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Déplacements limités depuis Monaco... Crispations entre la Principauté et la France

Mis à jour le 04/02/2021 à 07:06 Publié le 04/02/2021 à 07:00
Pour rejoindre une station de ski depuis Monaco, il faut désormais justifier d’un motif impérieux ou présenter, en cas de contrôle, un test PCR négatif de moins de 72heures.

Pour rejoindre une station de ski depuis Monaco, il faut désormais justifier d’un motif impérieux ou présenter, en cas de contrôle, un test PCR négatif de moins de 72heures. (Photo Jean-François Ottonello)

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Déplacements limités depuis Monaco... Crispations entre la Principauté et la France

Face aux restrictions mises en place par la France qui limite les déplacements autour de Monaco à 30 km et 24 heures, la Principauté de Monaco entend peser de son poids pour faire changer la donne.

On peut dire que le décret français a mis le feu aux poudres. Et l’information fait parler depuis 72 heures en Principauté de Monaco. En régulant le passage de ses frontières pour lutter contre l’épidémie de la Covid-19, la France a ainsi réduit les possibilités aux résidents de la Principauté d’accéder librement et largement au territoire français.

Concrètement depuis le 1er février, les habitants de la Principauté peuvent se rendre en France sans condition, dans un rayon de 30 kilomètres autour de Monaco et y restez moins de 24 heures.

Au-delà, pour passer le cap des 30 kilomètres ou pour prolonger le séjour, il est désormais nécessaire de présenter, en cas de contrôle, le résultat négatif d’un test PCR de moins de 72 heures, à moins de justifier d’un motif impérieux.

Incompréhension

Le décret concerne les Monégasques et tous les résidents de la Principauté, y compris les ressortissants français considérés comme Français de l’étranger pour accéder à l’Hexagone.

Une incompréhension voire une injustice pour la population monégasque dont l’écho a été repris dès mardi soir sur les réseaux par les élus du Conseil national qualifiant la mesure de "restrictives et pénalisantes".

Il faut dire que les résidents de la Principauté sont coutumiers des stations de ski d’Auron, d’Isola 2 000 et de Valberg. Et beaucoup possèdent une résidence secondaire dans les Alpes-Maritimes ou dans le Var.

"Ces dispositions, qui ne sont pas réciproques pour les Français dans l’autre sens, paraissent en effet incompréhensibles, au regard des relations de voisinage entre les deux états, et de l’intégration géographique de la Principauté au sein du département des Alpes-Maritimes. Nos territoires sont pourtant liés par une véritable communauté de destin", plaident les élus de la Haute assemblée.

"Tenir compte des spécificités du territoire"

Sur l’antenne de Monaco Info ce mercredi soir, l’ambassadeur de France en Principauté, Laurent Stefanini a confirmé la règle précisant que "ces mesures vont faire l’objet d’une évaluation. Nous allons faire remonter à Paris les difficultés éventuelles pour tenir compte des spécificités du territoire monégasque".

Et le diplomate a précisé que la règle imposée aux habitants de la Principauté est la même pour tous les ressortissants de pays limitrophes de la France. "L’idée est de limiter le plus possible la circulation des personnes. C’est gênant pour tout le monde, mais il faut faire preuve d’esprit civique en remettant les déplacements pour le plaisir à plus tard et en circulant le moins possible pour avoir un printemps meilleur que l’hiver".

Reste à savoir ce qui se passera ce week-end, où les déplacements sont d’ordinaire nombreux vers les stations enneigées, ou pour les vacances de février à venir. Ceux qui dépasseront le rayon de 30 kilomètres pourront-ils justifier d’un motif impérieux ? Les véhicules aux plaques d’immatriculation monégasques seront-ils systématiquement contrôlés par les autorités françaises sur la route des stations de ski ?

Affaire à suivre…

Une affaire qui prend une tournure politique

On est encore loin de la crise de 1962 et du bras de fer entre les deux pays aux destins liés, mais l’affaire du déplacement des résidents de la Principauté en France au-delà de 30 kilomètres a pris une tournure politique entre Monaco et la France.

Le président du Conseil National Stéphane Valeri s’est entretenu à ce sujet ce mercredi matin au téléphone avec le prince Albert II, après avoir également échangé avec le ministre d’État dès mardi soir. Le sujet était à l’ordre du jour du conseil de gouvernement ce mercredi sur le Rocher. Prenant acte de la décision, le gouvernement princier entend peser pour convaincre le gouvernement français de revoir sa décision.

Des échanges ont eu lieu hier avec les cabinets des ministères parisiens pour tenter de trouver une solution.

Appuis parlementaires

De son côté, Stéphane Valeri a pris attache avec les présidents des groupes d’amitié France-Monaco dans les parlements français (le député Olivier Dassaut pour l’assemblée nationale et la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone pour le Sénat) afin qu’ils interviennent auprès de leur gouvernement.

En coulisses, le gouvernement de la Principauté se dit surpris par le point de vue français. Avançant comme argument que la situation sanitaire face à la Covid-19 a toujours été moins préoccupante à Monaco que dans les Alpes-Maritimes. Et que la décision contredit aussi l’esprit de la convention de voisinage entre les deux qui implique que les ressortissants monégasques et français des deux côtés de la frontière peuvent entrer, circuler et s’établir sur les deux territoires.

Questionnée sur le sujet, la préfecture des Alpes-Maritimes n’avait hier aucune déclaration à faire. L’arbitrage de cette question devrait se faire en haut lieu.

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