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Après la crise sanitaire, "nous devrons réfléchir pour adapter notre modèle", estime le prince Albert II

Mis à jour le 18/11/2020 à 20:08 Publié le 18/11/2020 à 14:25
Légende : « L’option du couvre-feu a permis à certains secteurs de poursuivre leur activité. »

Légende : « L’option du couvre-feu a permis à certains secteurs de poursuivre leur activité. » Photo Cyril Dodergny

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Après la crise sanitaire, "nous devrons réfléchir pour adapter notre modèle", estime le prince Albert II

Dans cet autre volet de l'entretien accordé à Monaco-Matin, consacré aux conséquences économiques de la crise sanitaire, le prince Albert II assure que la Principauté a les reins assez solides pour passer le cap. Mais il ne faudrait pas que la crise perdure...

Le sport, la culture, l’événementiel, les casinos : la crise de la Covid frappe en plein cœur l’ADN de la Principauté. Comment soutenir ces activités ?
Tous ces secteurs majeurs sont touchés, et de manière très significative. L’État s’est pleinement mobilisé pour les soutenir. Des aides financières spécifiques ont été débloquées, notamment au travers du CTTR (le Chômage total temporaire renforcé, ndlr) et de la Commission d’accompagnement à la relance économique (Care). Nous allons évidemment maintenir ces aides. J’ai demandé au gouvernement d’être extrêmement attentif sur ce point. L’option du couvre-feu a permis à certains acteurs de ces secteurs de poursuivre leur activité. Ensuite, le plan de relance, financé à hauteur de 75M€, préparé par le gouvernement et voté par le Conseil national, prévoit également la compensation des pertes pour les associations sportives et culturelles. Ces dispositifs seront adaptés, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire

Et si cela devait perdurer, faudrait-il revoir le « business model » de la Principauté ?
Non, pas vraiment. Mais il s’agit peut-être de faire évoluer les choses. La crise sanitaire nous impacte incontestablement et expose les secteurs les plus tournés vers l’international. Nous devrons sans doute réfléchir pour adapter ce modèle, tout en nous appuyant sur nos fondamentaux qui ont fait la preuve de leur solidité. Un exemple : le budget primitif de l’État pour 2021 est constitué à 66% par des recettes fiscales, alimentées essentiellement par la TVA, laquelle s’appuie pour 70% sur des secteurs tels que le commerce, la construction, la finance et l’assurance. Ces secteurs, dans leur globalité, ont aussi bien travaillé au second trimestre 2020 que sur la même période de 2019. À côté de cela, nous continuons à soutenir les secteurs les plus en difficulté et à les accompagner vers le monde d’après-Covid.

"Le déficit du budget primitif 2021 est supportable”

Le tourisme d’affaires souffre. Comment conserver cette clientèle, demain ?
Une confiance s’est établie depuis des années avec nos clients traditionnels. Ils sont bien accueillis et constatent tous nos efforts faits pour garantir leur sécurité, traditionnelle et aujourd’hui sanitaire. Il faudra ensuite reconquérir d’autres clients qui n’ont pas l’habitude de venir en Principauté. Encore faut-il que les clients aient la capacité de se déplacer jusqu’à nous...

Sur le plan budgétaire, la situation est tendue. Le budget primitif 2021 accuse un déficit de 114M€, après un déficit de 165 M€ en 2020. Redoutez-vous une crise budgétaire ?
Non. Je ne suis pas inquiet. Nous avons la capacité de faire face à cette situation. Le budget primitif 2021 présente un déficit, mais il est supportable. Les recettes sont affectées par la pandémie mais elles n’affichent une baisse prévisionnelle que de 3%. Nos finances publiques ont déjà traversé des périodes difficiles, en particulier après la crise de 2008 où nous avons connu trois budgets consécutifs déficitaires. Mais depuis 2011, nous avons eu huit exercices excédentaires. Je suis donc confiant dans notre capacité à surmonter cette crise sanitaire. Mais il ne faudrait pas qu’elle dure trop longtemps…

"La part des liquidités du Fonds de réserve devrait être accrue”

Pour financer ces déficits, il faudra puiser dans le Fonds de réserve constitutionnel (FRC). Mais il n’est pas inépuisable…
C’est son rôle. Le Fonds de réserve constitutionnel a été créé pour faire face à des situations difficiles(1). Les finances publiques de la Principauté sont solides parce que le FRC existe. Aujourd’hui, environ la moitié du FRC est constituée de liquidités. Avec cette crise, on pense que la part des liquidités du Fonds de réserve devrait être accrue. Il s’agira le moment venu de reconstituer les crédits prélevés sur le FRC et de déterminer le nouveau seuil de liquidités le composant. Je précise que notre ligne de conduite a toujours été de ne pas nous endetter, ce qui est bien évidemment toujours le cas aujourd’hui.
Le secteur de la construction a permis d’atténuer le déficit de 2020. Quand le bâtiment va, tout va ?
Oui, c’est certain. Il y a eu un ralentissement au printemps, avec des règles très strictes à respecter sur les chantiers. Le secteur du BTP a réussi à se maintenir. C’est un signe encourageant pour l’économie du pays que les chantiers aient pu continuer à fonctionner aussi bien, car ce secteur est générateur d’importantes recettes pour le budget de l’État.

917 chômeurs à fin septembre

On parle de 26 plans sociaux, portant sur 373 salariés. Et ce n’est pas fini…
Nous n’avons pas connu ça depuis fort longtemps. À fin septembre, on comptait 917 demandeurs d’emploi. Nous n’avons pas connu cela depuis fort longtemps. La situation est difficile pour ces personnes et leur famille. Nous allons continuer à les accompagner pour qu’elles retrouvent le chemin de l’emploi. Le gouvernement a pris de nombreuses mesures pour limiter les impacts de la crise sur l’emploi. Le CTTR se poursuit jusqu’au 31 mars. A ce jour, 22.000 emplois ont ainsi pu être protégés, pour un coût de 90 M€. L’État a aussi réglé la moitié des cotisations sociales des entreprises bénéficiant de cette mesure. Et puis, le projet de loi sur l’aménagement du temps de travail permettra à l’employeur et aux salariés, dans la concertation, et j’insiste sur cette concertation, d’adapter les horaires de l’entreprise à l’activité. L’objectif est le maintien des emplois durant cette crise.

La SBM devra se serrer la ceinture

La SBM paie aussi très cher cette crise sanitaire. Doit-elle entrer dans une période d’austérité ? Quelles économies peut-elle réaliser ?
Cette épidémie impacte de façon sévère la SBM, du fait de la nature même de ses activités. Le soutien du gouvernement, avec la batterie de mesures d’aide mises en place, ne sera pas suffisant. La réduction des charges structurelles est l’une des conditions du redressement de la SBM. Le niveau élevé de ses charges constitue d’ailleurs un handicap depuis des années. Un plan d’économies a été arrêté. Il me paraît juste et équilibré. Le plan social qui a été présenté semble s’orienter vers davantage de départs à la retraite anticipée et finalement moins de licenciements que prévu. Toutes les parties concernées doivent prendre leurs responsabilités pour ce que ce plan réussisse, et qu’il ne soit pas nécessaire d’envisager d’autres mesures supplémentaires qui seraient encore plus pénibles.

Et en dehors de la réduction de la masse salariale, ne faudrait-il pas fermer des hôtels en l’absence de clients ?
Ce plan doit être évolutif. La fermeture temporaire de certains établissements n’est pas écartée, selon l’évolution de la situation.

La SBM ne doit-elle pas se réinventer, si la crise perdure ?
Je pense qu’il faudra mener une réflexion avec M. Biamonti et ses équipes sur une restructuration en profondeur, si, bien sûr, la crise se poursuit. Ce sera alors inévitable.

1. D’après les données de l’Imsee publiées dans « Monaco en chiffres 2020 », à fin décembre 2019, le montant de l’actif du Fonds de réserve constitutionnel s’élève à 5,7 milliards d’euros, dont 2,5 Mdse de liquidités disponibles, 2,9 Mdse immobilisés et 250 Me de réserve d’or.

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