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Michael Douglas au Festival TV de Monte-Carlo: "J’aime prendre des risques"

Mis à jour le 19/06/2019 à 10:07 Publié le 19/06/2019 à 08:10
Le prince Albert a remis la nymphe de cristal pour l'ensemble de la carrière de l'acteur américain, Michael Douglas

Le prince Albert a remis la nymphe de cristal pour l'ensemble de la carrière de l'acteur américain, Michael Douglas Photo AFP

Michael Douglas au Festival TV de Monte-Carlo: "J’aime prendre des risques"

Ce mardi, l’acteur américain a balayé 50 ans de carrière entre anecdotes et émotion, lors d'une conférence de presse mémorable. Voici l'essentiel des propos tenus par Michael Douglas au Festival de télévision.

On n’usurpe pas un titre de monstre sacré, il s’impose.Dans le regard des autres, comme dans l’attitude de l’élu. Mardi, tous les objectifs étaient tournés vers Michael Douglas au Festival de télévision de Monte-Carlo. Gentleman, l’acteur américain a contenté tous les chasseurs d’autographes en matinée avant de charmer son auditoire en conférence de presse.N’éludant aucun thème, pas même sa maladie, l’aventurier de A la Poursuite du Diamant Vert, roi de la bourse dans Wall Street ou amant de Sharon Stone dans Basic Instinct a balayé 50 ans de carrière avec l’aisance des plus grands.

L'acteur a été récompensé d’une Nymphe de Cristal pour l’ensemble de sa carrière, remise des mains du prince Albert II.

Plus qu’une conférence, une master-class. Chapeau bas.


Dans quel contexte avez-vous débuté il y a 50 ans ?
J’ai débuté dans Les Rues de San Francisco (1972-1976) il y a 50 ans.À l’époque, il n’y avait que deux chaînes, NBC et CBS, puis cette nouvelle chaîne ABC où j’ai démarré et qui diffusait également Kung-Fu [avec David Carradine, de 1972 à 1975, NDLR]. Ce Festival, qui a 59 ans, était alors en avance sur son temps. C’était un pionnier.

Quel rôle a tenu la télévision dans votre carrière?
La télévision a été la cheville ouvrière de ma carrière et de nombreux comédiens.ça m’a permis d’acquérir une certaine discipline et de très bonnes connaissances des scénarios. J’ai appris ce qu’était d’être acteur ou producteur et la série a rencontré un énorme succès. Cette fiction a boosté ma carrière et pourtant, après quatre ans, j’ai quitté les plateaux pour rejoindre ceux du cinéma. Je me souviens que les gens pensaient que j’étais fou de lâcher cette série à succès car, à ce moment-là, c’était très compliqué pour un acteur de télé de percer au cinéma. Seuls Steve McQueen et Clint Eastwood avaient réussi cette transition. Tout le monde voulait être une star du grand écran car les gens devaient payer pour vous voir, alors que la télévision est gratuite, c’était ça qui faisait la différence.

Quelle est votre vision de la télévision d’aujourd’hui?
Quand on a voulu faire Ma Vie avec Liberace [histoire d’un virtuose du piano sortie en 2013, NDLR], aucun studio de cinéma n’a eu envie de s’aventurer dans un tel projet. Personne n’en voulait. Alors c’est finalement HBO qui en a fait un film pour la télévision. Un film qui a été incroyablement bien reçu par la critique et le public. Du coup, ça m’a fait réfléchir : quand vous voulez faire des choses indépendantes, trop pour une sortie grand public au cinéma, il y a la télévision et désormais le streaming. C’est un cadeau du ciel pour les créateurs qui veulent faire quelque chose qui prend du temps, développer des personnages, une œuvre qui n’a pas forcément le tempo frénétique d’un Marvel comme Ant-Man ou Avengers.

C’est ce qui vous a motivé à accepter La Méthode Kominsky?
Chuck Lorre, producteur de télévision et scénariste fantastique, est arrivé avec ce beau projet, pour Netflix, et c’était effectivement une très belle opportunité de faire mon retour à la télévision. Dans une comédie sans publicité, dont les épisodes peuvent faire 20, 30 ou 40 minutes, cela n’a pas d’importance… et du coup je me retrouve ici au Festival de télévision de Monte-Carlo, à recevoir ce prix qui honore une espèce de cycle de 50 ans de mes débuts télévisuels.

Michael Douglas à la rencontre de ses fans au 59e Festival de télévision de Monte-Carlo.
Michael Douglas à la rencontre de ses fans au 59e Festival de télévision de Monte-Carlo. Photo Thomas Michel

Pensez-vous que des plates-formes comme Netflix permettent à plus de monde de s’exprimer?
La différence avec le streaming, ce sont les abonnés. Avant, vous aviez des réseaux de diffusion et des séries qui dépendaient des publicités. Vous cibliez par exemple les 25 à 40 ans et les publicistes étaient là pour payer cette série. Aujourd’hui, les gens ne payent pas pour une série mais pour un abonnement, ça a apporté une plus grande liberté. Les réseaux comme Netflix diffusent simultanément dans tous les pays aussi, avec un doublage dans 40 langues différentes.

Et c’est important pour vous d’être bien doublé à l’étranger?
J’ai toujours pris le soin d’inviter à déjeuner le comédien qui me doublait dans les pays où je me déplaçais. Parce qu’il joue un rôle clé. D’ailleurs, j’aime raconter cette histoire qui m’est arrivée quand j’ai reçu mon premier prix, pour Les Rues de San Francisco. C’était les "Bambi Awards" en Allemagne. Alors que je montais sur scène pour faire mes remerciements, j’ai vu le public commencer à murmurer: "Was ist das?" ("Qu’est-ce que c’est?") Je me suis renseigné et en fait, c’était parce qu’en version allemande, j’étais doublé par une grosse voix sexy germanique. Et moi, en vrai, je sonnais comme une petite souris! Depuis, j’ai un respect immense pour les acteurs de doublage…

Comment choisissez-vous vos rôles aujourd’hui?
Je base tout sur l’environnement, les matériaux essentiels comme l’histoire ou le scénario. J’ai commencé à travailler au théâtre avec de jeunes dramaturges, et on servait leurs pièces ! Si le script est bon, peu importe le rôle que j’ai dedans, je préfère un petit rôle dans un bon film qu’un grand rôle dans un mauvais! Il y a pléthore d’acteurs aujourd’hui qui tournent les pages des scénarios uniquement pour chercher leur rôle. Je suis aussi un producteur et je n’ai pas cette vision.

Quel conseil vous a donné votre père, Kirk Douglas, quand vous avez débuté votre carrière?
Je pense que je peux le dire. Le meilleur conseil que m’ait donné mon père c’est un peu comme celui de Murphy dans Vol au-dessus d’un nid de coucou: “Fais de ton mieux. Essaye à fond. Et puis merde!” Donne tout ce que tu as, ça marche ou pas, et puis passe à autre chose.

Et vos enfants?
Tous mes enfants, que ce soit Dylan ou Cameron, veulent être acteurs. Et dans ce monde à l’avenir incertain, où l’on ne sait pas de quoi le travail sera fait en 2025, avec l’intelligence artificielle et tout ça, je me dis que finalement, les arts dramatiques ne sont pas si mal [rires]. C’est un job qui existera toujours.

Michael Douglas
Michael Douglas Photo Thomas Michel

Comment avez-vous surmonté les échecs?
Je n’ai jamais abandonné. Il faut aborder les échecs avec le même recul que les succès.Il faut les analyser, comprendre si ça vient de la réalisation, de mon jeu, du marketing… J’ai appris à prendre le temps comme après un échec amoureux. Réfléchir, puis tourner la page et continuer. Mon père était une star de cinéma avec les avantages et les inconvénients que ça comporte. Quand je rencontrais un succès, c’était attendu, car j’étais son fils, mais il n’y en a pas tant que ça finalement des "fils" ou "filles de" qui ont réussi.C’est plus difficile de se faire un prénom quand 50% de vos gènes viennent de quelqu’un qui est connu de tous. Il faut se frayer un chemin, trouver sa propre identité.La mienne, c’est celle du sale type que tout le monde aime [rires].

Avez-vous l’habitude de prendre des risques dans votre vie? Votre carrière ?
J’adore prendre des risques, j’aime le danger. Qu’il s’agisse de sauter du haut d’une falaise, comme c’était le cas avec Vol au-dessus d’un nid de coucou, ou d’essayer de conquérir les cœurs avec des personnages loin d’être aimables au premier abord. Il y a eu beaucoup de prises de risque dans ma carrière. C’est excitant.

Où aimez-vous vous ressourcer? Échapper au brouhaha de la vie?
J’aime le golf.à chaque fois que je vais sur un parcours, j’ai l’impression de faire l’école buissonnière.Le temps de deux ou trois trous du moins, avant que je m’énerve [rires]. Mon autre passion, c’est ma petite famille. J’aime passer du temps avec mes enfants, notamment ma fille Carys, qui a 16 ans, et répondre à leurs questions.


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