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Culture en danger : pourquoi le FN les inquiète

Mis à jour le 10/12/2015 à 05:13 Publié le 10/12/2015 à 05:13
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Culture en danger : pourquoi le FN les inquiète

« Dix bobos qui font semblant de s'émerveiller devant deux points rouges sur une toile.

« Dix bobos qui font semblant de s'émerveiller devant deux points rouges sur une toile. » Le 6 septembre dernier, Marion Maréchal-Le Pen donnait, en clôture de l'université d'été du Front national à Marseille, sa vision de la création plastique contemporaine. Une caricature que la candidate, arrivée dimanche dernier assez largement en tête du premier tour des élections régionales, complétait lors de ce même discours : « Nous serons les soutiens d'une culture populaire où notre patrimoine et notre identité seront mis en valeur. Nos monuments, notre histoire pétrifiée doivent être au cœur de notre projet régional ». « Culture populaire », « patrimoine », « identité » : les critères étaient posés.

De quoi, légitimement, alerter celles et ceux qui, dans les Alpes-Maritimes jouent les passeurs de ce message d'unité universelle qu'est, précisément, la culture. Sous toutes ses formes : traditionnelle, contemporaine, extravagante, classique, décalée…

Création et patrimoine

« Où se situent le patrimoine et l'identité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ? Dans les peintures provençales ? Dans ses vestiges gallo-romains ? Dans le bleu du ciel ? Dans les paysages déchirés des Alpes ? Ou dans mille autres choses ? Marion Maréchal-Le Pen doit certainement connaître les réponses. Mais doit-on obliger un artiste à incarner une "identité" par les seules idées d'une personne et de son parti politique ? Doit-on le forcer à sublimer un patrimoine qui évolue sans cesse ? »

Ces questions, Eric Mangion, le directeur de la Villa Arson, les posait il n'y a pas si longtemp, dans les colonnes des Inrockuptibles en réaction au discours de Marseille.

Dans les couloirs du Centre d'art plastique national niçois, on s'inquiète encore davantage depuis la poussée frontiste du week-end dernier. « Même si notre budget vient essentiellement du ministère de la Culture, la Région intervient pour une part non négligeable : 100 000 euros chaque année pour la formation et la diffusion culturelle », indique Michel Maunier. « Il y a donc de quoi s'inquiéter… Et c'est encore plus vrai pour tous les réseaux qui participent à la diffusion, comme Botox[s] à Nice par exemple. »

« La gloire de la France réside dans l'association de trois des plus jolis mots de notre langue : liberté, égalité et fraternité. C'est pour cela qu'il me paraît évident que certains ne peuvent pas arriver au pouvoir. »

L'appel de Toulon

Irina Brook sera aujourd'hui à Toulon au théâtre Liberté. Elle a répondu à l'appel de Charles Berling, Dominique Bluzet, Pascale Boeglin-Rodier et Daniel Benoin. Tous ensemble, ils soutiendront Christian Estrosi en vue du scrutin de dimanche. « La Région n'est pas le plus gros soutien financier du théâtre, à la différence de la Ville », indique Miss Brook. « Mais dans une période où l'on n'a sans doute jamais eu autant besoin de culture pour vivre ensemble, il me semble que certains discours passent très mal. »

Un avis partagé par Jean Florès, du théâtre de Grasse, qui sera aussi du rassemblement dans le Var. Et qui s'inquiète : « Qu'en sera-t-il de l'ingérence de ce type de gouvernance ? Me laissera-t-on faire un festival de musiques sacrées du monde ? Le risque d'un repli identitaire vers le folklore local, régional, a plus à voir avec le patrimoine qu'avec la création. » Pour Jean Florès, qui s'était présenté aux municipales sur la liste Bettati contre Estrosi, « il s'agit aujourd'hui de faire barrage à tout prix au FN. J'appelle à voter Christian Estrosi. Mais j'espère, s'il est élu, qu'il se souviendra de ce ralliement du milieu culturel et qu'il saura désigner la bonne personne à la tête de la culture. »

Quant à Marie-Louise Gourdon, adjointe socialiste à la mairie de Mouans-Sartoux, mais aussi directrice du Festival du livre : « J'espère ne pas avoir à affronter cette réalité-là. Les déclarations de la candidate sont à l'opposé des valeurs du festival, qui défend certaines idées de la société. L'art n'est clairement pas sa tasse de thé. Et je ne suis pas seulement inquiète pour ce qui me concerne, mais également pour les associations qui œuvrent sur le terrain social. C'est pourquoi j'appelle à voter Christian Estrosi. En démocratie, on fait aussi le choix de ce que l'on ne veut pas. »

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