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Christophe Steiner élu président du conseil National à Monaco

Mis à jour le 28/04/2016 à 05:03 Publié le 28/04/2016 à 05:03
Le nouveau président du Conseil national a lancé un appel « au travail qui doit être le nôtre : participer au sein de l'État à la préparation du Monaco de demain.

Le nouveau président du Conseil national a lancé un appel « au travail qui doit être le nôtre : participer au sein de l'État à la préparation du Monaco de demain. Photo Michael Alesi

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Christophe Steiner élu président du conseil National à Monaco

Laurent Nouvion a dû céder son fauteuil à son vice-président, élu hier soir à la tête du Conseil national. Marc Burini devient son vice-président

Une page de l'histoire du Conseil national s'est tournée, hier, avec l'élection du président. Christophe Steiner succède à Laurent Nouvion. 12-8-4 et 12-9-3 : les résultats des deux tours résonneront certainement longtemps dans la mémoire de Laurent Nouvion. Deux tiercés perdants, après avoir entendu durant une heure un concentré sans concession de reproches de la part de plusieurs élus de la minorité certes, mais surtout de son propre groupe - Horizon Monaco (ci-dessous).

On le sait, depuis cinq mois, le groupe majoritaire s'est scindé, entre « les frondeurs » et le « fan-club ». C'est ainsi qu'étaient partout nommés les opposants à Laurent Nouvion, d'une part, et ses fidèles, d'autre part. Et hier soir, Monégasques et observateurs de la vie parlementaire du pays ont pu constater que Laurent Nouvion était devenu minoritaire dans son propre camp en n'obtenant que huit voix au premier tour.

Au second tour, un élu ayant voté blanc a basculé en faveur du futur ex-président. Qui donc ? Le vote est à bulletin secret. Mais on verrait bien un conseiller national qui, en effaçant un peu l'écart, veut apporter un peu d'apaisement…

« Pas l'armistice, la paix »

Ce qui est sûr, c'est que les 24 élus montraient tous une certaine gravité dans ce vote. Une responsabilité qui se résume dans la phrase prononcée par Nathalie Amoratti-Blanc, après avoir expliqué son vote en faveur de Christophe Steiner : « C'est pour cela que je soutiendrai le meilleur d'entre nous. »

Déterminante fut la minorité, également, hier soir. En effet, quatre voix ont séparé les deux candidats au premier tour. Soit les trois voix d'Union Monégasque (Jean-François Robillon, Bernard Pasquier et Jean-Louis Grinda) et la voix de Renaissance (Eric Elena). Une minorité qui porte décidément mal son nom. Et qu'il sera encore plus difficile d'appeler opposition, puisque c'est grâce à elle que Christophe Steiner occupe le fauteuil de président.

Pour le vote du nouveau vice-président - Marc Burini - le vote fut sans appel : 16 voix en faveur du président de la commission Finances et Économie nationale, et huit bulletins blancs. Ce résultat assied la légitimité du nouveau visage du Conseil national.

Alors, s'agira-t-il de redessiner l'échiquier politique ? Pas sûr. En tout cas, peut-être pas tout de suite. Mais les frondeurs et le fan-club pourront-ils travailler ensemble ? Certainement plus difficilement que les frondeurs avec l'opposition…

Toutefois, reste à savoir s'il serait opportun, pour les uns comme pour les autres, de constituer un nouveau groupe. À vingt-deux mois des prochaines élections nationales, il s'agit plutôt de rassembler, de fédérer, d'unir, de lier mais aussi de rassurer, d'encourager, peut-être même de réconforter.

« Dépasser les clivages »

C'est ce à quoi veut s'atteler Christophe Steiner, qui, installé dans son siège de président, lance : « Je ne vous propose pas l'armistice mais la paix. Je n'appartiens à aucun parti mais à une cause commune. »

Après les critiques faites à Laurent Nouvion, Christophe Steiner veut marquer sa différence : « Nous sommes tous ici des hommes et des femmes politiques, et en même temps des acteurs de la société civile qui, indépendamment de nos sensibilités, avons décidé de nous engager. Non pas pour nos petites personnes, mais pour quelque chose de plus grand qui nous oblige et qui doit dépasser les clivages partisans stériles qui ne font que générer conflits, rancœur et division de notre communauté nationale nuisant de plus au travail qui doit être le nôtre : participer au sein de l'État à la préparation du Monaco de demain. »

Nouvel homme, nouvelle donne. Il s'agit dès aujourd'hui de tracer la route qui mènera jusqu'en février 2018.

La mise à mort politique de Laurent Nouvion avant le verdict

«En me trahissant, vous avez trahi la confiance que les Monégasques nous ont accordée massivement en février 2003.»
«En me trahissant, vous avez trahi la confiance que les Monégasques nous ont accordée massivement en février 2003.» Photo M.A.

Il est 18 h 04, hier, dans l'hémicycle du Conseil national. Daniel Boéri annonce le début du vote. Les 24 conseillers nationaux vont élire le président de la Haute Assemblée. Laurent Nouvion, le sortant, ou Christophe Steiner, le challenger.

L'ambiance est pesante. Les discours viennent de se terminer. Plus personne ne demande la parole. Pendant une heure, montre en main, Laurent Nouvion s'est fait fusiller. Deux élus de la minorité et quatre frondeurs ont livré tout ce qu'ils avaient sur le cœur. Publiquement. Sévèrement. Impitoyablement.

Le ton est feutré, comme souvent dans cette enceinte, mais les mots terriblement durs. Les salves violentes. « J'ouvre le feu », a même lancé Jean-François Robillon (Union Monégasque), le premier à intervenir. Il ne croyait pas si bien dire.

« Un grand leader de campagne ne fait pas un grand président », selon Jean-Charles Allavena (Horizon Monaco, R&E). Bernard Pasquier (UM) évoque « la gestion féodale des permanents du Conseil national ». Nathalie Amoratti-Blanc livrera la dernière salve, froidement : « Les jeux sont faits, une majorité d'entre nous ne veut plus de cette gouvernance. »

Les coups pleuvent de toutes parts. Des opposants d'hier comme des anciens alliés. Tous unis pour avoir la peau de Laurent Nouvion. Les mots de réconfort de Jacques Rit et de Claude Boisson auront bien du mal à réchauffer le cœur d'un Laurent Nouvion touché, blessé. « En me trahissant, vous avez trahi la confiance que les Monégasques nous ont accordée massivement en février 2003 », se défend-il, qualifiant plus loin la démarche des frondeurs d'« irresponsable et incohérente ».

Et de lâcher : « Être élu de façon indécente sur cette manigance serait grave pour la bonne marche des affaires du pays. »

Il est 18 h 04. Ces charges ont plombé l'ambiance. Dans le public, venu moins nombreux que ce que l'on aurait pu imaginer - une cinquantaine de personnes garnissent les gradins -, règne un silence de plomb. L'urne circule une première fois devant les 24 conseillers nationaux. On n'entend que le crépitement des appareils photo.

Un second tour est nécessaire mais l'on sait déjà que l'affaire est pliée. Que Laurent Nouvion a été mis à mort politiquement avant le vote. L'urne tourne à nouveau. Dépouillement. Il est 18 h 12. Daniel Boéri annonce les résultats : « Je proclame élu Christophe Steiner. » Quelques applaudissements dans la salle. Légers. Timides. Presque gênés.

En huit minutes, le Conseil national a changé de président. Dans une ambiance qui ne ressemble en rien à celle des grandes victoires politiques.

Un tour de scrutin plus tard, destiné à élire Marc Burini au poste de vice-président, Jean-Louis Grinda, après avoir fait discrètement passer un mot au nouveau président, demande la parole. « Malgré nos divergences lourdes, déclare-t-il, je tiens à témoigner ma sympathie à Laurent Nouvion. J'ai connu ce que vous vivez. »

Sensible au seul hommage venu de ses pairs, le président déchu répondra : « Je vous remercie de vos propos. Je suis l à et je travaillerai dès demain pour l'ensemble du Conseil national. Rien ne change. » Christophe Steiner commentera alors : « Je remercie M. Nouvion pour ces propos constructifs. »

Reste maintenant à savoir si ce sera suffisant pour panser les plaies d'une institution malmenée depuis des mois.

Ils ont dit

Laurent Nouvion
« Je suis serein. (...) On assiste à l’émergence d’une nouvelle majorité bancale, hétéroclite qui n’assume pas son nom et sa nouvelle position. Mais il y a un accord scellé entre eux, ils ont voté ensemble les présidences des commissions pour nous éjecter. Ce qui est dramatique pour l’institution du Conseil national est qu’elle est discréditée et divisée pour servir l’ego et les ambitions d’un certain nombre au mépris d’un débat démocratique entre nous que l’on devait aux Monégasques. »
Sur la méthode : « Ils ont décidé de faire mon procès en direct devant les compatriotes alors qu’ils n’ont pas eu le courage d’engager aucune discussion avec moi depuis de nombreux mois. Leur souhait a été de m’humilier. Mais nous entrons dans une nouvelle période, et il va y avoir des cas pratiques probants sur leurs capacités à gérer les dossiers. »
Et le chef de file d’Horizon Monaco continue : « Nous, nous conservons nos principes. Nous sommes un groupe de neuf élus qui continueront à défendre notre programme. Avec une détermination sans faille. Et nous préparerons les prochaines échéances électorales qui vont arriver très vite ».

Christophe Steiner
Heureux, Monsieur le président? Pas si simple… « Ça a été lourd en tension, mais aussi en émotion. Ce n’était pas facile. Un moment donné, il faut rentrer dans l’arène. Je ressens à la fois du soulagement et un nouveau poids que je porte sur mes épaules. J’appelle au rassemblement non pas sur les partis mais sur des idées. J’espère que tous les élus tiendront cette ligne. Je serai, quant à moi, transparent. L’ensemble des conseillers nationaux auront tous les documents nécessaires. Il y aura des concertations pour pouvoir mener à bien le travail à accomplir. Je suis ravi que Marc Burini ait été élu. Il le mérite amplement. Je suis sûr que nous pourrons tous ensemble faire du bon travail. »


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