Rubriques




Se connecter à

À la messe en hommage aux victimes de la Roya, des députés azuréens se disputent la place à côté du prince Albert II

Quelques minutes avant le début de la célébration à Breil-sur-Roya, ce dimanche, les équipes des députés Eric Ciotti et Alexandra Valetta Ardisson se sont disputées une place à l'église. En jeu: le privilège de s'asseoir à côté du prince Albert II de Monaco.

Lionel Paoli Publié le 05/10/2021 à 12:05, mis à jour le 05/10/2021 à 12:56
"Désolée Monseigneur, j’aurais dû être à vos côtés, mais le protocole de M. Ciotti en a décidé autrement", a lancé, agacée, Alexandra Valetta Ardisson au prince Albert II. Photo Jean-François Ottonello

Quelques minutes avant le début de la messe en mémoire des victimes de la tempête Alex, célébrée dimanche en l’église Sancta Maria in Albis de Breil-sur-Roya, une scène insolite s'est déroulée au pied de l’autel.

Au premier rang, des étiquettes sont collées pour matérialiser les places réservées aux personnalités. Ces vignettes sont disposées selon l’ordre protocolaire : d’abord le prince Albert II de Monaco, chef d’État étranger en visite officielle, puis les parlementaires Éric Ciotti et Alexandra Valetta Ardisson, le président du conseil départemental Charles Ange Ginésy, et le maire de Breil-sur-Roya Sébastien Olharan.
Un choix qui fait bondir l’entourage de Valetta Ardisson : "La députée de la circonscription, c’est elle, ce n’est pas l’autre", s’indigne un membre du staff. "Elle doit occuper la première place à côté du prince."

Et aussitôt, joignant le geste à la parole, il intervertit les étiquettes.

"Ce n’est pas mon protocole, Madame"

Pas assez vite, cependant, pour échapper à la vigilance des proches d’Éric Ciotti. Qui s’avancent, courroucés : "leur" député est aussi questeur à l’Assemblée nationale, ce qui le place au 9e rang de l’ordre de préséance du Palais Bourbon - et donc avant Alexandra Valetta Ardisson. Fort de ce constat, ils remettent les étiquettes dans l’ordre initial.

 

Mezzo vocce, le ton se durcit entre les deux équipes. Personne ne veut céder. Jusqu’à l’arrivée du souverain monégasque qui s'installe, salue Éric Ciotti à sa droite et, un pas plus loin, la députée de la 4e circonscription. Visiblement agacée, cette dernière se penche vers le prince : "Désolée Monseigneur, j’aurais dû être à vos côtés, mais le protocole de M. Ciotti en a décidé autrement."

L’ancien président du département des Alpes-Maritimes se raidit : "Ce n’est pas mon protocole, Madame, c’est celui de la République française !"

La cérémonie se déroule ensuite sans anicroche. Jusqu’à la sortie de l’église et cette petite phrase désabusée, lâchée par un proche d’Éric Ciotti : "Et encore, ça, c’est anecdotique. Lorsqu’on est à Nice, l’ordre protocolaire, tout le monde s’assoit dessus."

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.