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Christophe-André Frassa : sénateur et globe-trotter

Le sénateur LR représentant les Français de l'étranger fait son analyse de la vague En Marche et explique les enjeux des Sénatoriales du 24 septembre prochain

Propos recueillis parJoelle Deviras Publié le 24/08/2017 à 05:24, mis à jour le 24/08/2017 à 10:01
Christophe-André Frassa, sénateur représentant les Français de l'étranger. (DR)

Le sénat se renouvellera pour moitié lors des élections du 24 septembre prochain en France. Parmi les douze sénateurs représentant les Français établis hors de France, Christophe-André Frassa, au Palais du Luxembourg depuis 2008, n’est pas directement concerné par cette échéance puisqu’il a été réélu pour six ans en 2014. Il soutient toutefois les parlementaires sous l’étiquette des Républicains, comme on l’a vu avec la candidate à la députation Laurence Sailliet qui a perdu face à la candidate REM Samantha Cazebonne.

Pour mémoire, 10 des 11 circonscriptions des Français de l’étranger ont été remportées par La République en Marche. Et il conserve intacts ses engagements politiques pour les Français à travers le monde, notamment en matière d’éducation.

Chaque année, il sillonne le monde.Depuis janvier, il s’est rendu dans 27 pays et a parcouru 120.000 kilomètres en avion. En vacances chez lui, l’Enfant du pays explique ses ambitions et ses actions.

 

Au Sénat, du fait du mode de scrutin, la droite – dont vous faites partie – n’est-elle pas assurée de conserver la majorité des sièges?
Gérard Larcher a fait un bon boulot tant sur la cohésion de sa majorité qu’en tant que patron de l’institution ces trois dernières années. Il n’aura pas, à mon avis, d’adversaire réellement menaçant le mois prochain. La droite devrait conserver une majorité. Mais ne crions pas victoire avant l’élection.

Quels sont donc les véritables enjeux si la droite passe?
De renforcer la droite et le centre et d’avoir un Sénat qui ne soit pas dans une opposition systématique mais intelligente face à une Assemblée nationale qui est plutôt une chambre d’enregistrement et une machine à voter qui a bien peu de réflexion. On a vu la Chambre présente pour lever la main. Ce qui est un peu dangereux pour les cinq ans à venir. Il faut que les députés REM prennent possession de leur mandat et jouent pleinement leur rôle de législateurs sans être uniquement aux ordres du parti.

Votre collègue et ex-PS François Patriat a constitué un groupe REM. Quel est son poids politique aujourd’hui?
La République en Marche existe déjà au Sénat mais le groupe est composé essentiellement de desperados du socialisme. Il y a très peu de gens issus de la droite qui ont rejoint ce groupe. Le poids de REM est celui de François Patriat, c’est-à-dire pas très lourd. Lui s’est trouvé une nouvelle jeunesse avec tous ces desperados socialistes en mal d’une reconnaissance politique. On peut néanmoins reconnaître à François Patriat d’avoir pris ses distances avec les socialistes. C’est au moins cela.

Est-ce que, selon vous, La République en Marche va étendre son influence au Palais du Luxembourg?
Tout dépendra du score. Mais force est de constater qu’Emmanuel Macron déçoit beaucoup plus vite et beaucoup plus fort que ses deux prédécesseurs. Mais il est vrai qu’aux Législatives, ce fut un mouvement de fond qui a tout balayé.

Monaco n’a pas échappé à la vague. Cela vous a étonné?
Oui, car l’électorat est de droite traditionnelle. Mais le mouvement était là et a tout laminé. C’était de l’ordre de l’irrationnel.

Comment se répartissent géographiquement les douze sénateurs des Français de l’étranger?
Nous sommes une seule collectivité. Nous sommes un département de 205 pays. Il y a onze circonscriptions. Nous sommes douze et renouvelés tous les trois ans, six à chaque fois. J’ai été réélu en 2014, donc mon mandat va jusqu’en 2020.

 

Quels liens continuez-vous à avoir avec Monaco?
C’est mon pays de naissance, celui où je suis domicilié et où je vote. J’y suis autant que je peux, à chaque fois qu’il m’est possible d’échapper au tumulte législatif. À Monaco, loin du Sénat…

Comment défendez-vous Monaco à la Chambre haute?
Dès qu’un texte ou un débat permet d’évoquer Monaco… Quelquefois de manière anecdotique. On a eu l’occasion cette année de parler de la Principauté avec la ratification sur le télétravail. On parle aussi de fiscalité et j’ai alors toujours à cœur de rappeler qu’il y a ici des situations qui ne sont toujours pas éclaircies. Je continue à faire des questions écrites sur des problématiques propres à la fiscalité des Français de Monaco.

Quelles sont vos batailles politiques?
Pour les Français de l’étranger en général – et cela ne concerne pas Monaco bien évidemment –, je suis très attaché à l’enseignement. Que les lycées français puissent avoir une vraie offre et pas seulement une offre rédhibitoire car il faut savoir, par exemple, que le lycée français à Los Angeles, c’est 37000 euros par an et par enfant à la charge des familles. Il faut donc repenser la politique de l’enseignement français à l’étranger.

Emmanuel Macron envisage de réduire d’un tiers le nombre de parlementaires. Votre réaction?
Réduire les parlementaires, c’est affaiblir la démocratie. Si c’est pour renforcer le pouvoir du parlement sur l’exécutif, c’est intelligent. Si c’est pour flatter l’opinion publique, je ne vois pas l’intérêt.

Offre numérique MM+

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