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CHPG, îlot Pasteur, Jardins d'Apolline..., le ministre des Finances, Jean Castellini, fait le point sur les grands travaux

Mis à jour le 17/09/2018 à 11:33 Publié le 17/09/2018 à 08:06
Les Jardins d'Apolline aura coûté 50 millions d'euros rien que sur sa reconstruction partielle, pour l'Hélios, le ministre entend "payer le juste prix"

Les Jardins d'Apolline aura coûté 50 millions d'euros rien que sur sa reconstruction partielle, pour l'Hélios, le ministre entend "payer le juste prix" Photo C.D.

CHPG, îlot Pasteur, Jardins d'Apolline..., le ministre des Finances, Jean Castellini, fait le point sur les grands travaux

Les investissements, qui représentent un tiers du budget de l’État, se heurtent à de multiples difficultés techniques. Autant d’aléas qui amènent le ministre des Finances, Jean Castellini, à provisionner

Alors que l’automne s’apprête à étudier, en séances publiques du Conseil national, le budget rectificatif les 8, 10 et 12 octobre, puis le primitif 2018 de l’État, le conseiller de gouvernement-ministre des Finances et de l’Économie vient de répondre aux questions du Monaco Press club à l’Hôtel Métropole. Dans ce pays qui investit traditionnellement un tiers de ses recettes pour mener de grands travaux, se sont enchaînées de multiples difficultés autour des chantiers du CHPG, de l’îlot Pasteur, des Jardins d’Apolline, de L’Hélios, du Port Hercule… Et forcément des surcoûts pour en sortir… Pas pour autant de malédictions selon Jean Castellini.

Sur le retard du chantier du CHPG

"Ce qui se passe ne remet pas en cause fondamentalement le coût final de l’opération. Aujourd’hui, l’essentiel des désagréments peut se chiffrer en matière de délais.
Il y aura des conséquences financières, certes, mais elles peuvent être mitigées ou partagées. Dans un projet de cette ambition, de 750 millions d’euros, la dépense, au bout de quinze ans, est plutôt de l’ordre du milliard. C’est normal. Il y aura des années où les dépenses seront très importantes. La provision permet de lisser et de ne pas se retrouver, à un moment donné, à devoir afficher un déficit. 
C’est un chantier très compliqué qui pose des défis urbains, de circulation, d’aménagements. Peut-être que nous avons été trop optimistes sur certaines estimations. Nous sommes actuellement dans une phase de réajustement. Les contrats prévoient des pénalités en cas de délais ou de surcoût. Donc, là encore, les coûts seront partagés et ne seront donc pas intégralement à la charge de la puissance publique. On va rattraper une partie du temps, mais pas l’intégralité du retard. Ne nous autoflagellons pas trop non plus. Regardez la Philharmonie de Paris: 200% de surcoût. Des projets architecturaux ambitieux ont des dérives parfois importantes. Ça ne doit certes pas nous servir d’exemples ou d’excuses, mais cela permet de mettre les choses en perspective. Le démarrage a été, c’est vrai, un peu chaotique."

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Sur le chantier de l'îlot Pasteur

"Ce chantier est aujourd’hui à l’arrêt. Il y avait un premier appel d’offres qui avait mal estimé certains coûts. Au contraire de l’hôpital où le chantier se poursuit, on s’est dit: "Est-ce que l’on continue de dépenser quelques dizaines de millions de plus ou est-ce que nous stoppons et refaisons un autre appel à candidature en essayant d’avoir les meilleurs travaux au meilleur coût?" Donc le chantier est à l’arrêt pour de bonnes raisons. Car si au bout de dix ans de construction, on constate des problèmes structurels, c’est plus compliqué… Regardez les opérations domaniales que nous sommes obligés de reprendre aujourd’hui…"

Sur le chantier à l'arrêt de la darse nord du port Hercule

"Ce sont des ouvrages d’art extrêmement complexes. La mer est là. Le Yacht-club lui-même, en son temps, avait eu des problèmes d’étanchéité à résoudre. Je ne suis pas surpris qu’il y ait des imprévus. On a maintenant une dalle. On a de nouveau une darse nord qui ressemble à quelque chose d’autre qu’un chantier à ciel ouvert. Ce qui se passe en dessous est compliqué. Il y a forcément des aléas. Nous en avons longuement discuté en séance privée du Conseil national jeudi."

Son avis sur ces difficultés

"Ce qui nous apparaît comme évident, c’est qu’il nous faut un suivi des travaux et des chantiers qui soit plus performant dans le sens où les responsabilités des uns et des autres doivent être mieux comprises, définies, contractualisées. Qu’est-ce qui est du ressort de l’État, de l’architecte, des études, du bureau de contrôles, des constructeurs? Les constructeurs ont-ils les ressources, en interne, pour faire face à des chantiers aussi ambitieux? Quid des sous-traitants?... Aujourd’hui, avec l’arrivée d’un nouveau directeur des Travaux publics, il y a une remise à plat des procédures et des responsabilités.

Sur la catastrophe des Jardins d'Apolline et l'Hélios

"La catastrophe des Jardins d’Apolline aura coûté 50 millions d’euros rien que pour sa reconstruction partielle, c’est aujourd’hui aussi l’immeuble L’Hélios qui prend l’eau. Je veux qu’on paie le juste prix pour la qualité que l’on est en droit d’attendre à Monaco. Pour l'Hélios, on va avoir des surcoûts également. Hélios ce n'est pas un Apolline bis. Les désordres constatés sont sans commune mesure et pour des raisons différentes. Mais, malgré tout, nous avons décidé des travaux de réhabilitation importants. À Apolline, les expertises sont toujours en cours et elles prendront du temps. Si l’on n’avait pas assigné les entreprises, si on n’avait pas fait les expertises, nous n’aurions pas pu lancer les travaux et les gens auraient dû continuer, cahin-caha, soit d’y résider, soit nous aurions été contraints de les reloger sans pouvoir entreprendre le chantier de réhabilitation et fournir aux locataires, dans un horizon tout de même assez proche, des logements sains et entièrement refaits à neuf."

Sur les raisons de la catastrophe à Apolline

"Le souci était principalement les canalisations encastrées et les chapes qui s’imbibaient d’eau. Les cloisons, avec de la laine de bois, développent alors des moisissures et des pathologies. Il y avait un second problème avec des baignoires ou des bacs à douche sans doute mal posés ou des joints d’étanchéité non performants qui ont fait, qu’une fois encore, l’eau pouvait s’infiltrer."

>>LIRE AUSSI. "Le bilan touristique est très favorable" à Monaco même si le taux d'occupation n'est pas optimum.

Sur les fuites à l'Hélios et le devenir des occupants

"Bien que ce soit autre chose à l'Hélios, on retrouve les mêmes soucis avec le mobilier de salle de bain, non pas systématiquement, mais de manière trop importante pour que l’on puisse penser que ce sont des cas isolés auxquels on puisse remédier au cas par cas. On va faire une réhabilitation mais pas tout mettre à nu comme à Apolline. Les occupants seront relogés entre cinq et six mois avec gratuité de loyers et charges et, pour ceux qui ont souscrit un contrat habitation capitalisation, l’État prendra à son compte, pour un montant équivalent, la mensualité qui aurait dû être versée. Et pour ceux qui se relogeraient par leur propre moyen, il sera versé une indemnité de relogement temporaire. L’État va faire face à ces obligations. En revanche, une des décisions qui diffère par rapport à Apolline, c’est que le constructeur a plus facilement et plus rapidement admis ses torts. Donc nous sommes en train de finaliser un protocole qui va nous permettre de réaliser ces travaux de réhabilitation. Tout ce qui est du niveau de la rénovation lui incombera. Mais nous décidons de remplacer la fibre de bois par de la laine de verre."

Sur la Tour Odéon

"C’est Vinci qui a construit. Je ne pense pas que les désordres constatés et les désagréments subis à la tour Odéon soient comparables et que l’on doive s’attendre à un désastre d’une ampleur comparable à Apolline ou, dans une certaine mesure, à l’Hélios."

Sur L’Engelin?

"Je n’ai pas de crainte particulière sur la réalisation de L’Engelin."

Sur le surcoût total

"Ce sera un trop gros surcoût que je ne veux plus jamais avoir à prendre en charge. On sait qu’à Apolline, c’est 50 millions de travaux auxquels s’ajoutent les immatériels d’environ 10 millions d’euros par an. Là encore, plus le chantier est bref, moins cela coûte. Je pense que lorsque nous serons devant les tribunaux, des batailles judiciaires longues et incertaines vont s’engager, et malheureusement à la fin, il est probable qu’une partie des coûts soit à la charge de l’État. Il est irréaliste, selon moi, de penser que les aspects immatériels seront pris en charge par les personnes responsables de ces désagréments du fait des décisions judiciaires qui tomberont le moment venu."

L'impact dès le budget rectificatif 2017

"Les écarts sont de 5 à 10 millions. C’est important. Mais par rapport à un budget de l’ordre de 1,3 milliard d’euros, la rectification est à la marge."

Jean Castellini.
Jean Castellini. Photo Alberto Colman

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