Les trois moments forts de la Princesse Grace à Menton et Roquebrune-Cap-Martin

Disparue il y a aujourd’hui 40 ans, la princesse Grace continue de fasciner des générations. Voici trois anecdotes qui la relient à Menton et Roquebrune-Cap-Martin.

Margaux Boscagli Publié le 14/09/2022 à 05:04, mis à jour le 15/09/2022 à 12:15
La Princesse Grace a laissé une empreinte à Menton et Roquebrune-Cap-Martin Photo Palais Princier

Il y a 40 ans aujourd’hui, la princesse Grace de Monaco décédait à l’âge de 52 ans des suites d’un accident de voiture sur la route de La Turbie. Star hollywoodienne, actrice fétiche d’Alfred Hitchcock puis princesse respectée et investie… Son destin aux allures de conte de fée continue, des États-Unis à Monaco, de fasciner des générations entières.

Ici aussi, dans Menton et sa région, l’icône Grace Kelly a eu un impact. De sa nomination comme présidente d’honneur de l’association France États-Unis-Menton-Monaco à son rôle dans l’arrivée de Joséphine Baker sur la Côte d’Azur, retour sur trois moments forts de la vie de Grace Kelly étroitement liés à l’histoire locale.

Dans les années 1970, elle aide Joséphine Baker à s’installer à Roquebrune-Cap-Martin

Grace Kelly s’est portée garante pour l’achat de la maison. Photos Eric Dulière et DR.

L’anecdote a déjà été partagée à de nombreuses reprises dans la presse mais elle n’en reste pas moins touchante. C’est bien l’aide de Grace Kelly qui a permis à Joséphine Baker et sa "tribu arc-en-ciel" de venir s’installer, dans les années 1970, avenue Varavilla à Roquebrune-Cap-Martin.

"Quand ma mère a été mise hors du château des Milandes, en Dordogne, elle ne pouvait aller nulle part, et plus personne ne lui proposait de contrat. Seule la princesse Grace lui a tendu la main. Elle lui a permis de repartir sur un grand gala, celui de la Croix-Rouge, pour relancer sa carrière. Elle s’est aussi portée garante pour l’achat de la maison à Roquebrune-Cap-Martin, et ma mère l’a remboursée avec ses concerts jusqu’au dernier centime!", confiait ainsi à Nice-Matin l’un des fils de Joséphine Baker, le Mentonnais Luis Bouillon, dans une interview publiée le 30 novembre 2021.

Pourtant, rien ne prédestinait les deux femmes à devenir amies. Née à Saint-Louis dans le Missouri, issue d’un milieu pauvre, Joséphine Baker est déjà une vedette des Folies-Bergère, au sommet de sa carrière dans les années 1930, quand Grace Kelly, issue d’une famille aisée irlandaise et catholique, n’est encore qu’une enfant qui souhaite devenir comédienne.

 

Le lien entre elles a commencé à des milliers de kilomètres de Roquebrune, un soir d’octobre 1951. Joséphine Baker, en visite à New York, se rend au restaurant le Stork. Sur place, le directeur refuse de la servir, en raison de sa couleur de peau. Joséphine Baker ne se laisse pas faire. L’incident, relaté par la presse, provoquera dans les semaines qui suivent une série de manifestations devant l’établissement pour dénoncer la discrimination.

Grace Kelly, alors star montante à Hollywood, racontera plus tard qu’elle était à une table dans le restaurant ce soir-là et avait été témoin de la scène. En 1982, peu après sa mort, la journaliste Jacqueline Cartier écrivait dans France Soir que la princesse lui aurait livré ce témoignage: "Je n’ai pas eu l’occasion de lui dire mais la première fois que j’ai vu Joséphine Baker, c’était au Stork Club de New York où on refusa de la servir parce qu’elle était noire. Je ne savais pas alors qui elle était mais je fus admirative pour le scandale qu’elle provoqua et qui eut un écho très important dans la presse le lendemain. Moi j’étais si timide… Je me souviens de m’être posée la question: à sa place, aurais-je eu, moi, ce courage?".

Aujourd’hui, deux sculptures représentant les deux icônes, réalisées par l’artiste Marcos Marin à l’occasion des journées de l’Art-bre, trônent dans le parc du Cap Martin, à Roquebrune. Tout un symbole.

Quand la princesse Grace invitait les Kennedy dans la cité du citron

La princesse Grace avec le prince Rainier III dans les jardins Biovès à Menton. Photo Eric Dulière et DR.

En 1957, après son arrivée sur la Côte d’Azur et son mariage avec le prince Rainier III, Grace Kelly est nommée présidente d’honneur de l’association France États-Unis-Menton-Monaco. Elle est alors « très active au sein de l’association, malgré ses charges souveraines et ses engagements en Principauté », révèle Thierry Chevalier, le président de l’actuelle association France Etats-Unis-French Riviera-Monaco (née en 1945 de la volonté du président américain Franklin Roosevelt, l’association France États-Unis comptait autrefois une antenne Menton-Monaco, très active dans le département entre 1947 et 1985, et dont la princesse Grace Kelly fut la présidente d’honneur. L’association azuréenne périclite dans les années 90, et renaît le 5 décembre 2012 sous la présidence de Thierry Chevalier. Elle prend alors le nom d’association France États-Unis-French Riviera-Monaco., ndlr).

 

C’est elle qui sera à l’origine des fameuses garden party tenues le 4 juillet de chaque année - jour de l’indépendance aux États-Unis - à la villa Maria Serena, à Menton.

Ces soirées, organisées en lien avec Francis Palmero, à l’époque maire de Menton et sénateur à la commission des affaires étrangères, ont vu défiler "tous les plus grands noms", raconte Thierry Chevalier. Notamment les sœurs Kennedy, ainsi que l’ancien procureur général Robert Francis Kennedy, dit "Bob Kennedy", ou encore le sénateur Edward Moore Kennedy, dit "Ted Kennedy". "Seul John Fitzgerald Kennedy n’est pas venu", précise Thierry Chevalier. Rappelant que les familles Kennedy et Kelly étaient toutes deux originaires d’Irlande avant de migrer vers les États-Unis.

En parallèle de ces garden party, l’association organise annuellement un grand gala de bienfaisance au sein du casino municipal de Menton. "C’est la seule fois où le prince Rainier III et la princesse Grace Kelly venaient au casino, le gala se déroulait dans une salle à part des machines à sous", indique Thierry Chevalier. La princesse Grace demeura présidente d’honneur de l’association jusqu’à son décès.

L’actrice Nicole Kidman sur le tournage du film Grace de Monaco. Photo Eric Dulière et DR.

Quand Grace faisait (presque) son marché dans le vieux Menton

Manteau jaune pâle, foulard à pois, et lunettes noires… Non, ce n’est pas Grace Kelly qui débarque en Simca à Menton ce lundi 8 octobre 2012 mais Nicole Kidman.

Autour d’elle, un marché provençal imaginaire s’est installé sur le parvis de la Basilique Saint-Michel, dans le vieux Menton. L’actrice australienne y effectue ses emplettes sous les traits de la princesse de Monaco. Il s’agit de la première scène du film Grace de Monaco tournée dans la cité du citron. D’autres suivront à Antibes, Grasse, ou encore en Italie.

Le long-métrage du cinéaste français Olivier Dahan se concentre sur un moment clé de la vie de la princesse, en 1962, alors que la Principauté traverse une crise politique avec la France du général de Gaulle.

À sa sortie en 2014, il fait l’ouverture du 67e Festival de Cannes, où il reçoit un accueil glacial par une grande partie de la presse. Étrillé par la critique, le film n’a pas non plus séduit la famille princière de Monaco, qui avait dénoncé "d’importantes inexactitudes historiques et une série de scènes purement fictionnelles" dans l’œuvre.

Les habitants de Menton, eux, en gardent un souvenir précieux. Même si ce n’était ni la première ni la dernière fois que les rampes de la basilique se trouvaient sous le feu des projecteurs…

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