Affaire Quatennens: son épouse dénonce des "violences physiques et morales" depuis "plusieurs années"

L'épouse du député LFI du Nord Adrien Quatennens a diffusé un communiqué au vitriol contre son mari, qu'elle accuse de violences physiques et morales régulières et récurrentes depuis plusieurs années.

AFP Publié le 23/11/2022 à 13:12, mis à jour le 23/11/2022 à 14:30
Photo AFP

Céline Quatennens, l'épouse du député du Nord Adrien Quatennens, a dénoncé mercredi auprès de l'AFP des "colères", des "crises" et "des violences physiques et morales" de sa part depuis "plusieurs années", réfutant tout "contexte d'agressivité mutuelle".

"Cela fait plusieurs années que je subis ses colères, ses crises, des violences physiques et morales. Au cours de ces dernières années, j'ai voulu le divorce à trois reprises, à chaque fois sous la pression je suis revenue en arrière", a assuré Céline Quatennens, dans un communiqué dont l'authenticité a été confirmée par son avocat.

Dévoilée par le Canard Enchaîné qui avait fait état d'une main courante déposée par Céline Quatennens, cette affaire a provoqué mi-septembre un séisme à la France insoumise. Adrien Quatennens s'est mis en retrait de sa fonction de coordinateur politique et n'a plus posé un pied à l'Assemblée depuis.

Dans un long communiqué le 18 septembre, l'élu de 32 ans évoquait notamment "des disputes" depuis l'annonce par sa femme de sa volonté de divorcer, précisant par exemple lui avoir "saisi le poignet" au cours de l'une d'elles. Il admettait aussi lui avoir "donné une gifle", il y a "un an", "dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle".

"Face aux déclarations de Monsieur Quatennens arguant médiatiquement "d'une seule gifle dans un contexte d'extrême tension et d'agressivité mutuelle", je ne peux rester dans le silence face à des propos que j'estime mensongers", a développé Céline Quatennens dans son communiqué.

 

Elle a dénoncé "une version très personnelle" de l'élu et assuré prendre la parole "contre son gré" mais pour "rééquilibrer les choses". "Il m'est désagréable que mon mari minimise les faits publiquement en jetant le discrédit sur ma personne", a-t-elle ajouté.

"#Quatennensdemission"

Côté judiciaire, Adrien Quatennens est convoqué à Lille le 13 décembre, devant un procureur à huis clos, dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, parfois dite "plaider-coupable"). Il y répondra des seuls faits de la gifle et des SMS envoyés après leur séparation "dont l'absence de caractère malveillant avait déjà été reconnue", selon son avocate Me Jade Jousselin.

Parallèlement, La France insoumise, dont aucun membre n'avait répondu mercredi à la mi-journée aux sollicitations de l'AFP, réfléchit ouvertement à son retour au Palais Bourbon, sans en remettre en cause le principe mais en affectant la plus grande prudence dans la manière de procéder.

"Nous travaillons collectivement aux modalités et au calendrier du retour d'Adrien Quatennens" à l'Assemblée nationale, avait indiqué la semaine dernière à l'AFP Manuel Bompard, patron officieux du parti. Adrien Quatennens n'est désormais plus en arrêt maladie et a exprimé son souhait de revenir, selon plusieurs députés insoumis.

 

Il s'est exprimé pour la première fois publiquement le weekend du 12 novembre dans deux tweets après l'effondrement d'un immeuble à Lille.

Mais plusieurs personnalités comme le secrétaire général du parti communiste Fabien Roussel, ainsi que des associations féministes, ont plusieurs fois protesté devant un éventuel retour. "C'est à lui de prouver aux femmes, notamment aux femmes battues, que son retour en politique pourrait servir ce combat-là", a estimé le 13 novembre la députée écologiste Sandrine Rousseau.

"Victime on te croit. Soutien à toutes les victimes des violences masculines. #QuatennensDémission", a tweeté NousToutes mercredi.

"Et la France Insoumise, je vous jure qu'on se battra tant qu'on le pourra contre le retour de #Quatennens. Vous êtes sincèrement pas prêts, on a les reins solides", a tweeté Clémence Dollé, des Jeunes écologistes.

La France insoumise, qui se veut à l'avant-garde des combats féministes, se retrouve en effet dans la situation la plus délicate qui soit alors que, très proche de Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens figurait parmi les favoris pour prendre sa suite.

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