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Elections nationales en 2023 à Monaco: Stéphane Valeri (presque) candidat à sa succession

Si le président du Conseil national se lance dans une nouvelle campagne en vue des prochaines élections, il espère constituer une liste qui respecte la parité femmes/hommes.

Joëlle Deviras Publié le 04/07/2022 à 11:00, mis à jour le 04/07/2022 à 11:30
Si le président du Conseil national, Stéphane Valeri, décide de s’engager dans un cinquième mandat, il présentera sa liste complète d’ici début octobre. Photo archives J.-F. Ottonello

Un nouveau mandat pour le président sortant? Depuis plusieurs semaines, toutes sortes de bruits courent en ville à propos de Stéphane Valeri. Et les Monégasques le savent: la rumeur est le sport national.

Le président du Conseil national, lui, ne cache ni sa vocation pour servir l’État, ni son parcours de chef d’entreprise qu’il pourrait avoir envie de reprendre. Quel que soit le côté où penchera la balance, à 60 ans, Stéphane Valeri s’apprête à donner une nouvelle impulsion à sa carrière.

Sans détour, êtes-vous candidat à votre réélection?
Je prendrai ma décision durant l’été et j’en informerai mes compatriotes à la rentrée, puisque les élections nationales ne se dérouleront que le 5 février 2023. Je pourrais continuer, avec mon expérience, si les Monégasques me faisaient confiance à nouveau, à présider un Conseil national qui contribue activement, à sa place, à trouver les meilleures solutions pour les politiques publiques.

 

Si vous envisagez être candidat, avez-vous déjà pensé à une liste? Quand serait-elle présentée aux Monégasques?
Traditionnellement, la composition de la liste est dévoilée fin septembre début octobre. Il n’y a pas de raison de changer cette tradition qui permet de donner le temps aux compatriotes d’être informés et de mieux connaître les candidates et les candidats. Entre temps, je procéderais de manière collégiale avec un comité d’investiture pour nous assurer de la meilleure liste possible, avec de nombreux élus sortants mais aussi pour choisir des nouveaux colistiers prêts à tenir des positions franches et assumées lorsque c’est nécessaire.

Au fil de ces cinq dernières années, les tensions semblent s’être dissipées avec les deux groupes d’opposition. Êtes-vous prêt à constituer une liste d’union nationale?
Nous travaillons dans l’esprit de l’union nationale depuis plus de deux ans avec le début de la crise sanitaire et le temps est plus que jamais, dans un contexte international incertain, à l’unité de toutes et tous les Monégasques. Il ne faut jamais oublier que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui parfois a pu nous diviser dans le passé. Notre petite communauté est mieux armée dans l’union nationale, dans le respect réciproque des idées et de la diversité des opinions de chacune et de chacun, pour faire face aux défis des années qui viennent. L’union nationale, c’est faire passer l’intérêt général de notre pays, avant toute autre considération. Vous avez donc compris que mon objectif serait alors de conduire une liste de large rassemblement, dépassant les clivages des derniers scrutins.

On dit de vous que vous êtes "un politique". Y a-t-il une vie pour vous hors de la sphère publique?
Je rappelle tout d’abord que je suis diplômé d’une grande école de gestion, l’ESCP Europe, et que j’ai créé et dirigé une entreprise devenue un groupe, pendant plus de vingt ans, dans le domaine de la communication et de l’événementiel. En plus de mon engagement public, j’ai donc aussi été un entrepreneur, un chef d’entreprise qui a conduit des équipes dans le secteur privé, jusqu’à ce que le Prince me nomme au gouvernement, en tant que conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé en janvier 2010, où j’ai alors managé des équipes dans le secteur public. Depuis ma première élection en 1988 comme conseiller national, puis en 2003, en tant que président de notre Assemblée, ma réélection en 2008 dans ces fonctions, mon entrée au gouvernement de 2010 à 2017, puis ma réélection à nouveau en 2018, j’ai été constamment au service de l’État. Mon souhait reste donc bien évidemment de continuer à travailler au service de l’État et du Prince souverain. Ce qui m’a toujours guidé et me motivera sans cesse, c’est l’intérêt de notre pays et des Monégasques.

Le vote du projet de loi de désaffectation du domaine public du vaste "terrain des Pêcheurs" permettrait au gouvernement d’éviter de payer aujourd’hui quelque 165M€ au promoteur Antonio Caroli qui a gagné son procès contre l’État. C’est un sujet sensible?
Tout d’abord, il faut rappeler que le Conseil national que je préside a toujours dit qu’il était favorable à un accord, pour ne pas subir les conséquences de la décision du Tribunal Suprême. Pour autant, comme toutes les désaffectations d’envergure, c’est un sujet sensible car il faut s’assurer d’obtenir de la part du promoteur la meilleure valorisation possible de cet important terrain constructible, qui appartient au patrimoine de l’État. Nous avons posé de nombreuses questions au gouvernement et formulé plusieurs demandes pour encore mieux défendre les intérêts du pays et obtenir davantage de contreparties pour les Monégasques, avec une amélioration des logements domaniaux prévus et de meilleures compensations financières pour l’État. La balle est dans le camp du gouvernement.

Quel bilan faites-vous de votre mandature?
Je crois pouvoir dire, comme nous nous y étions engagés auprès des Monégasques, qu’avec mon équipe, nous avons fait à nouveau jouer tout son rôle au Conseil national, tel qu’il est prévu par notre Constitution. Notre Assemblée élue est redevenue le partenaire institutionnel indépendant du gouvernement, qui veille à ce que les attentes et les besoins légitimes des Monégasques et des résidents, soient pris en compte dans les politiques publiques du pays. Ainsi, nous avons remis nos compatriotes au cœur des décisions qui les concernent, et cela dans l’unité des institutions, sous l’autorité du Prince souverain. Nous avons aussi apaisé la vie politique de notre pays, après un mandat précédent marqué par de profondes divisions.

 

Les accords avec l’UE, qui ont animé la dernière campagne, semblent être passés en second plan. Où en êtes-vous?
Nous avons rappelé à plusieurs reprises au gouvernement que nous ne pourrions envisager de voter une loi d’autorisation de ratification d’un traité avec l’Union Européenne, que s’il prenait en compte de manière définitive nos particularismes et notamment la priorité nationale pour les Monégasques dans tous les domaines. Je constate, comme nous le pressentions, que les négociations menées par le gouvernement, sont longues et complexes. Nous avons défendu et nous le ferons jusqu’à la fin du mandat, la position que les compatriotes nous ont demandé de tenir.

Vous avez œuvré, y compris avec Béatrice Fresko, en faveur de l’égalité femmes/hommes. Seriez-vous prêt à constituer une liste qui respecte la parité?
Bien sûr, et j’ai toujours cherché à impliquer le plus de femmes possible pour siéger au Conseil national. Mais je constate que c’est souvent plus difficile pour elles de s’engager. Nous sommes désormais sur le bon chemin et j’espère, si je conduis une liste aux prochaines élections, que celle-ci pourra se présenter avec la parité femmes-hommes.

Si vous deviez être le seul à constituer une liste, à quoi ressemblerait la campagne?
Quelle que soit la configuration de l’élection, je continuerai à appliquer la méthode qui a déjà fait ses preuves en 2003, 2008 et 2018, c’est-à-dire celle qui consiste à aller à la rencontre des compatriotes dans une phase d’écoute encore plus active que celle que je m’assigne constamment. Puisque le rôle du Conseil national est de traduire les attentes et les besoins légitimes des Monégasques, il faut avant tout leur donner la parole puis construire avec eux le projet politique qui correspond le mieux à la situation du moment et pour les cinq ans de la prochaine mandature.

Offre numérique MM+

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