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Consultation sur la qualité de vie: le Conseil national réclame "un plan d'urgence"

Mis à jour le 04/12/2019 à 11:06 Publié le 04/12/2019 à 11:07
Vue aérienne de Monaco

Vue aérienne de Monaco Photo Cyril Dodergny

Consultation sur la qualité de vie: le Conseil national réclame "un plan d'urgence"

Le Conseil national a dévoilé, ce mardi, les résultats de l’enquête d’opinion sur l’évolution de la qualité de vie à Monaco, réalisée en partenariat avec l’Institut BVA. Les élus réclament un "plan d’urgence" au gouvernement.

Quand la nouvelle majorité Primo! décide de faire d’un sujet son cheval de bataille, on ne peut pas lui reprocher de le survoler. Les élus de la majorité, au-delà des discussions feutrées dans les commissions dédiées, usent de tous les outils pour peser dans le débat.Sur le fond et sur la forme.

Ce mardi, le Conseil national, toutes sensibilités confondues, s’est ainsi réjoui des conclusions d’une consultation sur la qualité de vie commandée à l’Institut français indépendant BVA.

"Nous constatons que les remontées de terrain qui nous parvenaient déjà sont confirmées par des chiffres incontestables", estime le président de l’Assemblée, Stéphane Valeri.

Durant la dernière campagne pour la présidence du Conseil national, le logement avait été présenté comme la "priorité absolue" de la majorité. Entre petites phrases acerbes et combats de chiffres – souvent indigestes –, les candidats à la présidence du Conseil national n’avaient fini par parler que de ça. Un débat, et ses polémiques, prolongé entre les élus Primo ! et le gouvernement lors des premiers mois de la nouvelle mandature.

Et puis, le 11 mars dernier, le prince Albert II annonçait le lancement d’un Plan national pour le logement, répondant au "plan global pour le logement" souhaité par le candidat Valeri en février 2018 et semblant couper l’herbe sous le pied de la majorité.

>>RELIRE. Enquête sur la qualité de vie, IVG, logements, travaux de CHPG... Stéphane Valéri se positionne sur les dossiers majeurs de la rentrée

La pénurie de logements est "sous contrôle"

Qu’à cela ne tienne, le Conseil national revenait à la rentrée scolaire avec un nouveau cheval de bataille : la qualité de vie.

"Nous avions placé comme priorité absolue de la première partie de notre mandat la résolution du problème du logement pour nos compatriotes. Avec la mise en place du Plan national pour le logement, cette problématique de la pénurie et des besoins en logements domaniaux est désormais sous contrôle et maîtrisée par la volonté du prince souverain, partagée par le Conseil national", considère Stéphane Valeri.

La qualité de vie, un serpent de mer dans une Principauté en perpétuelle mutation pour pérenniser sa prospérité. Les prises de bec dans l’hémicycle et les médias ont donc repris de plus bel sur le sujet.

Au point que le prince Albert II en appelle à "ne pas tomber dans la surenchère médiatique", et s’interroge sur la nécessité de l’enquête commandée par le Conseil national.

"Cette initiative ne m’est pas apparue absolument nécessaire.En mai dernier, le gouvernement avait initié une démarche sur la qualité de vie, à laquelle ont été associés les Monégasques, les résidents et les travailleurs frontaliers. Un cabinet spécialisé dans l’évaluation des politiques publiques a réalisé une collecte d’informations, en s’appuyant sur des rencontres dans les différents quartiers et un dialogue en tête-à-tête avec une cinquantaine d’acteurs de la Principauté. Il en ressort que la qualité de vie ne peut pas être circonscrite aux seules nuisances.Il convient toutefois d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées dans ce domaine."

RELIRE Grande première à Monaco, le Conseil national va lancer une vaste consultation sur la qualité de vie en Principauté

"Nous attendons un plan d’urgence"

Plutôt que d’avancer au doigt mouillé, le président du Conseil national, Stéphane Valeri, avait en effet annoncé, en octobre, le lancement d’une consultation inédite en Principauté.

"La qualité de vie est aujourd’hui le sujet central de notre action, a-t-il répété ce mardi. Notre rôle est de faire remonter les préoccupations de terrain."

Dans la lignée des Pep’s (Pôles d’Écoute et de Proposition), ouverts à ses sympathisants durant la dernière campagne électorale, Primo !, suivi par l’ensemble des élus du Conseil national, a donc souhaité prendre le pouls des Monégasques, résidents monégasques et pendulaires.

Le but? "À partir de ces données précieuses, nous serons alors en mesure de formuler davantage de propositions, et de demander au gouvernement des actions concrètes", souligne Stéphane Valeri qui, au regard des résultats de cette consultation, souhaite changer de lexique. "J’aimerais qu’on parle désormais d’un plan global de préservation de la qualité de vie, qu’on arrête de parler de dégradation."

Absent pour cause de mission en Corée du Sud avec le Monaco Economic Board, Guillaume Rose, président de la commission Qualité de vie - environnement, a adressé un message vidéo à l’assistance: "Cette enquête fait parler les chiffres, ce que le Conseil national disait s’est révélé être réel (...). Nous attendons du gouvernement un plan d’urgence."

Le président de la commission des Finances, Balthazar Seydoux, donnant rendez-vous au "partenaire institutionnel" des élus nationaux: "Beaucoup de demandes concernant ces mesures immédiates sont déjà incorporées dans le rapport de la commission des Finances concernant le budget primitif 2020, alors que nous entamerons l’examen de la loi de budget le 10 décembre (...). Les actions pour l’amélioration de notre qualité de vie doivent être vues par le gouvernement comme un investissement productif, il y a bien d’autres économies à faire par ailleurs."

"On a eu des débats assez âpres sur la formulation des questions"

Adélaïde Zulfikarpasic, directrice BVA Opinion, et Luc Mougeot-Damidot, chargé d’études senior.
Adélaïde Zulfikarpasic, directrice BVA Opinion, et Luc Mougeot-Damidot, chargé d’études senior. Photo D.M.

Deux enquêtes ont été réalisées en parallèle. La première, l’envoi d’un courrier postal pré-affranchi au domicile de 7.000 Monégasques, s’est déroulée du 11 octobre au 4 novembre.

La seconde enquête, sur Internet (via un lien diffusé sur le site du Conseil national), a été réalisée entre le 24 octobre et le 6 novembre auprès des résidents non monégasques ainsi que les salariés pendulaires.

Les deux questionnaires étaient identiques et anonymes: quatre thèmes (qualité de vie, chantiers, circulation et environnement) et quarante questions. 3 915 questionnaires ont pu être exploités, car complets, de la manière suivante: 2.745 réponses de Monégasques (70% de l’échantillon - répondants papier), 810 réponses de résidents non monégasques (21% de l’échantillon - répondants en ligne) et 360 réponses de non-résidents à Monaco, travaillant à Monaco (9% de l’échantillon - répondants en ligne).

Première interrogation soulevée par Jacques Rit: "Les Monégasques sont minoritaires dans leur propre pays (22 % des résidents), là, on a une inversion dans le pourcentage de réponses. On a 70% (75% si on supprime les pendulaires) des réponses qui proviennent des Monégasques. C’est une totale inversion du pourcentage des populations alors que les nuisances, a priori, nous les ressentons tous"

"ça tient au mode de consultation", rétorque Stéphane Valeri, évoquant une participation facilitée "grandement" par l’échange postal et nominatif. "Nous n’avions pas la liste des résidents et encore moins des salariés."

"La seule chose qu’on peut noter, c’est que globalement les réponses allaient toutes dans le même sens, qu’on soit Monégasque, résident monégasque ou pendulaire, néanmoins sur toutes les questions les Monégasques ont été légèrement plus critiques que l’ensemble des répondants", détaille Adélaïde Zulfikarpasic, directrice BVAOpinion.

Un sentiment plus fort de dégradation qui ne surprend pas Jacques Rit: "Je m’attendais un peu aux résultats, j’aurais été effaré que les réponses n’aillent pas dans ce sens (...). Mais je regrette que l’élaboration des questions n’ait pas été étendue à une Commission plénière d’études pour que tout le monde puisse apporter des suggestions." "On a repris tout ce qui nous remontait des résidents et on a listé les grands sujets, résume Stéphane Valeri, puis Guillaume Rose a envoyé tout ça à BVA."

La directrice BVA Opinion de répondre à une question sur la tournure incitative des questions: "Pour être totalement transparent, on a eu des débats assez âpres sur la formulation des questions puisque notre enjeu est la crédibilité de notre institut. On n’a aucun intérêt à avoir des questions biaisées." " Le fait que le questionnaire soit anonyme donne la totale garantie de l’impartialité", ajoute Stéphane Valeri.

Inutile, d’ailleurs, selon BVA, de demander aux sondés s’ils sont partisans du commanditaire de l’enquête, en l’occurrence un organe politique. "On ne nous a pas demandé de le faire et ce n’est pas un prérequis indispensable."

Sur la base de standards français, la démarche étant inédite à Monaco, le taux de participation ("entre 35% et 40%") a été qualifié de "très fort".

"Pour ce type de consultation au niveau local, on observe généralement un taux de retour moyen de 10 % et on considère que le taux est bon à partir de 15 % (...). Ce taux de participation est un succès mais aussi un défi car il oblige les commanditaires en termes de retour vers la population", précise Adélaïde Zulfikarpasic

"Pour couper court à toutes velléités de minimiser les résultats, j’aimerais dire que 40% des Monégasques ont choisi de répondre à cette enquête, ce qui est considérable, note Jean-Louis Grinda. C’est une étude objective qui, je l’espère, fera du bruit.Mais je n’en suis pas sûr…"


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