ENTRETIEN. Naomi Campbell: "J'ai choisi de me battre pour l'enfance"

Au départ hier du Monaco ePrix, le « supermodel » a dévoilé le programme de la soirée qu’elle présidera pendant le Festival de Cannes au profit des enfants réfugiés

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FRANCK LECLERC Publié le 15/05/2017 à 06:15, mis à jour le 15/05/2017 à 06:42
Naomi Campbell, à l'hôtel Hermitage de Monaco - mannequin - Naomi Campbell Jean-François Ottonello
Naomi Campbell, à l'hôtel Hermitage de Monaco - mannequin - Naomi Campbell Jean-François Ottonello.

Un seul ePrix mais tous épris! Hier à Monaco, les têtes ont tourné plus vite que les autos. La faute à Naomi, la « black beauty ». Peau de velours mais volonté de fer. Reine des podiums et femme de cœur. Au service d’une cause supérieure: la défense des enfants sur fond de crise des migrants. La belle, sublime panthère, mobilisera tous les ressorts de sa fondation le dimanche 21 mai prochain, lors d’une soirée de gala à l’aéroport de Mandelieu. Un dîner Fashion for relief, ou la mode au secours des réfugiés.

C’est votre deuxième soirée à Cannes. Quel objectif?

Notre but est de secourir les enfants d’une façon globale, mais tout spécialement ceux d’entre eux qui sont touchés par la crise des migrants. Lors du précédent gala de Fashion for relief à Cannes, en 2011, nous avions réuni près de mille participants. Cette fois encore, la soirée est ouverte à tous à condition, bien sûr, d’acheter un ticket puisque notre ambition est de collecter des fonds. Les réservations sont ouvertes!

Peut-on en savoir plus sur le programme de cette édition?

Le dîner sera suivi d’un défilé de mode et il n’est pas exclu que je fasse un petit tour sur le podium. Nous aurons bien sûr plusieurs célébrités, mais je ne dévoile jamais les noms avant. C’est ce qui donne toute sa saveur à chaque ticket que nous vendons.

Votre engagement a débuté avec le soutien de Nelson Mandela. Beau parrainage!

C’était en 1993. Je n’avais aucune intention de m’investir dans le domaine caritatif. Honnêtement, je n’avais même jamais entendu prononcer le mot « philanthropie ». Mais j’aimais tellement cet homme et il m’a tant appris… sur la vie.  Sur l’humanité. Et même sur des questions du quotidien. D’ailleurs, il ne me quitte jamais… [elle montre l’écran d’accueil de son téléphone: on la voit au côté de Mandela, ndlr]. En tout cas, dès que notre échange a commencé, il m’a expliqué que je pouvais utiliser mon nom autrement qu’à des fins égoïstes et m’a envoyée sur le terrain. C’est comme ça que tout a débuté. Rien n’était planifié, il se trouve simplement que j’ai adoré ça, j’ai donc continué.

Pour beaucoup, la mode est une activité futile…

C’est vrai. Mais je suis un mannequin, c’est toute un pan de ma vie. J’aime cette activité et je ne la renierai jamais. Elle m’a permis de voyager dans le monde entier, de faire des rencontres extraordinaires et surtout de créer cette fondation qui m’a enseigné le goût d’aider. J’ai besoin d’action. Je ne sais pas rester à ne rien faire. Même quand j’ai cessé d’exercer mon métier pendant cinq ans, à l’époque où je vivais à Moscou, je m’occupais de Fashion for relief.

Jamais découragée?

Ce n’est pas dans mon tempérament. Je suis comme une araignée: je tisse ma toile et je m’accroche. Peu importe la fatigue, je m’engage à 100 %. Il y a tellement à faire pour donner un avenir à des enfants qui n’ont connu que les bombes et n’ont même plus accès à l’éducation. Il y a tellement à faire tout court! Le HIV, le cancer… Bien sûr que l’on ne peut pas être en même temps sur tous les fronts.

J’ai choisi de me battre pour l’enfance, c’est la cause la plus chère à mon cœur et cela dure maintenant depuis vingt-cinq ans. Je fais de mon mieux, en veillant à ce que ne soit pas gaspillé le moindre penny.

Des réfugiés arrivent tout près d’ici. Que dire à ceux qui s’en inquiètent? 

Je comprends qu’il puisse y avoir de l’inquiétude dans l’opinion publique européenne. La seule chose à dire, c’est que ces enfants sont innocents et qu’ils ont juste besoin d’aller à l’école. Nous sommes gâtés par la vie. Moi spécialement.

Eux, non. Et chacun d’entre nous peut agir. Un exemple: si ce gala du 21 mai peut avoir lieu, c’est parce que tout le monde se mobilise. Depuis les couturiers et les mannequins qui donneront de leur temps jusqu’aux gens qui construiront la scène, en passant par celles et ceux qui auront payé pour assister à la soirée.

Vous mesurez votre chance?

Je suis issue de la classe ouvrière. Je suis née dans un milieu où l’on n’avait aucun privilège. Alors oui, je mesure ma chance à chaque instant.

Vous avez salué l’élection de Macron. C’était un tweet de soulagement? 

J’étais très heureuse. Que croyez-vous? Je suis une femme de couleur et j’ai un attachement très fort à la France. Que serait devenu ce lien si l’extrême droite avait gagné? J’aime le parcours de cet homme. Il est jeune, il est brillant, je pense que son élection est une grande chance pour ce pays, malgré les divisions qui resteront.

Agressée en 2012 à Paris, vous voilà réconciliée avec la France?

 Je me suis toujours sentie en sécurité à Paris et cette attaque m’a traumatisée. Il m’a fallu sept mois avant de pouvoir y remettre les pieds. Mais à mon retour, j’ai embrassé la rue où j’ai failli laisser la vie. Vraiment! Des hommes qui m’avaient suivie depuis l’aéroport voulaient arracher mon sac. J’ai résisté, ils m’ont blessée. Impossible de marcher pendant huit semaines.

Une intervention chirurgicale au genou gauche. Mais aujourd’hui, ces types sont en prison. La police française a été très efficace, mes avocats ont été parfaits, la justice a été rendue. Dieu m’a protégée, tout est OK.

Où fêterez-vous votre anniversaire le 22 mai?

 

 Honnêtement, ce n’est pas un sujet de préoccupation. Ma soirée de gala se déroulera la veille. Le plus beau cadeau que l’on puisse me faire, c’est de m’aider à rassembler des fonds pour ces enfants.

 Fashion for relief - Every last child. Tickets à partir de 3000 euros. Rens. events@fashionforrelief.info

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