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Léo Ferré aurait eu 100 ans le 25 août

Mis à jour le 29/08/2016 à 10:35 Publié le 29/08/2016 à 10:08
Léo Ferré en concert au théâtre de Montauban, le 7 mai 1992.

Léo Ferré en concert au théâtre de Montauban, le 7 mai 1992. Photo archive Nice-Matin

Léo Ferré aurait eu 100 ans le 25 août

La Principauté fut le berceau de son enfance, un cocon où le poète anarchiste est né, il y a tout juste cent ans, et où il a vécu une partie de son enfance

Quand un si petit pays a la chance d’avoir vu naître et grandir un si grand artiste, il faut s’en émerveiller.
Léo Ferré aurait eu cent ans le 25 août 2016. Il avait la double nationalité française et monégasque. Si le poète est décédé le 14 juillet 1993, à Castellina in Chianti, en Toscane où réside encore sa veuve Marie-Christine, son fils Mathieu et ses petits-enfants Charlotte et Nicolas (qui aura 18 ans le 30 août), il est enterré au cimetière de la prinicpauté.

Histoire discrète

Monaco et Léo. Une histoire qui peut surprendre. Celle d’un rocher monarchique qui a bercé l’anarchiste le plus connu, reconnu, aimé et adoré des Français. Celle de souvenirs heureux que Léo Ferré a transmis à sa famille qui est locataire, depuis 1912, d’un appartement au 9 avenue Saint-Michel.

Mais une histoire discrète puisque, hormis une place Léo-Ferré (en réalité plutôt une placette), il a fallu attendre 2013 pour que la salle du Canton, à l’initiative de la mairie de Monaco, devienne l’Espace Léo-Ferré. La salle de spectacles pouvant accueillir deux cents spectateurs assis, rebaptisée, avait alors accueilli le prince Albert IIet sa sœur la princesse de Hanovre qui avaient rendu un bel hommage à l’artiste.

Cette année, pour le centenaire de la naissance du poète, plusieurs manifestations sont organisées en France et même jusqu’au Canada.

Des hommages partout

À Paris, au printemps dernier, la Comédie Française a programmé, durant un mois et demi, «Cabaret Léo Ferré». Une création de Claude Mathieu, sociétaire, qui a mis en scène ses camarades autour du répertoire d’un chanteur-compositeur-inteprète les plus prolifiques de la scène française.

Une exposition «Cent ans… Léo? Tu t’rappelles? », à l’initiative de la famille Ferré, est proposée à la Bibliothèque municipale de Beaune depuis mars et jusqu’à fin octobre.
Le célèbre festival canadien Coup de Cœur Francophone rendra également hommage à l’artiste, à Montréal fin novembre, avec «Corps amour anarchie», un spectacle inédit qui mêle danse contemporaine, chants et musique.

À Monaco, rien n’est prévu semble-t-il; en tout cas pas encore. Ah si, oui, l’Office d’Émissions de Timbres-Poste émet un timbre représentant un portrait dessiné par le Monégasque Joël Tchobanian. Il ne reste plus qu’à trouver des cartes postales musicales qui reprennent les refrains de Ferré…

Mon père a gardé de Monaco des souvenirs très heureux


Mathieu, l’aîné des trois enfants de Léo Ferré, se partage entre la Toscane, Monaco, Paris et la Belgique. (Photo Birra Artigianale)

Mathieu Ferré, «Monégasque uniquement», garde des souvenirs heureux de son père. La famille est restée très attachée à Monaco et aime encore y séjourner régulièrement. Mathieu, contacté en Toscane où Léo Ferré lui-même vécu de 1969 à 1973, est à la tête d’une maison d’édition au Palais de la Scala qui met en valeur l’œuvre paternelle.

Avez-vous des souvenirs de votre père en Principauté ou évoquant Monaco?
Quand nous étions à Monaco, mon père m’emmenait toujours manger la socca à La Condamine. Il m’expliquait ce qu’était la bonne recette, comment mettre le poivre… Il connaissait tout le monde!

Aujourd’hui, tout cela appartient définitivement au passé?
Nous sommes encore locataire de l’appartement qui a vu naître mon père.Ma mère, mes sœurs et moi-même y séjournons régulièrement. L’appartement est resté intact. Nous n’y avons fait aucun travaux.

Incroyable! Un appartement-musée en somme?
Ma famille et moi souhaiterions effectivement que cette habitation devienne un musée. Mais nous n’avons ni la capacité financière ni les compétences logistiques pour agir. De plus, cet appartement appartient à une agence immobilière. C’est un bail très ancien.

Vous vivez également en Toscane…
Oui, j’y suis actuellement pour les vendanges. Ma mère possède une exploitation de vin et d’huile. Moi, je suis souvent à Monaco, à paris et en Belgique. Je m’occupe d’une maison d’édition au palais de la Scala et je gère le patrimoine artistique de la famille depuis 1992.

Votre père vous parlait-il du Monaco de son enfance? En quel terme?
Il aimait ce pays. Mais ce qui le chagrinait, c’était de voir les maisons être détruites les unes après les autres pour y voir pousser des buildings. Il appelait Monaco «Le las Vegas du port». Aujourd’hui, ça continue. Monaco est toujours en travaux, ça continue, c’est Dubaï.

Léo Ferré aimait peut-être davantage la nature…
Mon père était un homme de la campagne. Il aimait la solitude, les animaux.

Quels étaient ses rapports avec le prince Rainier?
Il avait d’assez bons rapports avec Rainier. Le prince lui a d’ailleurs proposé de diriger l’orchestre de Monaco avec La Chanson du Mal-aimé, de Guillaume Apollinaire, en 1954. Ce fut une première suivie d’autres expériences avec l’orchestre par la suite. Les deux hommes s’appréciaient, je pense.

Un anarchiste et un monarque…
C’est le collège Saint-Charles de Bordighera tenu par les Frères des Écoles chrétiennes qui a forgé l’anarchisme de mon père. Pas Monaco! Quand mon grand-père à envoyé mon père au pensionnat, il l’a sorti du cocon familial. Ce fut une douloureuse expérience.

Votre père évoquait-il souvent Monaco?
Très régulièrement. Dans son roman autobiographique «Benoît Misère», publié en 1970, il décrit sa famille monégasque, le rocher, la grand-mère qui fait la sauce tomate, la grande table du séjour… Il racontait souvent que, vers 4 ou 5 ans, il se baladait sur les remparts de Monaco, et entendait de la musique. Il imaginait alors diriger des orchestres. Puis il se rendait compte que ses copains n’entendaient rien… Il a gardé de Monaco des souvenirs très heureux.

Être aujourd’hui le fils de Léo Ferré, qu’est-ce que cela représente?
C’est très facile! Je ne suis pas un artiste. J’ai une relation avec mon père très saine.
La personnalité, la pensée, la poésie de votre père sont-elles marquantes pour vous encore aujourd’hui? De quelle manière?
Oui cela m’a marqué.C’est une œuvre tellement puissante et importante qu’elle change votre vision du monde. Ce n’est pas de l’admiration pour mon père; plutôt de la reconnaissance.

Agence de Monaco Hommage de la Principauté de Monaco à un de ses fils Léo Ferré. La salle du Canton vient de se voir baptisée officiellement par le prince Albert II de Monaco et SAR la princesse Caroline de Hanovre Espace Léo Ferré. Une manifestation organisée en présence de toute la mairie de Monaco et de la famille du compositeur et chanteur monégasque disparu. Ici les photographies du photographe André Villers présent à cet hommage malgré ses 83 ans.
En juin 2013 était inauguré l’Espace Léo Ferré, notamment en présence du prince Albert II, de la princesse de Hanovre et de Mathieu Ferré, fils du poète. (Photo archive Nice-Matin)


Léo Ferré sur Radio Monte-Carlo. (Photo archive Nice-Matin - DR)

©PHOTOPQR/NICE MATIN/Jean-François OTTONELLO ; MONACO 25/08/2016  tombe de léo ferré au cimétière de Monaco - il aurait eu 100 ans le 24 août 2016Léo Ferré est enterré à Monaco. (Photo Jean-François Ottonello)


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