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"Je me fous de ce qu’on dit de moi": Carla Bruni se confie avant son concert à Monaco

Attendue le 7 janvier sur la scène du Grimaldi Forum pour un concert unique, elle partagera l’intimité de son dernier album et célébrera aussi ses vingt ans de carrière comme chanteuse.

Cedric Verany Publié le 03/01/2022 à 12:30, mis à jour le 03/01/2022 à 11:51
Vingt ans se sont écoulés depuis la sortie de disque Quelqu’un m’a dit, faisant passer Carla Bruni des podiums aux scènes musicales. Photo Yann Orhan

Au bout du fil, le timbre de la voix est reconnaissable entre mille. Cet accent qui chante en demandant s’il fait beau aujourd’hui à Monaco. Carla Bruni pourra en juger par elle-même le 7 janvier, alors qu’elle redémarrera sa tournée par un concert au Grimaldi Forum.

Un retour en somme pour la chanteuse qui, en septembre dernier au Sporting d’été, a animé le gala de Mission Enfance.

"C’était une première date de tournée, un peu particulière, devant un public très élégant, se souvient-elle. Mais chanter devant une assemblée c’est toujours merveilleux", ajoute celle qui ne cache pas son plaisir de remonter sur scène, un lieu qu’elle chérit en amoureuse épanouie. Interview.

 

Retrouver le chemin de la scène est une délivrance après des mois d’attente ?
Exactement, on était vraiment comme ça, en train d’attendre. Ça a été vraiment catastrophique pour les métiers du spectacle. Ça l’est encore toujours un peu parce qu’on ne sait pas comment ça va se passer, mais c’est comme ça, on n’a pas le choix. Dès qu’on fait un disque, on a envie de le défendre sur scène, c’est le process habituel. Je n’ai pas eu de chance, je ne suis pas la seule. Beaucoup de gens comme moi se sont retrouvés à ne pas pouvoir travailler. On espère que tout va recommencer comme avant.

Votre dernier album a un son particulier, intime. On a l’impression d’être assis avec vous en studio, à vous écouter chanter…
Ça me fait plaisir d’entendre ça, car je cherche toujours cette atmosphère d’une véritable intimité dans mes albums. Avec Albin de la Simone qui a réalisé ce disque, nous avons travaillé cette proximité et c’est cette atmosphère que je transporte sur scène. Ce n’est pas un concert spectaculaire, mais plutôt dans la tendresse et l’intimité.

Ce spectacle pas spectaculaire, vous le promenez dans plusieurs pays d’Europe depuis le mois de septembre, comment y réagit le public ?
De manière extrêmement différente selon les pays. Les Russes ne sont pas comme les Allemands, les Coréens ne réagissent pas comme des Italiens, mais tous réagissent plus fort à chaque fois aux mêmes chansons. Notamment Quelqu’un m’a dit que je joue depuis vingt ans avec un certain acharnement. Tout le monde connaît cette chanson !

C’est ce que l’on appelle un tube…
Voilà, j’aurais réussi à faire un tube ! (rires)

L’année 2022 marquera d’ailleurs les vingt ans de la sortie votre premier album. Que gardez-vous de cette époque et de la déferlante du succès pour le mannequin que vous étiez devenu chanteuse ?
Un souvenir délicieux… C’est toujours agréable d’avoir de la chance dans la vie. Pour moi, Quelqu’un m’a dit a été un chemin de plaisir. Tout a été magique. On pensait que ça n’allait pas marcher du tout. Quand le label m’a dit qu’ils prévoyaient une mise en place de 10 000 copies, je leur ai dit qu’ils étaient fous. Que personne n’allait l’acheter, sauf ma mère, ma sœur, mes deux cousines. Quand on a un succès inattendu, c’est comme un miracle, un cadeau de la vie.
Ça ne m’est plus jamais arrivé depuis dans cette mesure. J’ai de la chance d’avoir du succès, de remplir des salles pas seulement en France, mais le bonheur d’un nouveau-né comme ça que le monde entier accueille à bras ouverts pour une raison qui m’échappe complètement, ce bonheur-là on ne le vit qu’une fois. Et sur un premier album, c’est rare.

Avez-vous prévu de célébrer ces deux décennies de cet album fondateur de votre carrière de chanteuse ?
J’ai envie de fêter l’anniversaire de cette chanson, parce qu’il se passe quelque chose d’incroyable avec. Non seulement les gens la connaissent mais ils la chantent. Sur les réseaux sociaux, je vois de toutes jeunes personnes qui reprennent Quelqu’un m’a dit. Ça, c’est un enchantement pour moi…

 

C’est pour cela que vous êtes apparue récemment sur TikTok ?
En fait, je suis devenue TikTokeuse car ma fille a beaucoup insisté, avec acharnement (rires).
Je lui ai dit que je ne pouvais pas aller sur TikTok à 53 ans, que c’est un truc pour les jeunes. Mais justement, en voyant ces innombrables reprises publiées sur TikTok, je me suis inscrite. Tous ces jeunes gens qui chantent ma chanson, au fond, ce sont leurs parents qui l’écoutaient. Récemment, je travaillais avec un musicien qui devait avoir 25 ans.

Il m’a dit que sa mère, tous les matins quand elle l’emmenait à l’école, lui faisait écouter la chanson Raphaël dans la voiture.
Ces chansons que l’on écoute quand on est petits, elles sont fondatrices. Même si ce ne sont pas nos préférées, on y revient toujours.

En parlant de chansons, vous êtes aussi parolière pour d’autres. Est-ce difficile d’offrir des chansons, notamment Le garçon triste, que vous interprétez sur votre dernier album et qui précédemment avait été chanté par Isabelle Boulay. Ce genre de titre intime, n'a-t-on pas envie de le garder jalousement pour soi ?
Non, ça ne me gêne pas de partager les chansons. Je l’avais déjà fait avec Julien Clerc pour Déranger les pierres dont il a écrit la musique et moi le texte. On l’a chanté chacun sur un album, et plusieurs fois ensemble sur scène. Le titre Garçon triste, je l’ai écrit de manière très intime pour l’homme que j’aime et c’est une chanson qui m’est très familière. La version d’Isabelle est très belle car elle a une voix magnifique, moi j’ai plutôt ma plume.

Avez-vous souffert parfois, qu’on vous dise que vous n’avez pas une grande voix ?
Franchement, je n’ai pas non plus la voix de Billie Holliday ! Mais ma voix s’est beaucoup améliorée car on peut la travailler et progresser. Ces critiques ne m’embêtent pas. Vous savez, je me fous de ce qu’on dit de moi, je n’y pense jamais. C’est curieux, c’est peut-être du narcissisme mais ça ne m’intéresse pas. Je trouve que j’ai déjà tellement de chance, c’est normal que des gens n’aiment pas ma voix. C’est comme ça, c’est la vie. Et les critiques, au fond, peuvent être constructives. On apprend le sentiment que l’autre a de soi-même. C’est un enrichissement pour moi, même si bien sûr je préfère que l’on adore ma voix (rires).

En septembre dernier, on vous a vu défiler pour Balmain. Quel rapport gardez-vous avec l’industrie de la mode et cette nouvelle génération de créateurs ?
J’adore Olivier Rousteing, j’aimais aussi beaucoup Virgil Abloh qu’on a perdu récemment. J’aime beaucoup cette nouvelle génération : Riccardo Tisci, Alexandre Vauthier, Maria Grazia Chiuri qui dessine chez Dior. Pour moi la mode, ce n’est pas une industrie, c’est une famille qui ne change pas. Évidemment, les couturiers rajeunissent mais quand j’arrive au milieu d’eux, c’est comme s’ils m’avaient vu hier.

Un privilège dû au statut d’icône de la mode qu’on vous confère pour avoir fait partie de ces top models star des années quatre-vingt-dix ?
J‘ai eu beaucoup de chance de faire partie de cette écurie-là, parce qu’elle porte encore aujourd’hui les honneurs et la reconnaissance. Cela nous a donné une stature un peu iconique alors que nous sommes des mannequins comme les autres. Les planètes se sont alignées sûrement. C’est toujours comme ça pour l’amour, pour le succès. Quand ça ne s’aligne pas, ce n’est pas grave, ça s’aligne à un moment ou un autre. Il ne faut pas perdre confiance en la chance. Je ne me fie d’ailleurs qu’à la chance. Dès que je la vois, je l’attrape même si c’est une miette. Ma chance a été au fond, d’avoir ce tempérament de bondir sur les occasions.

Dans la chanson Un grand amour, vous dites "On doit chercher l’amour, il n’y a rien d’autre au monde, rien d’autre qui compte". C’est un mantra l’amour et rien d’autre, à se répéter en ces temps compliqués ?
Voilà, c’est un mantra, je ne saurais dire mieux. Il n’y a que l’amour qui compte dans la vie. L’amour et la mort, comme un point final. Et il faut tout savourer, sans trop réfléchir.

"Monaco est très romanesque"

Carla Bruni a été résidente monégasque dix ans à l’époque où elle était un top model star au milieu des années 90. Celle qui allait, quelques années plus tard, devenir Première Dame de France, avait son pied-à-terre au Millefiori, comme un certain Karl Lagerfeld.

"Quand j’étais mannequin, je n’avais absolument aucun point stable, je n’ai fait que voyager tous les jours. Mais j’avais un immense plaisir d’être en Principauté, quand je rentrais d’un long périple", se souvient-elle.

"Je trouve que ce lieu est très romanesque. Le mariage entre Grace Kelly et le prince Rainier a laissé cette empreinte très romanesque. J’adore le Rocher, le marché… et puis, tout est ordre, luxe et volupté. Je m’y sentais très en sécurité. On peut se promener dans la rue le soir quand on est une jeune fille ou une femme sans se sentir menacée. Et ça, c’est formidable car à l’époque je me baladais entre des villes qui n’était pas si safe. New York quand j’avais 20 ans, il y avait des drogués et des marginaux dans la rue. J’ai tout de suite apprécié la chance de vivre dans un endroit comme Monaco, sans parler du climat. Le soleil me rend folle de plaisir"

Un plaisir comme une madeleine d’enfance. Vivant à Turin avec sa famille dans sa jeunesse, Carla Bruni se souvient de la route à chaque vacances pour aller jusqu’au Cap Nègre dans le Var, où sa famille possède une maison depuis 1959.

"À l’époque, il n’y avait pas l’autoroute, alors nous traversions forcément Vintimille, Menton, Monaco, Beaulieu. Toute cette zone qui précède l’arrivée dans le Var, c’est toute mon enfance, ça m’est incroyablement familier. Je me sens profondément Méditerranéenne, même si je suis née dans le Piémont, mais dites-moi, qu’y a-t-il de plus beau que cette mer?"

Offre numérique MM+

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