Rubriques




Se connecter à

Tomer Sisley: "Mon père, ce héros..."

Dans "Comme mon fils", le téléfilm qu’il tourne pour TF1 sur la Côte d’Azur, Tomer Sisley incarne un petit voyou qui se découvre soudain une fibre paternelle. Écho à sa propre relation père-fils.

Alexandre carini Publié le 29/07/2022 à 08:00, mis à jour le 28/07/2022 à 21:22
Tomer Sisley, à l’aise dans ses baskets sur la Côte d’Azur de son adolescence. Photo Patrice Lapoirie

De son pas décontracté, allure grand fauve pour stature athlétique, il se pointe à La Cabane du pêcheur sur le sentier littoral de Théoule. C’est dans ce petit restaurant de bord de mer que Tomer Sisley doit tourner une scène de séducteur, en rendez-vous galant avec une jeune femme. Et pourtant, une fois n’est pas coutume, son personnage a plutôt le profil loser.

Dans Comme mon fils, téléfilm unitaire réalisé sur la Côte d’Azur depuis début juillet, Victor est un petit voyou en cavale qui doit soudain subvenir aux besoins, tant matériels qu’affectifs, de Charlie, un gosse abandonné. Braqueur qui se découvre un cœur, mais on est loin des prouesses d’un Largo Winch!

"Victor, c’est un malfrat de bas étage, qui est nul et ne fait peur à personne; un ours mal léché qui va devoir remettre toute sa vie en question au contact d’un enfant. C’est un personnage imprévisible et peu conventionnel", relate l’acteur iconique de TF1. À le regarder, force tranquille à l’aura tatouée comme le bras, on imagine que pour ce Balthazar, roi mage fictionnel aux plus de 7 millions de fans, Victor est un rôle de totale composition. Mais Tomer s’en défend. Cette faiblesse-là, c’est aussi une autre facette de sa personnalité, dans laquelle il puise pour son jeu vérité. "Je ne fais pas semblant d’être ce mec, je joue un peu avec les facettes qui me définissaient."

Car avant d’être ce beau brun ténébreux qui accomplit son rêve de faire comme Burt Lancaster ("gamin, je regardais Vera Cruz en boucle et je voulais être ce cow-boy ultrasolaire avec son sourire Colgate, et comme il jouait le méchant, j’ai compris que je voulais être acteur"), Tomer a connu aussi son lot de galères. Ces premiers castings où on lui faisait comprendre qu’il n’avait pas la tête du héros.

 

"Certains directeurs me disaient: “Laisse tomber, tu ne travailleras jamais." Certains m’ont même dit de rentrer dans mon pays! »

Plutôt que d’en pleurer, Sisley a d’abord choisi le rire pour s’en sortir. Et les lumières du one-man-show pour sortir de l’ombre, bien avant le Jamel Comedy Club.

"Pour moi, c’était une rampe de lancement. Pour créer ce désir dont dépend tout acteur, j’ai décidé de me placer tout seul sous les projecteurs. J’ai adoré faire rire les gens, mais c’était dans le seul but qu’on me propose autre chose qu’un voleur d’autoradio dans Navarro ! "

Stratégie payante, qui l’a propulsé de la scène stand-up aux plateaux. Jusqu’à donner réplique à la starissime Sharon Stone: "Après deux mois de tournage sur Largo Winch 2, toute l’équipe stressait avant son arrivée. Moi je disais: “C’est bon les gars, elle est comme tout le monde." Et puis elle arrive, un assistant m’amène pour me présenter, et quand elle se retourne avec son sourire, ma mâchoire est tombée! »

Aujourd’hui, c’est encore Tomer qui, de Nice à Mandelieu, en passant par Mouans-Sartoux, porte le poids (2 Me) de Comme un fils sur ses larges épaules. Avec ce rôle dramatique qui élargit son registre, mais fait aussi écho à sa propre relation père-fils. Son histoire personnelle, où le salut est également venu de son paternel.

 

Balthazar saison 5... avant Largo Winch 3 ?

"Mon père, il m’a sauvé la vie, tranche tout de go l’intéressé, soudain profond et grave. Je suis né en Allemagne, mes parents se sont séparés lorsque j’avais cinq ans et je suis d’abord resté avec une maman qui n’était pas faite pour être mère. Mon père est venu me récupérer, il m’a élevé tout seul en France et m’a tout donné. Peu de pères auraient fait ça pour leur fils."

Des souvenirs intimes qui se reflètent aussi dans les eaux bleues de la Méditerranée, puisque c’est ici, à Antibes, Biot, Bar-sur-Loup ou Juan que le petit Tomer est devenu homme accompli.

" Sur la Côte d’Azur, j’ai appris à parler français, puis anglais au CIV de Valbonne. J’ai découvert toutes sortes d’activités, plongée, équitation, parapente, escalade qui m’ont forgé. Mon père a fait de moi un mec qui touche à tout, un peu à l’aise partout."

Avec cette "faim de rôles" qui le tenaille, Tomer Sisley vient de boucler la saison 5 de Balthazar, également pour TF1. Et à près de 50 ans (il en a 48, très bien portés), il ne dit pas forcément non à un Largo Winch 3, que lui proposerait le réalisateur belge Olivier Masset-Depasse: "J’attends de lire le scénario, mais ce serait super intéressant d’avoir des nouvelles de Largo, dix ans après. Aujourd’hui, ça ne peut plus être ce multimillionnaire qui se bat uniquement pour protéger ses sous et son entreprise, il ne peut plus être comme un patron de Philips ou Toyota. Et puis il est censé avoir un môme, lui aussi."

Filiation, décidément…

Avant de le quitter, Tomer nous révèle, que la toute première interview de sa carrière, c’était déjà pour Nice-Matin. Joli clin d’œil. Mais on espère bien que la boucle n’est pas encore bouclée!

 

 

 

"Comme un fils, drame poétique"

Un dîner amoureux à Théoule. Un feu d’artifice (simulé par des lumières car interdit en cette période de sécheresse) sur la plage de la Rague à Mandelieu. Une grosse explosion de voiture à Mouans-Sartoux. Un appart’ reconstitué aux Studios Victorine, et une banlieue parisienne resituée quartier Saint-Roch à Nice. Avec le tournage de , le réalisateur Franck Brett déploie tout un panorama de la Côte d’Azur, pas toujours glamour, lui qui connaissait surtout Cannes pour le festival. Voilà pour le décor. Mais le ton du téléfilm, inspiré d’une histoire vraie, est aussi hétéroclite.

"C’est un road movie, un film de braquage, mais surtout un drame très poétique car c’est la rencontre de deux personnages solitaires et égarés. Et puis la relation entre Victor et Charlie me parle aussi, car mon papa n’a pas été élevé par son père biologique, ce qui ne change rien à la relation père-fils."

Franck connaît bien son acteur principal, puisqu’il est aussi aux manettes de la série Balthazar, dont la cinquième saison (la dernière?) se déroule en partie au Maroc. Malgré les difficultés liées à la chaleur caniculaire et à la fréquentation touristique, le tournage de Comme un fils, lui, devrait s’achever d’ici deux semaines. Diffusion prévue courant 2023.

Franck Brett, le réalisateur. Photo Patrice Lapoirie.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.