Après l'hôtellerie et la restauration, Monaco étend son coup de pouce aux salariés du privé pour faire face à l'inflation

Le ministre d’État Pierre Dartout a annoncé jeudi soir au Conseil national être favorable à la prime "déchargée" accordée l’été dernier aux seuls salariés de l’hôtellerie et de la restauration.

Article réservé aux abonnés
Joelle Deviras Publié le 10/10/2022 à 08:00, mis à jour le 10/10/2022 à 14:03
Tous les employeurs sont encouragés à donner des primes exonérées de charges à leurs salariés pour remédier aux augmentations des prix. Photo Cyril Dodergny

Les finances publiques sont au beau fixe. Et c’est sur cette excellente nouvelle qu’élus et gouvernement se sont retrouvés, jeudi soir, pour entamer l’étude du projet de loi du Budget rectificatif 2022 qui affiche un excédent prévu de 8,8 millions d’euros.

Mais l’État doit faire face à une inflation forte et doit prendre des mesures pour maintenir le pouvoir d’achat de tous. "Le rôle de l’État est à la fois de préparer l’avenir et de protéger la population des dangers du moment", a souligné le ministre d’État.

Pierre Dartout explique: "Nous devons aujourd’hui faire face à une hausse du niveau général des prix inédite depuis le début des années 80."

Après les fonctionnaires et personnels hospitaliers, après la prime aux salariés du secteur de l’hôtellerie-restauration, "le gouvernement tient à favoriser le pouvoir d’achat des salariés du privé."

À noter que les prestations familiales, versées par la Caisse de Compensation des Services Sociaux (CCSS), ont déjà été revalorisées de 6,18% par rapport à l’année précédente.

 

Une annonce attendue

Le rapporteur du projet de loi, Balthazar Seydoux, vice-président du Conseil national, a sollicité le gouvernement: "Il s’agirait, pour tous les employeurs qui le souhaitent, de verser une prime exceptionnelle à leurs salariés jusqu’à un certain niveau de rémunération, sans charges sociales sur cette dernière."

Ce à quoi le ministre d’État répond: "Compte tenu du contexte économique et social actuel particulièrement difficile, tant pour les employeurs que pour les salariés de la Principauté, je vous annonce que le gouvernement est favorable à ce que le bénéfice de la prime de soutien aux salariés instaurée par l’arrêté ministériel du 1er août soit étendu à l’ensemble des secteurs d’activité de la Principauté."

Une annonce qui réjouit la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, qui se soucie de tous ceux qui reçoivent un salaire: "Je tiens avec mes collègues, à ce que tout soit mis en œuvre pour que les effets de l’inflation soient le plus largement compensés, que ce soit pour les fonctionnaires, agents de l’État et de la Commune, pour les retraités de la Fonction Publique, pour les personnels médicaux et non médicaux du CHPG, mais aussi pour les salariés du secteur privé."

À noter qu’à ce dispositif d’exonération de charges s’ajoutera également une augmentation des primes exceptionnelles « Carlo ».

Balthazar Seydoux, vice-président du Conseil national. Photo Romain Fondacaro-Conseil national.

Les élus en appellent aux employeurs du privé

Les élus du Conseil national attendent des employeurs qu’ils accordent des primes exonérées de charges. "En ce qui concerne les salariés du secteur privé, dans une économie libérale, l’État ne peut bien sûr pas décréter des augmentations de salaire, explique Balthazar Seydoux, vice-président du Conseil national. Ceci relève d’une décision de l’employeur. En revanche, les élus souhaitent que les employeurs s’emparent de cette question pour que dans toutes les entreprises où cela est possible, le maintien du pouvoir d’achat des salariés soit assuré."

Et Karen Aliprendi de confirmer: "Les élus encouragent les entreprises qui le peuvent à faire un effort pour rehausser les salaires de leurs employés."

La balle est maintenant entre les mains des patrons. Et considérant les résultats de l’économie monégasque, force est à penser que beaucoup d’entre eux pourront soutenir le pouvoir d’achat.

Car, comme le rappelle le doyen de l’Assemblée Daniel Boeri: "Le dynamisme de nos entreprises et des salariés, appuyés par l’État, permettent des résultats assez remarquables, il faut le dire. Nous atteignons un budget de 2 milliards d’euros. Les recettes commerciales représentent environ 56% des recettes totales."

Fonctionnaires, personnels hospitaliers, les salaires ont augmenté

Dans un premier temps, le gouvernement a d’abord veillé sur ses fonctionnaires pour qu’ils ne souffrent pas de l’inflation.

"Ces derniers avaient déjà bénéficié d’une hausse des traitements et pensions de retraite de 1,2% au titre d’un rattrapage de l’année 2021 et du début d’année 2022, note le ministre d’État. Une nouvelle hausse de 2% a été décidée en juillet, puis renforcée en septembre par une autre revalorisation de 3,5%, consécutive à l’accélération de l’inflation."

Mieux encore: "L’indemnité de fin d’année majorée de 5% sera versée dès le mois de décembre de cette année à l’ensemble de ses bénéficiaires, ce qui constituera un autre "coup de pouce" au pouvoir d’achat."

Des mesures ont également été prises en faveur des personnels hospitaliers avec notamment l’augmentation anticipée de 2% de la valeur du point d’indice de rémunération des personnels non médicaux, revalorisation anticipée de 2% de la rémunération des Praticiens Hospitaliers.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.