Rubriques




Se connecter à

"Major Tom" a rejoint les étoiles

Rockstar planétaire et artiste proteïforme, David Bowie est mort hier d'un cancer. Son dernier album testamentaire, Blackstar, était sorti vendredi, jour de son 69e anniversaire...

Philippe DUPUY , Christophe CIRONE et Laurent Amalric Publié le 12/01/2016 à 05:11, mis à jour le 12/01/2016 à 05:11
Hanne Jordan/DPA/MAXPPP

Look up here, I'm in heaven » (Regarde là-haut, je suis au Paradis) chante David Bowie dans le premier couplet de Lazarus, premier extrait de son nouvel album, Blackstar, paru vendredi, le jour de son 69e anniversaire. Avec le recul, le clip du morceau qui tourne sur Internet depuis deux semaines, ressemble à un faire part de décès. On y voit le chanteur, cheveux courts et traits tirés, le visage masqué d'un bandeau sur lequel deux boutons ont été cousus à la place des yeux, flottant entre la vie et la mort sur un lit d'hôpital et se souvenant de ses années de gloire (« By the time I got to New York, I was living like a king ») et de débauche (« Looking for your ass »)...

Après le "Fantôme" (il avait disparu des écrans depuis dix ans), le "Mort Vivant" (Lazare, donc) sera donc la dernière incarnation de David Bowie, artiste protéiforme dont le Premier ministre anglais David Cameron a pu dire, fort justement qu'il était « le maître de la réinvention ».

Multiples incarnations

On a d'abord connu David Jones, jeune chanteur folk du début des sixties, né (le 8 janvier 1947) dans une famille modeste du quartier de Brixton à Londres. Puis David Bowie, dont le premier album pop en 1967 passe inaperçu. Avec le succès de Space Oddity, chanson tirée de l'album du même nom, il devient en 1969 l'inoubliable "Major Tom", qui va tutoyer les étoiles. Un voyage dont il revient en Starman (Homme des étoiles) l'année suivante (pour l'album The Man Who Sold The World) avant de se réincarner en "Ziggy Stardust", rocker extraterrestre au succès fulgurant. Une créature androgyne qui, en 1972, lance la vogue du Glam rock. Dès lors, Bowie n'arrêtera plus de se transformer, accompagnant ou lançant les modes musicales et vestimentaires avec un succès considérable (140 millions d'albums vendus). Il sera Aladdin Sane (1973), puis un rebelle (« Rebel Rebel ») aux corps de Chien de diamant (Diamond Dogs 1974), puis un jeune Américain, fan de musique soul (Young Americans 1975), puis un voyageur précurseur du rock industriel et de la musique électronique (pour la trilogie dite berlinoise Station to Station, Low, Heroes 76, 77, 78), puis le "Mince duc Blanc" (Thin White Duke), puis une star de la FM (Let's Dance 1983), puis "Nathan Adler", un détective privé fan de Kabuki et de drum'n'bass (Outside, Earthling 1995, 1997) avant de revenir en "Dorian Gray" du rock (à 57 ans en paraissant 35), pour Reality (2003).

 

 

 

Créatif jusqu'au bout

Il disparaît finalement des écrans radars en 2004 et ne donne plus de nouvelles que par disques avec The Next Day, en 2013 après dix ans de silence total et Blackstar, vendredi, trois jours avant sa mort. Jusqu'au bout, Bowie est resté créatif (1) et son dernier album, aux dissonances free et à la noirceur sépulcrale, est l'un de ses plus aboutis artistiquement, sinon l'un des plus faciles à écouter et à aimer. Jusqu'à hier matin, on pensait que "l'Étoile noire" à laquelle il fait référence était celle de Daesh. Désormais, c'est plutôt à la sienne qu'on pensera en l'écoutant : "Major Tom" a quitté la capsule.

Gilles Jacob : « C’était un ange de Cocteau »

David Bowie au Festival de Cannes, où il présentait deux films en 1983 : Furyo et Les Prédateurs. (Photo archives AFP).

Ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob s’est souvenu hier avec émotion de sa rencontre avec David Bowie, en mai 1983 pour la présentation du film de Nagisa Oshima, Furyo, qu’il avait programmé en compétition : « Il était très beau, d’une présence incroyable.C’était un ange à la Cocteau…Et un excellent acteur ! ».

Bowie n’avait pas décroché le prix d’interprétation, mais sa prestation dans le rôle de l’officier anglais Jack Cellier reste le sommet d’une carrière cinématographique parallèle, riche d’une trentaine de films et téléfilms. Curieusement, ce n’est pas de la projection de Furyo dont se souvient le plus Gilles Jacob, mais de celle des Prédateurs de Tony Scott, un film de vampires érotique, dans lequel le chanteur donnait la réplique à Catherine Deneuve.

« On l’avait programmé en séance de minuit et l’agent du film avait exigé qu’on tienne les portes fermées jusqu’à l’heure de la projection, raconte l’ancien président du FIF. Du coup, il y avait une foule monstre sur les marches et Catherine Deneuve avait dû patienter de longues minutes avec le reste des spectateurs.Son agent était fou de rage! ».

Le film, qui coïncidait avec un premier come back discographique de Bowie (pour l’album Let’s Dance), a connu un grand succès et fini de lancer la carrière cinématographique du chanteur, que l’on verra ensuite chez Scorsese (La Dernière tentation du Christ), Julian Temple (Absolute Beginners), David Lynch (Twin Peaks), Julian Schnabel (Basquiat, où il tenait le rôle d’Andy Warhol) et Christopher Nolan (Le Prestige), entre autres.

Outre diverses apparitions ces dernières années - le plus souvent dans son propre rôle - ,  Bowie a fait un doublage voix pour le film de Luc Besson Arthur & les Minimoys et signé la BO de la dernière série de Canal +, Panthers.Mais pour les fans, le sommet de sa filmographie reste L’Homme qui venait d’ailleurs de Nicholas Roeg ,  dans lequel il jouait (en 1976) un rôle d’extraterrestre plus ou moins inspiré de son plus célèbre avatar musical : Ziggy Stardust. Un ovni cinématographique qu’on aimerait beaucoup revoir à l’occasion de sa disparition (Arte, si tu nous entends…). 

 

Nikaïa 2003, première alerte...

Lors de son concert au Palais Nikaïa, à Nice le 10 novembre 2003, David Bowie souffrait de maux de gorge et a décidé d’écourter son show. (Photos Patrick Bar).

Le 10 novembre 2003, David Bowie donnait l’un des concerts du Reality Tour au Palais Nikaïa, à Nice. Assurant la couverture de l’événement, j’étais sorti dans le hall pour écrire le compte rendu enthousiaste du concert (très rock, avec une setlist idéale en forme de Best of...), quand mon attention a été attirée par quelque chose d’anormal dans la salle.J’y suis revenu en courant pour entendre Bowie se plaindre au micro d’un mal de gorge persistant et annoncer qu’il allait probablement devoir écourter le show.

De fait, le titre suivant (Ziggy Stardust), tout juste assuré d’une voix sépulcrale, sera le dernier, alors que la setlist en prévoyait encore plusieurs.Lorsque le chanteur quitta la scène sans plus d’explications et que la salle se ralluma, nombreux furent ceux, parmi les 7500spectateurs, qui ne comprirent pas ce qui se passait et manifestèrent leur dépit en sifflant. Il semble que l’extinction de voix ait pris la star et son entourage par surprise. Ce qui explique l’impression d’improvisation totale que les spectateurs niçois ont ressentie et dont l’artiste avait été, paraît-il, fort mécontent. « De retour dans sa loge, il était furieux contre lui et contre tout le monde », confiait un des employés de la salle.

Sa dernière tournée

De son côté, la direction se défendait en expliquant que « personne ne savait quoi faire et tout le monde était horriblement stressé par ce qui se passait sur scène. On ne savait même pas s’il pourrait tenir jusqu’au bout. C’est vrai que, sur le coup, personne n’a pensé à expliquer aux gens ce qui se passait ».
Souffrant officiellement d’une laryngite, le chanteur avait dû annuler son concert du lendemain prévu à Toulouse. La tournée, qui devait revenir sur la Côte d’Azur l’été suivant, pour deux concerts à Six-

Fours et Monaco au mois de juillet, a finalement dû être écourtée d’une douzaine de dates, après que Bowie eut fait un nouveau malaise sur scène, le 23 juin 2004 à Prague. La raison invoquée, cette fois, était une douleur persistante à l’épaule. Mais, quelques jours plus tard, on apprenait que la star avait dû subir une opération cardiaque. Depuis, David Bowie n’était remonté qu’une seule fois sur scène (en 2006) et son absence alimentait les rumeurs les plus inquiétantes sur sa santé, toujours démenties.

 

Outre ce concert mémorable, Bowie s’est produit de nombreuses fois sur la Côte d’Azur. On garde notamment un souvenir ému des deux dates de la superbe tournée Let’s Dance aux Arènes de Fréjus, les 26 et 27 mai 1983 et des concerts magiques du Outside/Earthling Tour (l’un de ses meilleurs) au Zénith Oméga de Toulon, sous le chapiteau de Fontvieille à Monaco, en juin et juillet 1996 et à la Pinède de Juan-les-Pins en juillet 97. Ceux des tournées Glass Spider et Sound +Vision, au stade Charles-Ehrmann (17/7/87) et à Fréjus (14/8/90), avaient déçu : le chanteur était alors au creux de la vague et peinait à trouver un nouveau souffle, sur scène comme sur disque.

« On a l’impression de perdre quelqu’un de proche »

Pierre (Rain, Monolog) et Sébastien (Kuta) : deux musiciens niçois, deux fans sous le choc hier. (Photo Frantz Bouton).

Ding, ding, ding... À intervalles réguliers, le son nasillard des alertes SMS rythme ce lundi de deuil musical pour Pierre Maury.« Depuis ce matin, ça n’arrête pas!Ce sont des amis qui me manifestent leur soutien, explique ce musicien niçois.Je me suis réveillé avec trois SMS.Un ami m’écrivait : “P..., ça fout un coup quand même”, puis un autre : “Oh non, pas David!”J’ai vite compris... » Bowie est éternel, mais il n’était donc pas immortel.Et sur la Côte d’Azur comme dans le monde entier, la planète musique est sous le choc.À l’instar de Pierre Maury et Sébastien Petrapiana. Hier, ce dernier a appris la sidérante nouvelle par sa mère, qui a pris soin de lui téléphoner fissa.Depuis, les témoignages de sympathie pleuvent sur sa page Facebook.

Influence omniprésente

Pierre et Sébastien comptent parmi les musiciens les plus “bowiephiles” de la scène locale. Compagnons de studio et de scène, ces quadras niçois naviguent entre rock, new wave ou électro planante. Et leurs projets respectifs – Rain et Monolog pour Pierre Maury, Kuta pour Sébastien Pietrapiana – savent ce qu’ils doivent à l’icône disparue.
« C’est très étrange...Un sentiment d’être touché par la mort de quelqu’un qu’on ne connaît pas personnellement, mais dont on se sent très proche. Quelqu’un qui a énormément compté dans nos vies », témoignent de concert les deux amis.Effondrés? Pas de prime abord. Mais profondément tristes. Et un peu incrédules.

« Ça fait trente-cinq ans que ce gars-là accompagnait tous les moments de ma vie », soupire Pierre.Depuis, en fait, ses 12 ans et son premier 33-tours, Scary monsters and super creeps.« Un choc!J’avais arrêté le piano...Et il m’a donné envie de faire de la musique.Cette capacité à briser les règles, à associer les genres, à écrire des textes qui sont autant de claques, ou même à jouer au théâtre et au cinéma... »
Sébastien, lui, s’est converti à l’époque où lui-même tournait à l’international avec son groupe Corpus Delicti. Nice, Juan, Monaco...Autant d’escales de son idole, gravées dans sa mémoire à jamais.De ce Quicksand en apesanteur à la pinède Gould, à ce concert écourté au palais Nikaïa, quand la star fut trahie par sa voix. « Bowie, quand tu mets le doigt dedans, tu n’en sors plus!, souritSébastien.C’est tellement diversifié : pop, soul, funk, jazz, électro... »

 

 

 

« David a trouvé ton morceau très bon »

Sébastien sait de quoi il parle.Dans une précédente vie de disquaire, il a écouté, jaugé des milliers d’albums.Et il situe l’orphelin Blackstar très haut dans la galaxie Bowie. « Avant-gardiste, expérimental, avec un passage mélodieux...Bowie, quoi. A priori, il l’a fait en sachant qu’il allait mourir.Je pense qu’on va le réécouter autrement! »

Écouter David Bowie...Quand ce n’est pas lui qui vous écoute.Sébastien Pietrapiana a eu cet immense privilège en 2007, quand Mike Garson, pianiste attitré de Bowie, a joué sur trois morceaux de Kuta.« Un soir, Mike m’envoie un mail : “Hello.J’ai fait écouter le morceau à David, il l’a trouvé très bon! Bonne nuit!” »

 

Adoubé par le Maître en personne. Cette nuit-là, Sébastien-Kuta eut du mal à trouver le sommeil.« Ce titre évoquait justement une séparation, sur l’air de : “À toi les CD des Beatles, à moi les Bowie”.La boucle était bouclée... » Le morceau s’intitulait Our last goodbyes.Comme un adieu prémonitoire.


« Le concept de l’évaporation faisait partie du personnage »

Le Tropézien Yves Bigot, grand fan de Bowie qu’il avait rencontré à de multiples reprises. (Photo DR).

Directeur général de TV5 Monde, le Tropézien Yves Bigot est avant tout un fan absolu de musique.Expert sonique passé par Europe 1, France Inter, la Fnac, Phonogram, Canal + ou France Télévisions, il côtoya à plusieurs reprises David Bowie.

Que représentait David Bowie pour vous ?
Il est celui qui aura apporté le monde de l’art dans le rock.Bowie c’était la forme et le fond. Il fabriquait des objets artistiques. Chacun de ses personnages était
le fruit d’un concept. Il était aussi le chantre de l’expression des différences. Dans les années 70, il est la première rock star à se revendiquer ouvertement bisexuel. Il a ainsi permis à toute une génération d’adolescents d’être représentée !

Quelles entrevues vous ont marqué ?
Deux en particulier. L’une durant le Festival Jazz de Montreux. Il résidait alors à Lausanne. Nous étions ensemble dans le petit carré VIP et il me disait tout son enthousiasme après la prestation d’un guitariste de blues alors quasi-inconnu. C’était Stevie Ray Vaughan ! Il avait été transcendé par son concert au point de lui demander de jouer sur son album à venir, le fameux Let’s Dance. Pour l’autre rencontre, à Paris cette fois, en 1987, je me souviens de quelqu’un de toujours avenant, chaleureux et enthousiaste qui passait plus de temps à vanter la sortie des rééditions Atlantic Rhythm’n’Blues que de faire sa propre promo !

Bowie irremplaçable ?
Disons qu’il a beaucoup d’héritiers - Joy Division, Boy George, Placebo, Morrissey..., et Jeanne Added, Stromae ou Christine & The Queens pour les derniers – mais aucun ne peut prétendre être le nouveau Bowie. Si je dois garder un album de lui, ce sera Low. Un titre, Rebel Rebel, le single parfait!

Votre dernière rencontre ?
Sur le plateau d’une émission de Guillaume Durand en 2004 [Yves Bigot est alors directeur des programmes de la chaîne, ndlr] Nous lui avions présenté Françoise Hardy qui était l’une de ses idoles... Peu après ce tournage, il avait fait son premier malaise cardiaque en plein concert à Hambourg et avait dû annuler toute sa tournée...

Est-ce la maladie qui dès lors l’a fait disparaître des médias ou était-ce un nouveau concept ?
Le concept de l’évaporation fait partie de ses personnages. Il n’y a qu’à voir “Ziggy Stardust”, ce messager extraterrestre qui n’a plus que cinq années à vivre... Pour autant, c’est à se demander si ses deux derniers albums, The Next Day et Blackstar, n’étaient pas des disques d’adieu. En ce sens les paroles de son dernier single Lazarus où il écrit « Je suis déjà au paradis » sont troublantes...

 

Une pluie d’hommages

  • Communiqué officiel
    « David Bowie est mort paisiblement entouré de sa famille, après une bataille courageuse de dix-huit mois contre le cancer. »
  • Tony Visconti, son producteur historique
    « Sa mort n’est pas différente de sa vie – un moment d’art. Il a réalisé Blackstar comme un cadeau d’adieu. C’était un homme extraordinaire, plein d’amour et de vie. Il sera toujours avec nous. »
  • Paul McCartney
    « Il a joué un grand rôle dans l’histoire musicale de notre pays. »
  • The Rolling Stones
    « C’était un homme merveilleux et bon, un extraordinaire artiste et un authentique original. »
  • Françoise Hardy
    « Il avait quelque chose d’un mutant (...) au-dessus du commun des mortels. »
  • Pharrell Williams
    « Un vrai innovateur, un vrai créatif. »
  • Kanye West
    « Il était une de mes sources d’inspiration les plus importantes.Sans peur, si créatif, il nous a donné de la magie pour toute une vie. »
  • Iggy Pop
    « L’amitié de David illuminait ma vie. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi brillant. Il était ce que l’on fait de meilleur. »
  • Brian Eno
    « Pas de mots.Qu’il repose en paix. »
  • Manuel Valls
    « Un artiste hors norme aux multiples visages qui aura révolutionné la musique. »
  • Philippe Manœuvre
    « Un personnage unique, un créateur multiforme, protéiforme. Son ombre va maintenant planer sur l’histoire de la musique pendant des années. »
  • Jean-Daniel Beauvallet, rédacteur en chef des Inrockuptibles
    « Il a créé la matrice de la pop moderne. »
    Pensées des internautes


  • Sylvain Christine Bout
    « Une voix, une classe, un talent pur. Intemporel. Parti sur la pointe des pieds en toute pudeur en nous laissant un dernier bijou. La classe! Merci Monsieur Bowie. »
  • Marie-Christine Plando 
    « Les étoiles danseront pour célébrer l’arrivée d’une icône incontournable du rock. »
  • Ludovic Vieu 
    « Formidable, inclassable, indémodable et... indispensable. »

Offre numérique MM+

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.