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Comment Rachida Dati lutte pour prévenir la radicalisation

Mis à jour le 07/03/2018 à 10:02 Publié le 07/03/2018 à 09:32
Rachida Dati prône la création d'une autorité de contrôle d'internet

Rachida Dati prône la création d'une autorité de contrôle d'internet Photo Michael Alesi

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Comment Rachida Dati lutte pour prévenir la radicalisation

Député européen pour l’Ile-de-France et des Français de l’étranger, Rachida Dati était ce mardi à la conférence ECTR. Elle se bat depuis trois ans pour prévenir la radicalisation et le recrutement de citoyens de l’Union par des organisations terroristes, qui utilisent notamment internet.

La radicalisation, une préoccupation récente chez les politiques?
La radicalisation n’est pas un phénomène récent. Alors que j’étais magistrat, la radicalisation existait déjà en prison. Nous sommes passés d’un problème d’intégration à un problème de communautarisme puis un problème identitaire. Les politiques n’ont pas réagi en temps utile à ce processus de fracturation de notre société, que nous payons très cher aujourd’hui.

Que pouvez-vous faire au niveau européen?
Je suis en charge, notamment pour mon groupe politique, des questions de lutte contre le terrorisme et de lutte contre la radicalisation. J’ai fait voter de nombreuses mesures par le Parlement européen, comme la responsabilité pénale des géants du Net. C’est la première fois qu’un rapport obtient la quasi-unanimité bien au-delà des clivages politiques. Je suis la première, au niveau européen, à avoir fait adopter la responsabilité pénale du Net qui commence à se décliner dans les États membres.

Pourquoi ciblez-vous le Net tout particulièrement?
Aujourd’hui, les vecteurs de radicalisation sont la prison et le Net. Or, les géants du Net se sont très longtemps lavés les mains de ces sujets en prônant la liberté d’expression et en affirmant ne pas être responsables de ce qui était diffusé. La communication via internet rapporte énormément d’argent. Une partie de cet argent peut être investie pour la sécurité de nos concitoyens et l’avenir du monde.

Les réseaux sociaux sont-ils prêts à contrôler voire limiter des contenus?
Aujourd’hui, les géants du Net commencent à coopérer. Depuis trois ou quatre ans, ils suppriment des contenus mais pourraient aller beaucoup plus loin. Twitter ou Facebook enlèvent certains propos liés au fondamentalisme religieux, au terrorisme ou à l’apologie de la haine. Un effort a été fait mais il n’est pas conséquent, en tout cas pas à la hauteur des enjeux et des défis.

Ne peut-on pas parfois craindre la délation?
Pas quand il s’agit de dénoncer un acte criminel! C’est un acte de sécurité et donc de responsabilité. Je pense que les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) sont totalement cyniques sur ce sujet. Ils gagnent de l’argent, paient très peu d’impôts, ils ont une responsabilité et un devoir.

Quelle est la portée de votre rapport de 2015 adopté au Parlement européen?
Ce n’est pas une directive, donc il n’y a pas d’obligation pour les États de l’adopter ou de le transposer. Ce sont de fortes recommandations. Or, comme tous les pays européens ont été frappés par des actes terroristes, et que le terrorisme est lié à la radicalisation, les États commencent à faire adopter mes recommandations dans leur législation nationale.

Les choses avancent lentement, non?
J’ai toujours dit que les grands criminels avaient un code pénal d’avance. Mais comme tous les pays européens sont frappés aujourd’hui, ils agissent dans l’urgence. Le combat est mené par ceux qui disent "attention aux mesures attentatoires à la liberté d’expression". II y a eu une pression pour empêcher des mesures contraignantes pour les géants du Net. Sauf que désormais, l’opinion publique considère quand même que l’apologie du terrorisme et de la barbarie ne relève pas de la liberté d’expression.

Et qu’en pensent les géants du Net?
Sur le Net, notre principal ennemi est l’anonymat. Certains disent que réguler cela est impossible. Quand la radio ou la télévision sont apparues dans les foyers, on a très vite régulé les médias par des autorités de contrôle. On doit donc pouvoir y arriver pour le Net. D’ailleurs, la coopération naissante des géants du Net prouve que cela est possible.

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