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Victoire de la musique, harcèlement, suicide, attentat de Nice... le groupe niçois Hyphen Hyphen se confie

Mis à jour le 04/03/2019 à 09:21 Publié le 04/03/2019 à 11:03
Santa, Adam et Line, trio du groupe niçois Hyphen Hyphen.

Santa, Adam et Line, trio du groupe niçois Hyphen Hyphen. Photo DR

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Victoire de la musique, harcèlement, suicide, attentat de Nice... le groupe niçois Hyphen Hyphen se confie

Le 29 mars, le groupe (niçois) montant de la scène française se produira à l’espace Léo-Ferré et promet un show dément. Rencontre avec trois jeunes engagés et délurés

Des peintures de guerre sur le visage. Un trait d’union noir sur chaque joue. La marque de fabrique d’Hyphen Hyphen. Mais la particularité de ce jeune groupe niçois ne réside pas seulement dans cette singularité physique. Sur scène, les trois amis, Santa, Adam et Line se lâchent littéralement pour envoyer en pleine figure du public un trop-plein d’énergie. Une furia débordante qui leur a valu en 2016 une Victoire de la musique dans la catégorie "artiste révélation scène de l’année".

Depuis, on retrouve dans les bacs leur second album, HH, teinté de rock, rap et électro. Des textes qui les propulsent porte-parole d’une jeunesse tourmentée. En proie au changement. Le 29 mars à Monaco, ils retourneront la scène de l’espace Léo-Ferré. En "petit" comité, eux qui ont l’habitude de remplir des salles immenses. Et presque à la maison. A l’approche du concert, ils se confient.

"Le 29 mars, on jouera devant nos proches"

Vous êtes-vous déjà produits à Monaco?
Oui, il y a très longtemps. C’est toujours très particulier de jouer sur la Côte d’Azur, c’est l’endroit d’où l’on vient, que l’on affectionne particulièrement. C’est là où on a toute notre famille, nos amis et aussi un public grandissant. Le 29 mars, on jouera devant nos proches.

Y a-t-il eu un avant et un après Victoire de la musique durant laquelle vous avez été sacrés?
Complètement. On a clairement senti une différence, de par l’exposition médiatique à laquelle on a accédé. C’était dingue de pouvoir offrir cette performance devant des millions de téléspectateurs. Cette "révélation scène de l’année" a été très gratifiante pour nous et nous a apporté une approbation vis-à-vis des programmateurs et du public. On a senti un engouement et les salles se sont très rapidement remplies. On est partis sur une tournée qui n’en finissait plus.

"Il y a un feu qui brûle en nous"

Votre marque de fabrique, outre les traits noirs sur le visage, c’est une énergie débordante sur scène, des shows bestiaux. D’où puisez-vous cette force?
C’est quelque chose qui nous vient naturellement. Tous les trois, on forme ce triangle et il y a un feu qui brûle en nous, qu’on a envie de transmettre au public. Quand on monte sur scène, on lâche prise, on s’oublie. On vient de la scène.  C’est quelque chose de naturel, on ne se force pas.

"Hyphen" signifie trait d’union. Quel trait d’union, justement, entre le premier album, Times, et le second, HH?
Ils sont radicalement différents. Pour HH, on a été beaucoup plus libres que ce soit dans la composition et la production. On est allés au bout de tous les styles qu’on voulait explorer. Avec toutes nos influences, que ce soit le RnB des années quatre-vingt-dix, Nina Simone ou Kanye West. Le trait d’union entre les deux albums, ce serait la voix de Santa et cette volonté permanente de vouloir partager des émotions. Elles sont la base de l’architecture de nos morceaux.  HH est plus abouti, plus mature. On a grandi en tant que producteurs, on s’est affirmés à ce niveau-là.

"HH est un album très personnel"

Vous avez en effet réalisé de bout en bout cet album: production, réalisation, clips, montage, pochette... Garder la main est-il une façon de vous protéger?
HH est un album très personnel, autant dans les textes que dans ce qu’on a mis de nous dans les morceaux et instrumentals.

La production fait partie intégrante de la création d’un morceau.
Oui, c’est une manière d’être le plus sincère possible. On a toujours beaucoup aimé agrémenter notre projet d’images, de vidéos. On s’éclate à le faire et on aime bien garder la main. Mais on aime aussi collaborer. Pour HH, on a fait la partie production, arrangements, composition mais pour le mix, on a travaillé avec quelqu’un. Ce fut une rencontre extraordinaire et cela a amené l’album encore plus loin.

Vous abordez bon nombre de sujets de jeunesse: le suicide, la rupture, le dialogue compliqué entre une mère et sa fille, le harcèlement... Êtes-vous le porte-parole d’une jeunesse tourmentée, en proie au changement?
Dans cet album, on se raconte en tant que jeune dans la société d’aujourd’hui. C’est forcément un certain reflet d’une jeunesse, qui est un peu perdue mais qui sait qu’elle a le pouvoir de changer les choses et de faire un peu ce qu’elle veut. C’est générationnel. Il y a un moment dans sa vie, entre l’adolescence et l’entrée dans la vie adulte, où la jeunesse est forcément déboussolée. Elle ne se reconnaît pas dans la société, ou elle-même dans son identité. On parle de tout ça. On veut montrer qu’il faut être soi-même, montrer qui l’on est.

"Etre gay n'est pas un problème"

Cela fait-il de vous un groupe définitivement engagé?
Engagé oui, mais pas politiquement. On se veut porte-parole de certains messages. 

Dans Like Boys, Santa chante "Quand je dis non c’est non bordel, joue la solo!". Cette chanson, écrite avant les affaires de harcèlements, prend tout son sens aujourd’hui?
Au moment où elle est sortie, c’était au moment de toutes ces affaires et la mouvance #Metoo. Elle a résonné de manière plus forte. Cette chanson parle d’une anecdote vécue par Santa et Line, harcelées en arrivant au studio. On l’a tournée de manière ironique. C’est une chose qui arrive à des milliers de filles chaque jour. On a reçu beaucoup de messages de remerciements pour avoir fait ce titre et dénoncé ce problème. C’est important de libérer la parole. Il y a encore tellement de choses aberrantes. On ne peut pas concevoir et cautionner cela dans la société d’aujourd’hui. Il faut que les choses changent.

Dans la même chanson, elle dit "Je n’aime même pas les garçons". Est-ce un coming out? Une façon d’assumer une liberté sexuelle?
C’est un peu les deux et chacun voit le message qu’il a envie de voir. On en parle dans Mama Sorry, où l’on montre qu’être gay n’est pas un problème et qu’il faut être fier de soi. Il faut continuer à porter ce genre de messages. On voit bien que les gens sont encore frileux de la différence, que des gens manifestent contre les droits des autres. Cela nous paraît aberrant et on doit le dénoncer.

Y a-t-il un featuring qui vous ferait rêver?
Kanye West, Miguel, Rod Stewart. On a un featuring qui va sortir avant qu’on arrive à Monaco.

"On commence à conquérir l'Europe"

La volonté de conquérir le public à l’international vous titille-t-elle toujours?
On revient tout juste de Los Angeles où l’on a passé quelques jours pour s’imprégner de la culture et de l’ambiance de la ville. On a tourné un clip qui va sortir courant mars. Dans le futur proche, on a une tournée européenne, qui est en train de se monter à Londres et en Allemagne. Petit à petit, on commence à conquérir l’Europe. C’est un rêve qu’on a depuis quinze ans. On n’a jamais caché cette ambition de parler au plus de gens possibles. Christine and the Queens, Phœnix, Air, Daft Punk, M83 ont prouvé que c’était possible de s’exporter et de traverser les frontières jusqu’aux États-Unis.

En janvier dernier, vous proposiez un concert en réalité virtuelle.Une nouvelle façon d’écouter la musique ?
On trouvait le projet assez excitant avec Orange, c’était une manière pour nous d’aborder la scène différemment.On avait une caméra à 360 degrés au milieu et une scène circulaire avec les gens autour de nous. C’était un nouveau terrain de jeu. Le rendu était bluffant.

En juillet 2016 après l’attentat, Nice Jazz Festival annulait votre date. Deux jours plus tard au festival des Vieilles Charrues, vous chantiez avec 80.000 personnes "Qui ne saute pas n’est pas niçois". Un beau pied de nez à la barbarie?
Ça s’est fait spontanément. Tout le monde a suivi. C’était un moment unique. On venait de quitter Nice et on montait sur scène le cœur serré. Cet instant avec le public nous a donné beaucoup d’espoir et de foi en la vie. Le meilleur moyen de lutter contre ces atrocités était de remonter sur scène le plus vite possible. Pour véhiculer un message d’amour.


Savoir +
Espace Léo-Ferré à Monaco : le 29 mars à 20 h 30.Placement libre debout.
Tarif : 26 euros.
Renseignements : + 377.93.10.12.10

Offre numérique MM+

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