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En 2016, les grands chantiers se concrétisent à Menton

En ce début d’année 2016, le député-maire de Menton, Jean-Claude Guibal, ne peut s’empêcher de porter un regard sur 2015. « Une année douloureuse et de colère » dit-il.

Julie BAUDIN et Rachel DORDOR Publié le 11/01/2016 à 05:13, mis à jour le 11/01/2016 à 05:13
Jean-Claude Guibal (Photo Cyril Dodergny)

En ce début d’année 2016, le député-maire de Menton, Jean-Claude Guibal, ne peut s’empêcher de porter un regard sur 2015. « Une année douloureuse et de colère » dit-il. C’est alors avant tout l’homme qui parle. Il espère que cette année noire aura provoqué une réelle prise de conscience et la nécessité de passer à l’acte.

« Je souhaite que 2016 soit l’année de basculement dans un monde en crise. Il faut agir. Prendre la responsabilité de nos actes. Charlie en janvier. Le Bataclan en novembre. Entre les deux, rien. À part dire c’est pas bien, nous souffrons, nous commémorons, nous n’avons rien fait. Il faut arrêter avec les gesticulations politiques et électoralistes. La bien pensance et la police de la pensée, c’est insupportable. On ne peut pas passer son temps à penser que l’on fait offense à la République dès qu’on doit agir. La République a bon dos! Tout comme la démocratie. »

Jean-Claude Guibal se fait alors philosophe. « Du mal peut surgir un bien. Que 2016 nous emmène à être plus lucides et conscients des besoins de notre pays. Nous devons être solidaires et fraternels.
Et c’est ce que je souhaite à tous les Mentonnais. Qu’ils abordent 2016 de manière frontale. On arrête de se laisser manipuler.
On ose penser et dire librement.

On ne se laisse pas submerger par l’émotion, la peur, la crainte et le repli sur soi. Ici, nous sommes tous à l’abri. Raison de plus pour être lucides sans être détachés. »

 

« Le parking des Sablettes sera livré en juin »

Si 2015 a été une année consacrée à la préparation de plusieurs projets, 2016 les verra grandir, prendre de l’ampleur et pour certains devenir réalité. Notamment autour du musée Cocteau.
Au cœur de ce quartier, le parking des Sablettes, qui doit accueillir plus de 400 places sur trois niveaux au pied de la vieille ville.

Le parking des Sablettes sera-t-il livré cet été?
La dalle du parking doit être terminée au mois de juin. Il sera ouvert au public à partir de novembre. C’est à ce moment-là que seront entrepris par la ville les travaux d’aménagement de l’esplanade.

Depuis la construction du musée Cocteau, c’est la réhabilitation de tout le quartier que vous avez entrepris…
Oui, c’était une volonté depuis que nous avons posé la première pierre du musée (fin 2008, N.D.L.R.). En 2015, nous avons donc rénové les halles municipales. La place Clémenceau sera terminée fin février, cette année. Dans le prolongement de l’aménagement de surface du parking des Sablettes, la place Fontana sera requalifiée en vraie place. Après quoi, on refera probablement les rues autour des halles et la place Fornari, où on va lancer une opération de ravalement des façades. Et puis, on verra si on peut améliorer, ou pas, la place aux Herbes, qui a un vrai charme.

Et l’hôtel d’Adhémar de Lantagnac?
Nous n’avons pas les moyens de le restaurer, mais on essaie de le vendre. On souhaiterait qu’il garde une vocation d’hôtel de charme et qu’il ne parte pas en pièces détachées. L’idée, c’est d’en faire un petit Relais et Château.

Avez-vous des pistes?
Nous avons déjà vu deux ou trois investisseurs, mais ils ne donnaient pas assez de garanties sur le projet. Mais nous n’attendrons pas une éternité…
Nous ne pouvons pas laisser ce bâtiment tomber en ruines.

Garavan : « Avec l’hôtel 5*, c’est tout un quartier qui va être requalifié »

L’autre partie de la ville qui va considérablement évoluer au cours des années à venir et dès 2016, c’est le quartier de Garavan.
Oui, notamment avec l’hôtel 5*. L’audience a eu lieu à la cour administrative d’appel de Marseille en décembre et le rapporteur public a conclu de façon positive. Ce dont on ne doutait pas.

 

Que va-t-il se passer maintenant?
Nous attendons avec impatience le texte du jugement. Après quoi, nous aurons à signer le bail à construction avec le promoteur Progéréal. Je rappelle que la ville restera propriétaire du terrain et encaissera 300 000 euros chaque année.

La première pierre de l’hôtel 5* est-elle prévue cette année?
J’espère bien qu’elle pourra être posée d’ici la fin de l’année. Ensuite, il faudra compter environ dix-huit mois de travaux. Et mener une réflexion de requalification globale du quartier de Garavan, avec le port. C’est à la fin de l’année que la concession de 60 ans du port de Garavan vient à échéance ?Oui, en 2016, le port de plaisance deviendra communal. Nous avons également fait savoir au préfet que nous étions candidat aussi à la reprise du port public qui est aujourd’hui départemental, de manière à gérer un ensemble portuaire cohérent.

C’est pour un projet touristique?
Oui, nous allons travailler cette année sur cet ensemble hôtel et ports. Nous avons aussi dans l’idée que le jardin de Fontana Rosa puisse être loué à l’hôtel pour l’organisation de séminaires, de façon à ce que nous ne l’ayons pas rénové pour rien. Il faut créer une synergie entre tous ces éléments et le terre-plein de Garavan.

D’un côté, la requalification des abords du musée Cocteau, de l’autre le quartier de Garavan. Et entre les deux?
Une promenade piétonne qui part des Sablettes et qui relie le quartier de Garavan à la vieille ville.

C’est une vraie réflexion globale à mener…
On y travaille déjà, mais il faut d’abord réfléchir au mode de gestion du port : en régie directe ou en délégation de service public. Mais si à terme, on choisit la DSP, il faudra auparavant qu’on l’ait un peu pratiqué en régie directe pour bien établir le cahier des charges. Toutefois, il faudra qu’on ait décidé avant le 1er janvier 2017.

Ecoquartier, camping, parking de la gare, fibre optique…

  • L’écoquartier de Saint-Roman relancé
    Cette opération d’aménagement du haut-Careï, qui a été retardée en raison de la nécessité de réaliser des études de faisabilité complémentaires sur le site, va être relancée en 2016 sur d’autres bases : les constructions seront moins denses et les logements, notamment, seront plus bas, en moyenne de trois ou quatre étages. Le projet sera cédé à un opérateur.
  • Le camping Saint-Michel mis en délégation de service public
    D’ici une quinzaine de jours, la ville va choisir parmi deux offres présélectionnées.
    L’objectif de cette D.S.P. est de confier le camping municipal à un professionnel, pour en faire un quatre étoiles.
    S’imposent sa mise aux normes, sa rénovation, mais aussi celle de l’auberge de jeunesse qui est englobée dans le projet.
    La ville a décidé d’y intégrer également la gestion du plateau Saint-Michel qu’elle n’a pas pu préserver du vandalisme...
  • La S.N.C.F, maître d’ouvragedu parking intermodal de la gare
    Le projet est en pleine réflexion entre la ville et la communauté d’agglo avec la S.N.C.F qui sera finalement maître d’ouvrage de ce projet. Celui-ci s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la gare de Menton avec la mise en accessibilité de ses équipements.
    En cours d’étude, les besoins ferroviaires qui seront financés par la S.N.C.F., mais aussi ceux complémentaires au quartier (à la charge de la ville et de l’agglo) pour désengorger toutes les rues adjacentes (Masséna, Victor-Hugo...).
  • Réalisation de la crèche« Chat perché »
    Cette nouvelle structure pour la petite enfance sera aménagée dans l’ancienne école des Moulins. 
  • Fibre optique : suite et fin
    La ville va poursuivre et terminer le déploiement de la fibre optique sur l’ensemble de son territoire (Numéricable et Orange).
  • Requalification du palaisde Carnolès
    Actuellement, les équipes du musée des Beaux-Arts travaillent sur le recollement des collections. Un recensement essentiel des œuvres d’art qui n’avait pas été entrepris depuis des décennies. Il s’accompagnera d’une requalification des lieux à l’étude.
  • Mutualisation des services de la ville et de la Riviera française
    Après la mutualisation des services de la ville, de l’office du tourisme et du centre communal d’action sociale en 2015 (pour les finances et les ressources humaines), la ville va entreprendre une mutualisation de ses services avec la communauté de l’agglo dans le cadre de l’application de la loi NOTRE.
    Avec la volonté de veiller à ce que Menton joue son rôle de ville centre (partage de compétences, de personnels...).
  • Et aussi...
    Lancement des études pour la rénovation de la basilique Saint-Michel à hauteur de 220000 euros; début des études pour la construction d’un resort à vocation hôtelière et touristique sur les 8,5 hectares du centre Latournerie (la ville est associée au projet porté par une société monégasque) ; réflexion pour la mise en route d’un centre de télé-travail ; réflexion avec les autres communes concernées sur le dossier franco-italien de classement de tout le périmètre de l’est du département (jusqu’à Maria Serena) et d’une partie de l’Italie au patrimoine mondial de l’Unesco (« Alpes de la mer ») ;déménagement du service voirie dans la zone industrielle du Careï ; travail autour de l’IG.P. pour lancer la filière agrumicole dans le Mentonnais.
    « 7,5 millions d’euros programmés malgré un budget contraint »



    « Nous allons mener toutes ces opérations dans un contexte compliqué, car nous sommes toujours dans une période contrainte au niveau budgétaire » précise le député-maire, annonçant que l’augmentation des impôts n’est pas envisagée pour autant en 2016. Près de 7,5 millions d’euros sont programmés pour les investissements cette année. Mais le premier magistrat fait remarquer qu’il doit composer le budget de la ville avec la baisse constante de certaines recettes. « La dotation globale de fonctionnement (DGF), qui s’élevait à 7 600 000 euros en 2006 a commencé à baisser en 2014 de 5,55 %, puis en 2015 de 14,99 %, enfin de 16,75 % en 2016 pour atteindre aujourd’hui 5 250 000 euros ». Soit une perte de plus de 2 millions d’euros. Ce qui correspond à huit points d’impôt.
    Entre 2010 et 2015, les droits de mutation (marchés immobiliers) ont également diminué de 18,99 %, accusant une baisse de 595 000 euros. Enfin, le produit des jeux du casino est passé de 2962000 euros en 2010 à 1 953 000 en 2015, soit une perte significative de 50 %.
    À l’ouest, bientôt de vraies plages

La promenade du Soleil va retrouver de vraies plages… 250 000 euros sont prévus en 2016 pour leur engraissement par des galets « plus petits que les actuels et plus homogènes » promet le député-maire. Un enrichissement du rivage qui se fera en étapes sur plusieurs années.

Des activités nautiques d’ici cet été

 

Mais c’est surtout le confortement de la digue immergée qui permettra de retrouver à l’ouest de la cité de vraies étendues de rêve pour les baigneurs :  la ville a en effet décidé de terminer le troisième casier des plages situées entre le Borrigo et le Pont de l’Union, là où la bande littorale est quasiment inexistante. Par ailleurs, l’État a confié à la ville les plages publiques en concession, l’autorisant à aménager 20 % de cet espace pour des activités marchandes.

Parachute ascensionnel et ski nautique pourraient donc s’installer dès cet été sur la baie du Soleil. La ville mène également une réflexion avec la D.D.T.M. (Direction départementale des territoires et de la mer) et les restaurateurs. L’objectif est de libérer les trottoirs du bord de mer… La solution pourrait être d’installer des caillebotis directement sur la plage qui accueillerait ainsi les terrasses.
Un projet qui prendra sans doute plus d’une année.

Le Plan local d’urbanisme arrêté avant l’été

« Au milieu de 2016, le P.L.U. sera arrêté, s’il n’y a pas de blocage de la part de l’État. Nous sommes même allés jusqu’à proposer un terrain d’accueil pour les gens du voyage sur le site de l’ancien stand de tir au-dessus d’Intermarché, de façon à ne pas se faire retoquer. Dans ce P.L.U., également une augmentation des espaces agricoles pour revaloriser l’agriculture identitaire ».

Offre numérique MM+

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