"Elle faisait le spectacle": quand Gina Lollobrigida passait ses soirées au restaurant Le Pirate à Roquebrune-Cap-Martin

La grande actrice italienne, disparue lundi à l’âge de 95 ans, était une habituée du restaurant Le Pirate. Mais elle venait plus largement sur le secteur, avec ses amis, dès qu’elle le pouvait.

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Alice Rousselot Publié le 18/01/2023 à 12:30, mis à jour le 18/01/2023 à 12:16
Gina Lollobrigida lors de l’une de ses soirées passées au Pirate, à Roquebrune. Photo archives NM

Qui dit célébrité à Roquebrune dit souvent soirées enflammées au Pirate. Aussi, on ne s’étonnera pas véritablement d’apprendre que Gina Lollobrigida - la grande actrice et photographe italienne disparue lundi - se rendait souvent au restaurant mythique du cap Martin.

La femme du "Pirate", Debla, se souvient d’une femme charmante. Magnifique à tout âge. "Elle est venue beaucoup de fois ici, dès qu’elle se rendait à Nice ou à Monaco. Elle était toujours avec quelques amis. Gina adorait danser. Elle était très sympa. Mais elle avait son caractère! C’était la diva, elle faisait le spectacle", résume Debla.

Précisant que c’est son mari qui s’occupait d’elle. Lui servant lui-même les plats, les boissons. Comme il le faisait avec tous les clients de prestige. "Quand je vois tous ces gens que j’ai connus jeunes qui disparaissent… C’est difficile, mais je me dis qu’ils ont vécu les meilleurs moments. Et nous, on gardera d’eux un souvenir incroyable."

Omar Sharif ou César Luis Menotti à sa table

Serveur au Pirate - où il a connu "tout Hollywood" - jusqu’en 1985, Juanito garde quant à lui l’image d’une personne "très élégante". Agréable avec les employés.

"Elle ne buvait pas d’alcool; toujours de l’eau", assure-t-il. De mémoire, il se rappelle l’avoir vue dans l’établissement en 1975, en 1979 et en 1980. Bien qu’elle soit revenue après son propre départ. "Un soir, il y avait Omar Sharif à sa table. Un autre, Menotti, l’entraîneur champion du monde avec l’Argentine. Même si à chaque fois ils étaient 7 ou 8. Tous logeaient à l’hôtel de Paris et se retrouvaient au Pirate."

Les célébrités avaient pour habitude de venir sur place soit avant d’aller au casino. Soit après. Et s’ils avaient gagné, l’amusement n’en était que plus intense. Avec plus de vaisselle cassée qu’à l’accoutumée.

Parmi les anecdotes concernant Gina Lollobrigida, Juanito repense au jour où elle a perdu une dent. "Elle s’est levée de table, et elle est repartie à l’Hôtel pour voir un dentiste…"

Dans un article de 1997 consacré au photographe irlandais Edward Quinn, le journal Libération évoquait la venue de l’actrice sur le secteur en 1955, à proximité de la page du Buse.

"Silvana Mangano habite à Roquebrune-Cap-Martin dans une villa fastueuse, Casa del Mare, gardée par sept domestiques italiens. Son mot d’ordre : que personne ne la dérange! Mais après une retraite d’un an et demi, elle acceptera que Mister Quinn l’immortalise en train de jouer à la "Boccia" avec Dino de Laurentiis et Gina Lollobrigida, les épaules protégées par un vison." Comprendre: à la pétanque.

Prises au même moment, et au même endroit, deux autres photos sont entrées dans la postérité. L’une de Gina et Silvana assises dans un canapé fleuri. L’autre des deux stars sur la terrasse de la villa.

En 2010, une autre photo de Gina Lollobrigida a été exposée à Menton, à l’occasion de la 77e Fête du citron. On honorait alors les récipiendaires des prix Orange et Citron - remis aux personnalités du 7e art les plus agréables… et les plus désagréables.

À partir de 1953, la Ville, temple des agrumes, s’était en effet associée au prix en offrant aux lauréats des corbeilles de fruits (de leur poids!).

Le maire décernait lui-même les trophées lors de la réception chez Maxim’s. C’est en 1959 que Gina s’était vu remettre un Prix Orange, symbole de courtoisie à l’égard de la presse cinématographique - aux côtés de Gilbert Bécaud et Henri Verneuil. Cette même année, le prix citron (bien plus acide, et bien moins flatteur) revenait à Pascale Petit, Darry Cowl et Louis Malle.

Mais de l’avis de tous ceux qui l’ont côtoyée, sur le secteur comme ailleurs, Gina Lollobrigida était bien trop avenante pour mériter l’opprobre des observateurs.

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