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Des mots "indignes", "malhonnêtes", "infamants" : le bras droit de Zemmour réagit aux propos d'Eric Ciotti

Guillaume Peltier, premier vice-président du parti Reconquête !, dénonce "l’opportunisme" du député azuréen. Selon lui, l’absence de candidat zemmourien face à Ciotti aux législatives "n’était pas le fruit du hasard ".

Lionel Paoli Publié le 29/07/2022 à 19:19, mis à jour le 29/07/2022 à 19:34
Pour le bras droit d’Éric Zemmour, "Ciotti devrait réserver sa salive pour combattre la gauche". Photo AFP

"Surpris", "déçu", "indigné". Les trois mots reviennent en boucle entre les lèvres de Guillaume Peltier. Le 1er vice-président de Reconquête ! n’a pas encaissé la prise de distance d’Éric Ciotti vis-à-vis d’Éric Zemmour, formalisée mardi dernier dans une interview accordée à notre journal.

Le député des Alpes-Maritimes assure qu’il n’aurait "sans doute" pas exprimé sa préférence pour le candidat d’extrême droite, dans l’hypothèse d’un duel au second tour face à Emmanuel Macron, s’il avait eu connaissance des positions de l’ex-polémiste "sur Pétain ou sur les enfants juifs assassinés par Mohammed Merah".

Ces déclarations "n’étaient pas clairement apparues", se justifie l’élu azuréen. "Elles m’ont choqué, car elles ne sont pas conformes à la réalité historique."

"Il a été marqué dans sa chair par Pétain"

"Ces propos sont indignes, malhonnêtes et infamants", rugit Guillaume Peltier. "D’abord, Zemmour n’a jamais défendu Pétain ; il a seulement expliqué certains compromis négociés avec l’ignoble régime de Vichy pour sauver des Français (1). Ces propos sont d’autant plus abjects que Zemmour a été marqué dans sa chair par la politique de Pétain. L’un de ses oncles a été déporté. Ensuite, cette polémique remonte à 2014. Il paraît incroyable que Ciotti n’en ait jamais entendu parler avant 2021 !"

 

Concernant les jeunes victimes juives de Merah, qui "n’appartenaient pas à la France" selon Zemmour parce qu’enterrées en Israël, la chronologie plaide pour le parlementaire azuréen. Le "Z" s’est exprimé sur ce sujet le 11 septembre 2021, six jours après qu’Éric Ciotti lui a accordé son soutien face au Président sortant (2).

"Mais là aussi, c’est un faux débat", tempête le vice-président de Reconquête ! "Zemmour est le seul à s’opposer clairement aux djihadistes. Ciotti devrait réserver sa salive pour combattre la gauche."

"Opportunisme affligeant"

Pour Guillaume Peltier, "tout cela relève d’un opportunisme affligeant. Je connais bien Les Républicains, une formation dont j’ai été numéro deux [jusqu’au 7 décembre 2021, Ndlr], et je pense qu’Éric Ciotti veut donner des gages aux centristes pour avoir une chance de gagner la présidence du parti. Il cède aux vieilles figures de ce mouvement qui le pressent de renoncer à ses convictions. C’est d’autant plus décevant que j’avais cru voir en lui une forme de solidité rare en politique. Il devrait se ressaisir !"

Le temps d’une respiration, d’un froncement de sourcils, la voix s’interrompt. Puis le bras droit de Zemmour remet une pièce : "Ciotti s’est appuyé sur nos idées pour sa campagne réussie lors de la primaire LR. En retour, il a semblé logique au président de Reconquête ! de ne pas investir de candidat contre lui aux législatives. Ils en ont parlé ensemble. Tout cela est le résultat d’une entente et d’un respect mutuel ; ce n’était pas le fruit du hasard. Renier celui qui vous a soutenu, c’est triste…"

"Aucune leçon à recevoir de Peltier"

La réplique du député est au diapason. L’absence d’adversaire zemmourien dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes ? Éric Ciotti l’a "appris dans la presse". Pour le reste, il estime n’avoir "aucune leçon à recevoir de Peltier, qui incarne le pire opportunisme sans conviction en politique et qui doit être à son quatrième ou cinquième parti. La seule question est de savoir quand il va trahir Zemmour."

 

Et l’édile maralpin de conclure : "Ces attaques violentes montrent que mon élection à la présidence des Républicains, sur une ligne claire et droite, gênerait beaucoup ceux qui ont fait leur miel de nos ambiguïtés passées."

1)Cette théorie du "bouclier", qui laisse entendre que Philippe Pétain s’est efforcé de protéger les juifs français contre la volonté de l’occupant, est battue en brèche par la quasi-totalité des historiens. Sur les 74 150 juifs déportés en France pendant la Seconde Guerre mondiale, 24 500 étaient français.

2)Le 5 septembre au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro.



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