ce sujet mérite un débat de fond avec des spécialistes, comme la SPA par exemple, pour faire le point sur le dressage des animaux domestiques, leurs conditions de vie… » Et d’annoncer avoir « demandé à Henry-Jean Servat, si nous sommes élus, de faire un rapport sur les animaux utilisés dans les cirques et spectacles. »

Sur les pistes étoilées, les lignes bougent. En faveur des bêtes. De quoi ravir leurs défenseurs comme Christian Razeau, qui depuis plus de vingt ans mène croisade contre les animaux dans les cirques. Mais voilà, élections municipales obligent, le président du Mouvement homme, animal, nature, qui a rejoint la liste Nice écologique, avance à patte de velours : « Sur le principe, c’est bon. Attendons de voir l’application… » Et d’enchaîner en dézinguant ceux qui exploitent l’animal spectacle pour « en tirer un gagne-pain. On se rend très bien compte de la joie et de la peine chez les animaux. Est-il nécessaire de lancer un débat ? »

La question est lancée et le débat ouvert…

Le cirque de Venise était à Nice pour la treizième année. Mais la première sans ses animaux sauvages. « Oui, cet arrêté nous a surpris », avoue le codirecteur de cette structure familiale, Paul Landri. Mais pas le choix, comme l’explique sa compagne, Audrey : « On l’a su trois jours avant de venir. On était bien embêté mais on a engagé d’autres artistes avec de très beaux numéros. On n’a pas pu emmener les lions et les tigres. » « On peut alterner notre spectacle en fonction des villes puisqu’il y en a pas mal qui prennent des arrêtés [contre la venue d’animaux sauvages] », poursuit Paul Landri. Qui se défend : « On est détenteur d’un certificat de capacité. Dans chaque département où nous sommes, un service vétérinaire vient vérifier, à notre arrivée, que tout est en conformité. »

S’il admet qu’« il y a des brebis galeuses dans notre métier » et approuve les « contrôles plus poussés », le codirecteur se dresse contre ces associations et antispécistes qui « montrent des photos anciennes ou non contractuelles et véhiculent un message qui n’est pas réel. Ça nous met en colère. » « Il faut évoluer sur le bien-être animal et c’est ce que l’on fait, poursuit-il. Tous les Français ne peuvent pas se payer un voyage en Afrique du Sud pour voir des animaux sauvages. Certains spectateurs n’étaient pas contents, on a dû leur expliquer. »

« On a la loi pour nous, reprend sa compagne. Pour le moment, on ne se projette pas dans un après sans animaux sauvages. » Et le circassien de conclure : « 70 % des villes qui avaient pris cet arrêté ces dernières années reviennent en arrière. »

Dans les Alpes-Maritimes, six communes avaient déjà pris cet arrêté contre les représentations de spectacles avec animaux : Cagnes-sur-Mer, Carros, La Trinité, Mouans-Sartoux, Vence et Villeneuve-Loubet.


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