"J’aimerais élargir les objectifs de ma fondation à l’international", confie la princesse Charlène

Sa parole est rare mais pour marquer les dix ans de sa fondation la princesse Charlène s’est confiée sur sa famille, sa santé meilleure, ses engagements et sa vision d’avenir.

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CEDRIC VERANY Publié le 14/12/2022 à 06:30, mis à jour le 13/12/2022 à 22:28
En décembre 2012, la princesse Charlène lançait sa fondation pour proposer des formations pour apprendre aux enfants à nager. Photo Jean-François 0ttonello

Votre fondation célèbre son 10e anniversaire. Parmi tous les projets menés à bien, y en a-t-il dont vous êtes particulièrement fière ?

En dix ans, de nombreux projets ont été créés ou soutenus par ma fondation, de la prévention contre la noyade à l’éducation par le sport des enfants, qui sont les domaines d’actions de la fondation depuis sa création. Trois projets particuliers me viennent à l’esprit. D’abord les Water Safety Days, ces journées de prévention pour la sécurité aquatique, à la fois sportive et ludique, que nous organisons à Monaco et en Corse. Elles sont l’exemple d’activités que nous organisons pour que les enfants bénéficient d’une expérience d’apprentissage complète. Le concept a déjà été exporté aussi en Polynésie française, en Grèce et au Japon. Un autre projet qui me tient particulièrement à cœur : la création du centre de formation polyvalent de Loumbila au Burkina Faso. Avec le support du gouvernement princier et de la Croix Rouge Monégasque, nous avons réinstallé et remodelé le pavillon de Monaco de l’Exposition universelle de Milan, en 2015, pour en faire un centre pour la vie locale. Grâce à la piscine de 25 mètres à côté du bâtiment, la Fondation finance des sessions d’apprentissage de la natation et de prévention contre la noyade à Loumbila, où cette question est cruciale. Nous avons également pu former des secouristes. Enfin, je citerai l’important programme SeaSafe que nous soutenons au Bangladesh et qui permet de dispenser des leçons de natation gratuites pour les gens vivant en zone côtière dans ce pays.

Avez-vous le sentiment que le message porté par la Fondation et par l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre la noyade à travers le monde commence à porter ses fruits ?

Depuis dix ans, ma fondation œuvre pour sensibiliser l’opinion à ce problème et nous avons contribué à cette prise de conscience globale. En 2021, les Nations Unies ont adopté la toute première résolution sur la prévention de la noyade et proclamé une Journée mondiale de la prévention de la noyade, chaque 25 juillet. C’est une opportunité d’unir les initiatives diverses et les associations pour une portée globale. Cette résolution a couronné un travail entamé depuis des années par de nombreuses institutions pour protéger les communautés les plus vulnérables des dangers de l’eau. Spécialement auprès des jeunes enfants. Cette résolution renforce l’action de ma fondation. Pour la première fois, on reconnaît la noyade comme un problème de santé publique majeur tout en mettant en lumière des solutions effectives, qui existent. Les statistiques en attestent. En 2015, 360.000 personnes sont mortes de noyade. Et 2021, le chiffre de mortalité est de 236.000. Ce qui montre une décroissance positive. Je sais qu’en Afrique du Sud notamment, désormais, il existe de nombreuses campagnes anti-noyade, bien plus qu’il n’y en a jamais eu dans le pays. C’est formidable, c’est une victoire.

Quels sont les objectifs de la Fondation pour les années qui viennent et comment souhaitez-vous que son action continue de se développer ?

En dix ans, nous avons soutenu plus de 510 projets dans 43 pays. Plus d’un million de personnes ont bénéficié des actions de la fondation ; plus de 160.000 ont pu apprendre à nager ; plus de 820.000 enfants ont reçu des cours de sécurité aquatique et 45.000 enfants ont bénéficié du programme Sport et éducation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et dans les années qui viennent, nous continuerons nos missions d’éducation et de prévention. Nous sommes fiers du travail accompli, en toute modestie. Il reste beaucoup à faire, mais en une décennie nous avons atteint un niveau remarquable. Et j’espère que nous pourrons doubler nos actions au cours de la décennie à venir, notamment à l’international, où nous pouvons croître encore. Par-dessus tout, j’aimerais élargir les objectifs de la fondation avec davantage d’actions sur les continents africain et asiatique, où les risques de noyade sont les plus importants. Nous continuerons bien sûr, d’accompagner des projets éducatifs. Car nous avons le devoir d’inspirer les générations futures par le sport et la natation ; mais aussi via une éducation globale concernant notre planète et sa préservation.

De nouveaux ambassadeurs vont-ils rejoindre les rangs ?

Oui, nous avons invité de nouvelles personnes à prendre part aux activités de la Fondation et à être nos nouveaux ambassadeurs. Ce sont toutes et tous des personnalités du monde sportif qui ont soutenu la Fondation par le passé, en participant à des levées de fonds ou en partageant leurs expertises et expériences. L’annonce officielle est prévue pour janvier, mais je peux d’ores et déjà le confirmer : le handballeur Jérôme Fernandez, le gymnaste Kevin Crovetto, la championne de sauvetage en mer Stéphanie Barneix, la marathonienne Paula Radcliffe et le tennisman Stefanos Tsitsipas rejoindront nos rangs en 2023.

Son nouveau rôle de présidente de la SPA

Le souverain vous a porté en septembre dernier à la tête de la SPA monégasque. Comment envisagez-vous ce nouveau rôle de présidente ?
Je suis très fière et très heureuse de prendre ces responsabilités au sein d’une association dont la cause est très chère à mon cœur. J’ai grandi en Afrique du Sud, entourée par des animaux. Et je continue aujourd’hui à vivre avec six chiens, des animaux de compagnie, des animaux de la ferme [rires]. Ce rôle de présidente est une grande tâche et je suis entourée par une superbe équipe qui, elle aussi, aime les animaux. Notre priorité aujourd’hui est leur bien-être. La construction d’un nouveau refuge, qui sera achevé pour décembre 2023 à Peille, nous permettra d’accueillir encore davantage d’animaux.

C’est un immense challenge…
En effet, mais c’est un beau challenge. L’une de nos idées est de réduire le temps que les animaux recueillis passent au refuge, en encourageant le public à venir les adopter. Nous voulons aussi étendre notre action, en faisant de ce refuge une maison de repos pour les animaux, ce qui n’existe pas en Principauté. J’entends aussi renforcer la sensibilisation, notamment dans les écoles, auprès des enfants, pour leur expliquer qu’adopter un chien ou un chat implique des responsabilités et des devoirs. Et de rappeler qu’un animal de compagnie n’est pas un jouet. Il me semble important de diffuser un message auprès des jeunes populations, mais aussi auprès des personnes qui pourront venir visiter notre refuge. Les animaux offrent du confort, de l’amour, un compagnonnage, mais c’est aussi de notre responsabilité de prendre soin d’eux.

Sensibilisez-vous vos enfants à la cause animale ?
Bien sûr ! J’ai eu cette chance de grandir en Afrique du Sud aux côtés de nombreux animaux, où la préservation de la nature est une composante de ce pays. C’est très important pour moi aussi d’inculquer ces valeurs à mes enfants. Et nous avons pu les sensibiliser à ces questions, à plusieurs reprises lors de voyages familiaux sur place.

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