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"Édith était le contraire de l'image noire qui lui colle à la peau. On a tellement ri."

Mis à jour le 18/12/2015 à 05:14 Publié le 18/12/2015 à 05:14
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"Édith était le contraire de l'image noire qui lui colle à la peau. On a tellement ri."

« J'ai la sensation que c'est la dernière fois que je fais quelque chose comme ça pour Édith… Après la célébration de son centenaire, que pourra-t-on faire de plus ?

« J'ai la sensation que c'est la dernière fois que je fais quelque chose comme ça pour Édith… Après la célébration de son centenaire, que pourra-t-on faire de plus ? »

Dans la voix de Ginou Richer, qui fut, quinze années durant, l'amie la plus proche de Piaf, partageant son quotidien 24 heures sur 24, nulle tristesse cependant à l'évocation de celle qu'elle considère comme sa « jumelle » de cœur. Et dont elle continue à porter le parfum, « Citronnelle », de Balmain, une fragrance qu'elle se procurait à l'époque « par litres » histoire de nous faire sentir la présence d'Édith, jusque sur le plan olfactif. Véritable concentré de bonne humeur à l'énergie intacte, à 88 ans, « Girou », comme l'appelle affectueusement, entre autres, Marion Cotillard, qui lui a crié « Je t'aime ! » en décrochant son César en 2008 pour La môme, est toujours prête à tordre le cou, avec une volonté farouche, aux idées reçues sur Édith. Sa façon à elle de faire revivre Piaf, en pourfendant nombre de calomnies véhiculées sur le compte de cette femme et artiste d'exception, qui aurait « sans doute adoré Zaz, Louane et Anne Carrère ». « C'est précisément la raison pour laquelle j'ai fait ce livre, écrit en 2007 et réédité par Denoël à l'occasion du centenaire, explique-t-elle, pour rétablir la vérité ».

À commencer par l'image très sombre collant à la peau d'Édith : « Elle était le contraire de ça. On a piqué tellement de fous-rires, y compris à la Maison Blanche, en pleine célébration du jour de l'An. C'est même parce qu'elle appréciait cette gaieté qu'elle m'a gardée auprès d'elle. » Une complicité qui a vu le jour grâce à Guy Bourguignon, l'un des Compagnons de la chanson, dont Ginou était la petite amie. « Il m'avait emmenée clandestinement en Norvège, Édith supportant mal la présence d'autres femmes, surtout si elles étaient jolies, autour des Compagnons. Elle est venue dans la chambre où Guy m'avait cachée, et m'a intimé de rentrer à Paris, s'attendant à des protestations. Je lui ai répondu, chouette, j'étais venue pour vous voir, et comme on me l'interdit… » Cinq minutes après, Ginou était engagée par Édith, pour l'aider à se coiffer et à s'habiller.

Une générosité et une propension à faire confiance dont l'auteur de L'hymne à l'amour, (chanson prémonitoire d'ailleurs, dixit Ginou, puisqu'Édith l'avait écrite avant la disparition de Marcel Cerdan et non pas après, comme l'ont affirmé certains) a souvent fait les frais. « On a dit qu'elle était droguée… En réalité, c'était Cécile, son infirmière, qui l'avait rendue dépendante à la morphine après son accident de voiture, en lui injectant des doses très élevées, alors qu'elle aurait dû au contraire les diminuer. Cette femme sans scrupule faisait cela lorsqu'elle était de garde à partir de quatre heures du matin, pour la faire dormir et avoir la paix. Lorsqu'on s'en est rendu compte, et qu'on a congédié cette infirmière, c'était trop tard, Édith ne pouvait plus se passer de ses « calmants… » Autre cliché : celui de la croqueuse d'hommes, lubrique à souhait, n'hésitant pas à faire des avances très poussées en public à ses « proies ». « Édith était au contraire très pure dans ses sentiments, que ce soit en gestes ou en paroles. Elle y croyait pour de bon, à chaque fois. Et elle était toujours d'une pudeur extrême… » Mais l'amour de sa vie, confirme Ginou, était bel et bien Marcel Cerdan. Une vie supposée « dissolue », donc, qui a valu à Piaf décédée d'être transportée directement au cimetière, sans cérémonie religieuse, elle qui était pourtant si pieuse et volontiers encline à faire des dons que ce soit à des nécessiteux ou à l'Église.

Mystique, Édith s'était par ailleurs toquée de spiritisme, particulièrement après la mort brutale du boxeur de son cœur dans un accident d'avion. « Elle avait d'ailleurs de réels talents médiumniques, assure Ginou. Et comme elle me l'avait promis, je me sens toujours protégée par Édith. Elle a refusé une fois de prendre un avion qui s'est effectivement crashé. Avant de mourir, elle m'avait annoncé que mon fils, atteint de la maladie bleue, guérirait, que je me sortirai moi-même d'un très grave cancer, que je finirai par quitter mon mari, et qu'elle veillerait sur moi. Toutes ses prédictions se sont réalisées. Une fois aussi, Marion Cotillard et moi avons senti sa présence, à la fin du tournage de la dernière séquence de La Môme. Toute l'équipe m'a vue monter sur scène ajuster la robe de Marion, exactement comme je le faisais avec Édith, et la prendre dans mes bras au sortir de sa prestation, alors que je n'ai aucun souvenir de cela. J'étais convaincue d'être restée assise derrière les figurants. Je me rappelle juste avoir ressenti ce jour-là, à cet instant précis, la présence de Piaf, son parfum… » Éternelle Piaf, si présente, au-delà du temps, des modes, des codes, des frontières et des convenances. Une « Môme » de 100 ans qui n'a assurément pas pris une ride… pour notre plus grand plaisir.

Ginou avec Édith et Jacques Pills, son premier mari, sur la plage du Majestic à Cannes.	(DR)

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