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Roubion, ce village du haut pays niçois où le prince Albert II est comme chez lui

Mis à jour le 06/07/2020 à 20:20 Publié le 06/07/2020 à 20:17
Le hameau de Vignols, au cœur du Mercantour, où le souverain a acheté une bergerie pour en faire sa maison de vacances.

Le hameau de Vignols, au cœur du Mercantour, où le souverain a acheté une bergerie pour en faire sa maison de vacances. Photo parc national du Mercantour

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Roubion, ce village du haut pays niçois où le prince Albert II est comme chez lui

Le souverain possède une résidence secondaire dans le haut pays niçois. Lors de ses séjours, ce villageois pas comme les autres laisse transparaître son goût pour la nature et le terroir.

Au moment de relâcher le gypaète barbu, le prince Albert II est tombé amoureux. À la fin des années 2000, le souverain s’est rendu à plusieurs reprises à Vignols, dans le cadre du programme de réintroduction du vautour dans les Alpes du Sud, porté par le Parc national du Mercantour, qu’il finance via sa fondation.

Le prince connaît bien ce secteur périphérique de la vallée de la Tinée, historiquement prisé par les Monégasques. Mais il finit par tomber sous le charme de ce hameau d’alpage, appartenant à la commune de Roubion, mais dont il est éloigné de trente minutes de piste en voiture. Au fond du Mercantour.

"Il était enchanté par l’opération et l’endroit, se souvient le maire, Philip Bruno. Il a flashé sur une ancienne bergerie à retaper et on lui a dit “Bah c’est à vendre, Monseigneur”." Banco. Le prince a trouvé sa maison de vacances.

"Le berger n’avait pas peur de lui"

Un bol d’air. Voilà ce que vient chercher cet habitant pas comme les autres, dans cette commune de 120 habitants. La nature, la tranquillité. Mais aussi les gens. Bruts. Vrais. Loin des courtisaneries quotidiennes de la Principauté.

Odette, la doyenne du village, se souvient de sa présence au pèlerinage de la Sainte-Elisabeth, qui a lieu début juillet à Vignols. Le berger, fort en gueule, ne lui avait pas laissé en placer une.

"C’était il y a sept ou huit ans. C’était familier et le prince était venu à la bonne franquette, avec ses grosses chaussures et ses bas de laine. Le berger n’avait pas peur et le prince lui disait qu’il voulait dire un mot, lui aussi…" Le tout, avec le sourire, autour de la table.

La maison est surveillée par un Monégasque, retraité du Palais et résident à Roubion à l’année. Le prince, lui, ne passe que rarement et il se fait le plus petit possible, avec sa famille et sa garde rapprochée. Mais le cortège de grosses voitures doit tout de même traverser le village et passer devant l’épicerie du terroir, à qui ils passent même commande.

"Ils appellent quand ils ont besoin de bière, de fromage, de jambon, mais on leur a aussi fait du traiteur sur place, raconte “Manu” Pin, l’épicier. Le prince, on le voit si on a de la chance. Ce sont des gens tellement sollicités, ils n’ont pas la même vie que nous. Mais ils sont simples, chaleureux, gentils. De temps en temps, il passe pour nous remercier et il salue tout le monde. Nous, on n’est pas habitué à côtoyer ce genre de personne, on lui dit “Bonjour Monseigneur”, et il repart aussi sec."

Charlène a voulu jouer à la pétanque

Parfois, la famille princière se laisse aller à un écart. Comme lorsque Charlène s’est arrêtée sur la placette et a accepté de jouer à la pétanque. "Ça avait marqué les villageois", se souvient le maire.

Philip Bruno se dit "honoré" de la présence d’un chef d’État dans sa commune. Ce qui représente également une aubaine ; le prince Albert II se montre à l’écoute, "à chaque fois que nous l’avons sollicité".

Il a contribué à la rénovation de la chapelle de Vignols. Ainsi qu’à la réhabilitation de l’église paroissiale, au centre du village. Une chance rare, pour ces secteurs ruraux reculés. Mais le maire veille à ne pas trop tirer sur la corde.

"Il faut un peu de retenue. On se pose la question, mais on se dit de se calmer. Il vient régulièrement en visite privée. Il faut qu’on soit respectueux de la tranquillité qu’il est venu chercher. Je suis content que lui et sa famille puissent passer un peu de temps loin de la cohue."

Le prince Albert II se rend régulièrement à l’arboretum de Roure, qu’il soutient financièrement.
Le prince Albert II se rend régulièrement à l’arboretum de Roure, qu’il soutient financièrement. Photo DR
"Quand il vient chez nous, il est relax"

Autre endroit où le prince laisse transparaître son amour du haut pays, bien que ce soit dans un cadre plus officiel: l’arboretum de Roure, commune voisine de Roubion.

Dans la continuité de son père, le souverain monégasque soutient financièrement ce lieu atypique, où de nombreuses espèces végétales côtoient des œuvres d’art. Michèle Ramin, cofondatrice, se dit "honorée" de l’accueillir régulièrement, notamment à l’occasion des journées No-made, temps fort artistique qui a lieu en octobre: "On est fiers de le connaître, c’est une belle personne. Ici, comme beaucoup de gens, il trouve des moments vrais. Lui qui passe sa vie à débusquer les gens faux. Les gens ne voient que le côté bling-bling, mais quand il vient chez nous, il est relax, avec sa chemise de montagne et ses grosses chaussures de marche. Il a sa garde rapprochée, mais elle reste en civil, à distance."

Bon indicateur, selon celle qui a travaillé à Monaco: le temps passé par le prince Albert II sur place. "Dans la Principauté, il est obligé de sacrifier à l’artifice, c’est non-stop. Là-haut, il monte pour quatre heures et prend le temps de discuter avec les artistes."

Il a même sa table attitrée, que Michèle Ramin présente à tous les visiteurs comme "la table du prince".

"Je lui offre son “Rooibos tea”, ça lui plaît beaucoup. Puis j’apporte la tourte de blettes du Fournil du Pont-de-Clans, que je coupe en quatre, et du pain de Roure… On lui offre autre chose que des cocktails, qu’on garde pour le public. Là, on parle vrai, c’est un moment d’authenticité, avec des mets raffinés du terroir."

Depuis cette table où le souverain prend le temps de déguster et de discuter ; la végétation s’ouvre pour donner une vue imprenable sur la vallée de la Tinée.

"Je lui dis d’imaginer qu’au bout, il y a Monaco, souffle Michèle Ramin. Au loin."

L’arboretum est ouvert tous les jours, de 10 à 18 h. Tarif : 3 ou 5 euros. https://arboretum-roure.org/


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