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A Monaco, Emmanuel Macron arrive en tête talonné par l’extrême droite

Le président sortant arrive en tête des suffrages dans les bureaux de vote de la Principauté avec, sur ses talons, Marine Le Pen et Éric Zemmour. La droite républicaine, historiquement plébiscitée par les Français de Monaco, s’effondre.

Thibaut Parat Publié le 11/04/2022 à 00:24, mis à jour le 11/04/2022 à 00:38
Sur 5185 électeurs inscrits à la clôture du scrutin, 2392 personnes ont voté à l'école Saint-Charles. Photo Jean-François Ottonello

La longue file d’attente serpentant de l’école Saint-Charles jusqu’à l’église éponyme laissait augurer, ce dimanche matin, une participation en hausse à Monaco par rapport au scrutin présidentiel de 2017. Une image trompeuse à la lecture des chiffres finaux : 2 392 électeurs, sur 5 185 inscrits sur les listes électorales, ont voté dans le secret de l’isoloir, soit une participation établie à 46,1 %. Près de dix points de moins que cinq années auparavant (55,85 %).

Et dans les urnes des trois bureaux de vote du pays, les Français de Monaco ont placé Emmanuel Macron en première position, lequel glane 789 voix (33,3 %), talonné par l’extrême droite de Marine Le Pen (568 voix, soit 24 %) et d’Éric Zemmour (426 voix, soit 18 %).

Un vote, on peut le dire, historique et à contre-courant des décennies précédentes.

Car, de tradition, les électeurs tricolores installés en Principauté avaient toujours opté pour la droite républicaine, et ce même quand la gauche de François Mitterrand puis celle de François Hollande se hissaient au pouvoir. Il y a eu Jacques Chirac en 1988, 1995 et 2002. Puis Nicolas Sarkozy en 2007 et 2012.

Au premier tour en 2017, c’est encore François Fillon qui trustait les avant-postes avec 44,20 % des votes devant Marine Le Pen (23,42 %) et Emmanuel Macron (18,05 %).

 

Pécresse en 5e position

Comme dans le pourtour monégasque , où le candidat Fillon était arrivé partout en tête en 2017, les Français de Monaco ne semblent guère avoir été convaincus par la personnalité de Valérie Pécresse, créditée de seulement 144 voix (6,1 %), derrière Jean-Luc Mélenchon et ses 157 voix (6,6 %).

Christophe Pisciotta, président du conseil consulaire et délégué de Valérie Pécresse, regrette que l’attention se soit focalisée sur la forme – « son charisme, sa capacité à s’exprimer en public » – plutôt que sur le fond.

A contrario de sa candidate fétiche qui a, d’emblée, annoncé soutenir Emmanuel Macron au second tour, Christophe Pisciotta joue la montre. « Le bureau des LR, autour de Christian Jacob, se réunira demain [lire aujourd’hui] pour décider d’une consigne pour le second tour.J’invite les électeurs LR à suivre cette actualité. Ma préoccupation est que cette élection désigne un(e) président(e) qui saura nous permettre d’affronter les difficultés que nous allons rencontrer pour les cinq ans à venir et qui soit à l’écoute de la problématique des Français à l’étranger ; et notamment de Monaco. »

« Il n’aura pas le choix »

Pour Michelle Mauduit-Pallanca, conseiller des Français de l’étranger Monaco, le fait que l’extrême droite soit en embuscade « obligera » Emmanuel Macron « à envisager d’élargir son électorat et, au-delà, à constituer un gouvernement qui réponde à un projet de société réaliste s’il veut pouvoir conduire des réformes avec succès. La tâche ne sera pas simple mais il n’aura pas le choix. »

 

Une chose est sûre, bon nombre d’électeurs croisés ont jugé cette campagne présidentielle pas au niveau. « Désastreuse » pour Francis, retraité. « Chaotique », pour Théo, 21 ans, électeur de gauche. « Erronée », pour Catherine et Jean-Yves, pestant contre le président sortant qui a refusé de débattre.

Tous en revanche martelaient l’importance démocratique de voter. « On est tous pris par nos vies. Mais la moindre des choses, c’est d’aller voter, même si on glisse un bulletin blanc. Sinon, on n’a pas le droit de se plaindre », souffle Martine.

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