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Ces 5 choses que vous ne saviez sans doute pas sur Jean-Claude Guibal, le maire de Menton décédé lundi

Alors que la mort du maire de Menton a été annoncée lundi matin, retour sur cinq faits peu connus ou oubliés le concernant. Entre famille, carrière politique et petites incongruités...

Alice Rousselot Publié le 27/10/2021 à 14:24, mis à jour le 27/10/2021 à 14:37
Avant de présider à la destinée de Menton, Jean-Claude Guibal était né en Corse et avait poursuivi ses études à Nice et à Paris. Photo Jean-François Ottonello

Enfance en Corse, lycée à Nice

Jean-Claude Guibal était corse par sa mère, Marie-Françoise Fattaccioli, originaire du petit village de Cauro. Son père était quant à lui natif des rives de l’étang de Thau. Tous deux s’étaient rencontrés à Ajaccio, où ils étaient professeurs. Elle, de lettres. Lui, de physique. Après quinze ans passés sur l’île, la famille Guibal déménage à Nice.

Où la mère prend un poste d’enseignante au collège Ségurane, et le père devient censeur (fonctionnaire chargé de veiller à la bonne marche des études et à la discipline générale de l’établissement) au lycée Masséna. Établissement que fréquentera le futur maire de Menton, avec pour professeur un certain… Charles Ehrmann.

Une opportunité au lycée Louis-Legrand conduit de nouveau la famille à déménager, en terres parisiennes. Jean-Claude Guibal enchaîne lui-même avec des études à HEC, à Sciences Po. Puis à l’ENA de 1967 à 1969, dans la promotion Stendhal.

 

Proche de Raymond Barre

Connu pour avoir été un ténor du RPR - puis UMP, et LR - dans le département, Jean-Claude Guibal était au début un centriste. Il avait entamé une carrière de cabinet très parisienne, notamment aux côtés de Pierre Méhaignerie au CDS (Centre des Démocrates Sociaux). Avant de figurer sur la liste de Francis Palmero pour les municipales de 1977 à Menton.

Candidat à la députation en 1993, contre Emmanuel Aubert (pourtant de la même famille politique), celui qui était alors le délégué départemental de l’UDF obtiendra le soutien de Raymond Barre, dont il était proche. Soucieux, en se présentant, de "répondre à l'attente de la population qui souhait [ait] un renouvellement du personnel politique".

Pour défendre sa candidature, Jean-Claude Guibal se réclamait, entre autres, de la lutte anti-mafia. Lui qui avait annoncé des mesures spéciales de contrôle pour les investissements immobiliers réalisés à partir de capitaux italiens. Et rappelait avoir assaini la situation du casino de Menton.

"Je tiens à saluer l’homme de conviction, l’universitaire éminent, le grand serviteur de l’État et le Premier ministre qui a toujours su faire passer l’intérêt général avant quelqu’autre considération. Ennemi de la facilité et donc parfois incompris dans ses fonctions publiques, il était dans le privé simple, chaleureux et plein d’humour", dira-t-il de l’ancien Premier ministre.

22 propositions de loi

Il n’existe pas de loi Guibal. Mais ce n’est pas faute d’en avoir soumis à l’Assemblée.

Au total, Jean-Claude Guibal a fait 22 propositions - 20 si on compte les deux doublons. Il s’agissait de… protéger les artisans du démarchage (2007), renforcer le dispositif de lutte contre les navires pollueurs en mer Méditerranée (2003 puis 2007), dispenser l’officier d’état-civil célébrant le mariage civil de la lecture de l’article 371-1 du Code civil lors de la cérémonie (2003), créer sur le littoral méditerranéen un corps de gardes-côtes placés sous l’autorité du Premier ministre, chargé en particulier de la surveillance des mouvements migratoires et du contrôle des navires pollueurs (2008), instaurer un service minimum d’accueil des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires en cas de grève des personnels de l’Éducation nationale (2003), créer des zones d’activités transfrontalières à statut spécial (2003), apporter une compensation par le Département des charges transférées à une Autorité Organisatrice des Transports Urbains (2003), assurer la transparence des capitaux investis dans l’immobilier (2003), rétablir au profit des communes le droit de préemption lorsque celui-ci n’est pas exercé par l’État (2013), autoriser les déclarations de naissance dans la commune du domicile des parents (2013), informer les électeurs sur les antécédents judiciaires des candidats à une élection politique (2012), alléger la taxe d’habitation au titre des collatéraux invalides à la charge du contribuable (2007), encadrer les recours abusifs en matière de permis de construire (2012), mieux protéger les artisans du démarchage (2007), instaurer une participation financière des constructeurs pour non-réalisation de logements sociaux (2011), mettre à la charge de chaque propriétaire les frais de débroussaillement de sa propriété (2005 puis 2009), créer un "chèque emploi-service jeunes" (2009), instaurer un Fonds de garantie pour les victimes d’atteintes à l’environnement (2009), imposer aux fédérations sportives délégataires une Charte de bonne conduite qui obligerait les joueurs des équipes de France à chanter la Marseillaise lors de son exécution (2009), renforcer la lutte contre la conduite sans permis (2003).

 

Rapport sur Daesh

Dans le cadre de ses missions parlementaires, il avait contribué à la rédaction d’un rapport sur l’organisation terroriste Daesh. "Nous avons auditionné entre 60 et 80 spécialistes allant de l’universitaire aux ambassadeurs et responsables d’ONG. On a pris conscience progressivement que l’État islamique est un pouvoir prédateur, d’une réelle toxicité. Les gens qu’il recrute n’ont pas d’équilibre psychique assuré. Ce sont des narcisses contrariés qui ont trouvé leur salut dans une cause plus sauvage, en tant que soldats de Daesh. Du statut de délinquant, ils passent à celui de héros", résumait-il en 2017.

Réception du maire de Pékin

Parmi les grands de ce monde accueillis à Menton, le maire avait reçu en 2004 la visite d’une délégation chinoise conduite par le maire de Pékin, M. Wang Qishan. Visant à découvrir… la station d’épuration!

L’équipement, mis en service en juin 1995 - avec la particularité d’être aménagée sur trois niveaux au-dessous de la mer - semblait en effet présenter tous les atouts techniques pour s’exporter dans la capitale chinoise.

Dans la perspective des Jeux Olympiques d’été de 2008. L’idée étant, naturellement, d’opter pour une capacité de traitement trois fois supérieure à celle de Menton.

Offre numérique MM+

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