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Budget rectificatif 2019: les conseillers nationaux sanctionnent la politique du gouvernement avec un "vote mitigé" (et ils expliquent pourquoi)

Mis à jour le 18/10/2019 à 09:39 Publié le 18/10/2019 à 08:35
Les élus ont voté en faveur du budget rectificatif 2019 de l’État.

Les élus ont voté en faveur du budget rectificatif 2019 de l’État. Photo Jean-François Ottonello

Budget rectificatif 2019: les conseillers nationaux sanctionnent la politique du gouvernement avec un "vote mitigé" (et ils expliquent pourquoi)

Avec 14 voix "pour", 8 abstentions et une voix "contre", le budget rectificatif a été voté à la majorité des conseillers nationaux, ce jeudi soir. Mais on est loin de l’unanimité de 2018…

Ils avaient unanimement donné leur confiance lors du budget primitif 2019, en décembre dernier, pour mener à bien les dossiers du pays.

Les conseillers nationaux ont fait des constats sévères aux cours des deux longues séances publiques de la semaine dernière, et ont sanctionné, ce jeudi soir, la politique du gouvernement, par "un vote mitigé", pour reprendre la formule de la vice-présidente Brigitte Boccone-Pagès et du président du Conseil national Stéphane Valeri.

À 20 heures, ce jeudi soir, le président annonce le décompte des voix : 14 "pour", 8 abstentions et 1 "contre".

Ce qui revient en boucle dans les prises de parole des vingt-trois élus présents ce jeudi, ce sont les insatisfactions sur de nombreux dossiers: dégradation de la qualité de vie, retards et surcoûts des chantiers, comptabilité de l’État qui se sert dans le Fonds de réserve constitutionnelle, absence de création d’une caisse autonome de retraite pour les fonctionnaires…

"Il faut changer de braquet"

Alors, Brigitte Boccone-Pagès prévient d’emblée: "Nous avons tiré la sonnette d’alarme."

Aujourd’hui, le gouvernement doit "regagner la confiance des élus du Conseil national" et engager "une politique active et proactive pour l’amélioration visible de la qualité de vie".

Sur les chantiers et la qualité de vie, Stéphane Valeri est catégorique: "Nous le voyons, le bilan n’est pas bon. Il faut donc changer de braquet. (...) C’est à vous, Monsieur le Ministre, et donc au gouvernement que vous dirigez, de prendre des décisions, de pratiquer des arbitrages, et donc de faire preuve de courage et d’audace."

Et il pointe du doigt l’immobilisme de l’État sur certains dossiers.

"Pendant que les Monégasques et les résidents sont confrontés à des problèmes au quotidien, c’est-à-dire maintenant, le gouvernement nous répond encore trop souvent que le sujet est à l’étude, que la réflexion se poursuit et que peut-être une décision sera prise un jour, pour envisager une solution… ou pas!"

Et de citer, par exemple, à propos des nuisances sonores des deux-roues, un même discours, quasiment au mot près, de deux conseillers de gouvernement pour l’Intérieur à huit ans d’intervalle.

"Plusieurs années plus tard, le gouvernement en est toujours au même point, et fait donc toujours la même réponse."

Idem pour l’abri pour les animaux abandonnés: "Nous referons le point en décembre prochain mais croyez-moi, nous y reviendrons tant que ce ne sera pas concrétisé."

Rendez-vous donc dans deux mois pour le budget primitif 2020.


Ils ont expliqué leur vote

Brigitte Boccone Pagès
"Si je suis si mitigée, c’est parce que je suis à l’image de la majorité du Conseil national, partagée entre l’envie de croire que le gouvernement aura entendu la voix des Monégasques à l’occasion des débats de ce budget rectificatif, et le doute, la circonspection, et parfois la déception, sur sa volonté d’agir, qui ont gagné certains de mes collègues."

Balthazar Seydoux
"Il n’est jamais agréable pour un rapporteur de la Commission des Finances de devoir, dans le rapport qu’il établit en son nom, dresser la liste de tant de dysfonctionnements et de problèmes dans la gestion des grands chantiers. Absence de phasage des travaux et des chantiers notamment privés, retards et surcoûts très importants des chantiers publics, absence de dispositif perceptible et efficace contre les nuisances sonores, aucun report de chantier privé et, une application pour le moins parcimonieuse des deux arrêtés ministériels que la majorité avait pourtant obtenus en décembre dernier, à force de pugnacité. Je préfère m’arrêter là, sinon je parlerais aussi du fonds de retraite des fonctionnaires ou encore de la façon dont le Fonds de réserve constitutionnel est encore trop souvent utilisé pour contourner les lois de budget de l’État examinées par le Conseil national."

Christophe Robino
"Je m’étonne qu’au prétexte des sommes déjà réservées et des retards enregistrés par le chantier, on envisage de ne pas provisionner les 45 M€ annuellement épargnés pour le financement de la construction du nouvel hôpital. Avec déjà une augmentation du coût de construction de près de 200 M€ en six ans, et il est à craindre que cela augmente encore, il ne faut pas prendre le risque d’une quelconque forme d’hypothèque sur l’avenir de ce projet si structurant pour notre pays."

Marine Grisoul
"La lutte contre la pollution de manière générale doit faire l’objet de mesures fortes qui vont participer là aussi à inverser la tendance en matière de qualité de vie."

Marc Mourou
"Concernant la gratuité de domiciliation d’une activité professionnelle dans un local à usage d’habitation dont l’État est propriétaire, toutes les possibilités pour soutenir et favoriser l’entreprenariat doivent être privilégiées. Il est impératif de continuer à donner envie à nos compatriotes, jeunes et moins jeunes, de créer et de devenir des porteurs des projets."

Nathalie Amoratti-Blanc
"J’ai trop souvent l’impression qu’au lieu de nous entendre et de nous faire crédit de ce que nous représentons ici, au travers de notre mandat, c’est-à-dire l’attente globale de notre communauté nationale, élargie aux résidents, vous cherchez à nous convaincre que c’est le gouvernement qui a raison, et que le Conseil national, lui, exagère encore et toujours."

Jean-Louis Grinda (UM)
"Je m’inquiète du montant extraordinairement élevé des dépenses d’équipement pour 632 millions d’euros - atteignant ainsi 40% des dépenses publiques. (...) Notre budget est en réalité en déficit de 100 millions d’euros et, pour des raisons d’affichage, le gouvernement essaie de faire croire qu’il est en équilibre."

Michèle Dittlot
"Par la dégradation de son cadre de vie en raison de chantiers toujours plus nombreux et bruyants, par la réduction des espaces verts, par la densité de la circulation, par les nuisances sonores et par la pollution de l’air, Monaco perd de son attractivité et de son confort de vie. Pour restaurer cette attractivité, il faut une prise en compte sérieuse de ce problème par une politique intelligente d’occupation du sol monégasque."

Béatrice Fresko-Rolfo (HM)
"Notre cadre de vie est inlassablement malmené depuis quelques années et je ne doute pas que vous vous en soyez aperçu. Je vous demande donc de transformer les engagements de votre gouvernement en actions et résultats concrets."

Daniel Boeri
"Les troubles causés à la qualité de vie sont aussi (...) une chance… eh oui! Nos recettes comprennent la TVA! Heureusement pour notre pays, l’immobilier et la construction représentent 40% des recettes de TVA et près de 20% des recettes totales!"

Franck Lobono
"La politique du logement que nous défendons est une des clefs de voûte de la pérennité de notre modèle, unique et incomparable. Ensemble, nous construisons le Monaco d’aujourd’hui et de demain pour les Monégasques et les résidents, dont les Enfants du pays. Ce budget rectificatif est déjà un budget d’avenir en matière de logement."

Pierre Bardy
"L’équilibre de notre pays passe aussi par la poursuite des actions en faveur d’un écosystème propice au développement de l’attractivité et des activités économiques."

Marie-Noëlle Gibelli
"Nous attendons que le gouvernement prenne des engagements forts sur ce sujet majeur et je suis convaincue que les résultats de la grande consultation sur la qualité de vie, que nos compatriotes ont pu recevoir dans leur boîte aux lettres en début de semaine, feront ressortir les attentes de la population."

Pierre Van Klaveren
"Il est urgent de mieux faire pour notre qualité de vie et nos entrepreneurs notamment, pour notre attractivité au sens large du terme. Mieux ne veut pas forcément dire plus."


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