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Election nationale en 2023 à Monaco: Jean-Louis Grinda ne "s'interdit rien" et pourrait rejoindre la liste de Stéphane Valeri

Le conseiller national Jean-Louis Grinda décidera en septembre s’il se représente. Il ne constituera pas de liste d’opposition et devrait rejoindre Stéphane Valeri si lui-même est candidat.

Propos recueillis par Joëlle Deviras Publié le 12/07/2022 à 13:30, mis à jour le 12/07/2022 à 10:55
Bien qu’opposant à Stéphane Valeri, Jean-Louis Grinda considère qu’il est "un très bon président". Photo Jean-François Ottonello

On dit souvent que les décisions importantes sont prises pendant l’été. Ce sera le cas à Monaco puisqu’à l’approche des élections nationales, des choix doivent être faits pour que les Monégasques élisent vingt-quatre conseillers nationaux en février prochain. Et si Stéphane Valeri se représentait pour un quatrième mandat de président du Conseil national, Jean-Louis Grinda, aujourd’hui unique élu de la minorité Union Monégasque, pourrait bien le suivre pour espérer un troisième mandat.

Vous nous avez dit, ces dernières années, que Stéphane Valeri était "un bon président". Rejoindriez-vous son camp si lui-même se lance dans la course aux élections?
Je maintiens que Stéphane Valeri est un très bon président. Je le dis en ayant été son opposant. Il a toujours respecté les minorités. Il y a eu quelques passes d’armes au début; c’est le jeu de la démocratie. À titre personnel, s’il me proposait d’être dans son groupe, je pourrais l’examiner favorablement sans aucun doute. Encore faut-il que je prenne ma décision d’ici septembre. Je ne suis pas rentré en discussion formelle avec Stéphane Valeri.

Qu’est-ce qui vous oppose, Stéphane Valeri et vous, aujourd’hui?
Rien. J’ai beaucoup d’estime et d’amitié pour Stéphane Valeri. C’est un homme intelligent. En 2018, il a bien senti que l’opposant n’était pas un mou et cela n’a pas été un problème pour lui.

 

"Ce qui a fédéré tout
le monde, c'est la crise sanitaire"

Que pensez-vous d’une seule liste d’union nationale?
Je constate simplement que nous avons fait trois listes en 2018. Il y a eu un débat. Une liste a gagné. Néanmoins, ce qui a fédéré tout le monde, c’est la crise sanitaire. Et l’union nationale s’est faite simplement et facilement. Je crois que Stéphane Valeri a pris plaisir à la gérer. Elle a fait ses preuves - et bien fait ses preuves. Elle n’empêche pas les uns et les autres d’avoir des avis différents. L’union nationale ne peut marcher que si des sensibilités fortes sont représentées. Je ne mets pas en doute la volonté réelle de Stéphane Valeri de laisser des espaces de liberté.

Vous n’êtes donc plus prêt à conduire votre liste comme vous l’avez fait en 2018?
Je ne m’interdis rien; mais honnêtement je n’en suis pas là. Ça n’aurait pas beaucoup de sens après trois ans d’union nationale. J’ai la chance d’être un metteur en scène demandé dans de nombreux pays et de diriger les Chorégies d’Orange. Je suis très occupé. J’aime vraiment le Conseil national. J’ai récolté à cette mandature ce qu’avec mes deux anciens collègues Jean-François Robillon et Bernard Pasquier nous avions semé: la dépénalisation de l’avortement, le pacte de vie commune, le mandat de protection future, la clôture budgétaire… On y arrive peu à peu. Mais en étant seul élu de notre liste dans l’hémicycle, ce n’est pas simple.

Avez-vous été approché pour composer une autre liste?
Rien. Personne.

Bientôt pourrait être votée la loi de désaffectation concernant l’Esplanade des Pêcheurs. Que pensez-vous du projet de loi déposé par le gouvernement?
Nous avons voté, en mai 2021, une proposition de loi pour que l’État puisse récolter les fruits d’une opération après la désaffectation d’un terrain public (la proposition de loi n°253 a pour objectif de donner les moyens au législateur de disposer, lors de l’examen d’un projet de loi ayant pour objet de prononcer la désaffectation d’un bien dépendant du domaine public de l’État ou de la commune, des informations permettant d’appréhender, le plus justement possible, la valorisation des biens désaffectés et les droits à construire cédés., ndlr). Même si elle n’a pas été transformée en projet de loi, je compte bien que l’esprit qui nous a animés soit défendu. Je suis bien évidemment tout à fait d’accord pour dire qu’un promoteur doit gagner sa vie. Mais il n’est pas normal que l’État, qui va devoir faire face à des coûts de plus en plus importants (retraite, traitement des fonctionnaires, etc.), ne perçoive pas, d’une manière ou d’une autre, une part du bénéfice réalisé. Ce n’est pas une foucade. C’est un sujet que je porte depuis l’extension en mer. Ce que nous disons est juste.

 

Le Conseil national a voté à l’unanimité, fin juin, sa proposition de résolution sur le projet de clôture annuelle des comptes budgétaires; idée que vous portez depuis de nombreuses années. Un pas de plus pour montrer au gouvernement votre détermination à rendre les comptes publics?
Je ne pense pas que le gouvernement ait un souci de cacher quoi que ce soit. Dès lors que l’on vote un budget, il faut en voter l’exécution finale. Le prononcé est réservé au Prince ; oui, bien sûr. Il ne s’agit pas de renier les prérogatives princières, mais d’évaluer le résultat de ce que nous avons voté et rectifié. C’est pourquoi les élus ont adopté à l’unanimité, le 16 juin 2020, la proposition de loi sur l’instauration d’une loi de résultat budgétaire final. Mais ce texte a tellement été amendé qu’il en est totalement dénaturé - ce qui n’est pas constitutionnel. Nous ne l’acceptons pas. Notre demande est légitime. La réponse du gouvernement n’est manifestement pas à la hauteur. Et ce n’est pas la première fois. La fermeté de l’ensemble des élus a été bien exprimée. L’ensemble du processus budgétaire doit être public. La majorité m’a donné la liberté de travailler sur ce sujet. C’est assez satisfaisant. Faut-il rappeler que, cette année, le gouvernement a modifié les comptes de plus de 8 % ? Il n’est pas normal que le Conseil national n’ait pas à se prononcer dessus. Je ne comprends pas que le gouvernement ne nous suive pas plus clairement.

La modernisation du statut des fonctionnaires votée le 30 juin dernier est-elle aussi "moderne" que vous l’auriez souhaité?
Si j’avais été présent (Jean-Louis Grinda était retenu ce soir-là pour des raisons professionnelles., ndlr), j’aurais voté "contre" pour une question de fond. Je dis depuis très longtemps que, selon moi, le gouvernement a tort et fait même une faute de distinguer les fonctionnaires des agents de l’état. Ce qui revient à dire au Conseil national: "Occupez-vous des Monégasques, une ordonnance réglera la situation des agents." Cela diminue la sphère d’influence du Conseil national. La fonction publique est un tout. C’est pour moi une faute politique.

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