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Accusé de corruption, le maire de Beausoleil est blanchi par la justice qui referme le dossier de la Tour Odéon

Mis à jour le 14/03/2019 à 08:01 Publié le 14/03/2019 à 08:00
Aujourd’hui que l’affaire de la Tour Odéon est loin derrière lui, Gérard Spinelli se concentre sur l’avenir de la population de Beausoleil.

Aujourd’hui que l’affaire de la Tour Odéon est loin derrière lui, Gérard Spinelli se concentre sur l’avenir de la population de Beausoleil. Photo L.M.

Accusé de corruption, le maire de Beausoleil est blanchi par la justice qui referme le dossier de la Tour Odéon

En accordant réparation au maire de Beausoleil, accusé de corruption dans le dossier de la Tour Odéon, la justice referme le dossier et reconnaît son erreur de l’avoir envoyé en prison.

Depuis le début, il n’a cessé de clamer son innocence. La justice lui reprochait des faits de corruption passive dans le dossier de la Tour Odéon. Pour cela, il a été poursuivi, et a effectué trois mois de détention provisoire. Par un arrêt du 28 février, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a reconnu que la détention et les poursuites étaient abusives.

Gérard Spinelli est aujourd’hui totalement blanchi par la justice. Lui qui affirme avoir été porté par son engagement municipal certifie qu’il a appris de cette expérience. Qu’elle l’a rendu plus fort, et plus combatif. Particulièrement en faveur des plus jeunes.

Deux semaines après cette décision de justice, comment vous sentez-vous?
J’ai l’impression que je peux enfin tourner la page de cet épisode que je n’aurais pas dû vivre. Le fait que la justice reconnaisse officiellement son erreur, c’est quelque chose qui me libère définitivement.

Ça libère, mais est-ce que cela efface cet épisode?
On ne pourra jamais effacer ces souvenirs très douloureux. Moi je suis un combattant, je peux être dur. Mais mes proches n’avaient rien demandé. Les larmes de ma mère, de ma femme, de mes fils, jamais je ne pourrai les oublier. C’est cela le plus douloureux.

Quelles sont les réactions autour de vous ?
Tout le monde apprécie cette décision. Dans la rue, parfois, on me demande: "Alors, ça en est où cette histoire?" Aujourd’hui, je peux leur dire que c’est terminé. Qu’il n’y a plus d’histoire.

La Tour Odéon est à côté de vous en permanence. Qu’est-ce que cela vous fait de la voir?
Je passe tous les jours devant. Je suis aujourd’hui totalement détaché de cette histoire. Pour moi, ce n’est qu’un objet architectural.

Comment avez-vous vécu cette période en tant qu’élu de la République?
Dans les rues de Beausoleil, quand l’affaire s’est déclenchée, j’ai eu énormément de soutien. Je n’ai jamais été agressé ou invectivé à ce sujet. Tout le monde a immédiatement perçu que cette affaire était complexe. Quand je suis revenu au conseil municipal, j’ai demandé si quelqu’un souhaitait ma démission. J’avais alors une opposition de gauche et de droite. Personne ne l’a demandée.

Sur les réseaux sociaux, on voit des groupes de personnes s’indigner que des élus qui ont été en prison puissent encore servir la République, alors que pour certains postes d’employés il faut un casier judiciaire vierge. Qu’est-ce que cela vous évoque?
Mon casier judiciaire a toujours été vierge. Je pense qu’il serait bon d’agir avec prudence. Je ne suis pas le seul élu à avoir été victime d’une erreur judiciaire. C’est important que l’on se souvienne que le fait d’avoir été mis en examen, ce n’est pas une preuve de culpabilité. L’emballement populaire en réaction aux informations données par les médias, c’est quelque chose qui fait très peur. Ça peut détruire des vies. Je suis quelqu’un de solide, mais du jour au lendemain ça peut vraiment tout détruire. Et ça ne signifie pas qu’on est coupable.

Au lendemain de votre relaxe, en janvier 2017, vous disiez dans nos colonnes que la prison vous avait beaucoup appris. Comment cela se manifeste dans votre travail de maire?
Le côté positif, c’est que ça m’a donné de la force. Mais ça m’a aussi rendu insensible. Pour mes proches, dans ma vie privée, ça peut être difficile au quotidien. Mais pour un élu, c’est important de ne pas faire preuve de sensiblerie, d’être toujours droit et juste, de respecter les valeurs de notre République, les valeurs qui fondent notre démocratie. Je pense que je suis aujourd’hui un meilleur maire qu’avant. Cela m’a aussi appris l’écoute.

Vous disiez également que vous alliez à la rencontre des jeunes à la dérive. Que pensez-vous que la prison peut faire à ces jeunes-là?
À l’époque, j’étais président de mission locale. J’avais beaucoup de conviction. J’ai mis beaucoup d’énergie à essayer de sortir des jeunes délinquants de leur monde. Ça a été un échec total. C’est très difficile d’agir sur des jeunes de plus 18 ans. C’est formidable qu’il y ait des professionnels qui s’en occupent, mais en tant que maire, j’ai compris qu’il fallait se concentrer sur les enfants de 3 à 6 ans. C’est le moment de transmettre les valeurs profondes, celles de notre République. Mon action politique en tant que maire, c’est d’agir en maternelle et en primaire. Nous développons la coéducation avec les parents. Et mon passage en prison m’a plus que jamais déterminé à agir pour les plus jeunes.

Vous voyez déjà les résultats de cette politique?
Actuellement, il y a moins de problèmes de jeunes qui stagnent la nuit dans notre ville, mais il ne faut jamais crier victoire. Il y a des premiers résultats, mais cette action n’aura jamais de fin. Il faudra toujours se battre pour inculquer des valeurs.

Et vous, quelles sont vos valeurs profondes?
Dans mon combat, ma force c’est d’avoir été gauchiste maoïste et de m’être révolté quand j’étais plus jeune. De m’être battu pour la liberté. La liberté d’expression, la liberté de la presse… Or, je me suis fait massacrer par la presse dans cette affaire. C’est en tout cas comme cela que je l’ai vécu. La lecture de certaines pages a été très difficile. J’ai pensé à attaquer la presse, à me venger. Je ne l’ai jamais fait. J’ai respecté mes valeurs. Celles que j’ai reçues de mes parents quand j’étais enfant. Je suis tellement heureux d’avoir résisté et d’avoir respecté ce que je suis et ce en quoi je crois.

Cette affaire a-t-elle changé quelque chose dans vos rapports avec Monaco?
Les relations ont toujours été très bonnes avec Monaco. Le fait que nous ayons été en position de repli de la Métropole Nice Côte d’Azur avait un peu complexifié notre relation. Aujourd’hui, la situation est apaisée avec la Métropole, avec la Carf, le Département et la Région, ça facilite la relation avec Monaco. Il est clair que Monaco ne souhaite pas entretenir des relations avec des personnes qui sont en conflit avec d’autres institutions, et je le comprends très bien. Aujourd’hui, je me bats pour un territoire et j’essaie d’être en harmonie avec tous les voisins de ce territoire.

Avez-vous toujours des contacts avec les codétenus que vous avez connus en prison?
J’ai été très prudent. Je ne conserve des liens qu’avec la personne avec qui je partageais la cellule. Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, il m’a été imposé. Il m’a beaucoup aidé à survivre dans des moments très difficiles et j’ai une reconnaissance pour lui. Mais la prudence m’oblige à garder mes distances avec les personnes que j’ai rencontrées là-bas. À cause de mon rôle de maire, je ne me le permets pas.


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