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Comment le Rolex Monte-Carlo Masters est devenu le premier rendez-vous mondain de la saison

De par son histoire liée à la Principauté et à la famille princière, et de par son site unique au monde qui plonge dans la Méditerranée, le tournoi monégasque est le premier rendez-vous mondain de la saison.

Julie Baudin Publié le 16/04/2022 à 15:17, mis à jour le 16/04/2022 à 15:17
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Johnny Hallyday et le prince Albert II en 2001 Photo DR

Errol Flynn, Michèle Morgan, Ginger Rogers, Lino Ventura, Cary Grant. Ou encore Sean Connery, Roger Moore, Alain Delon, Johnny Hallyday, Sylvester Stallone… Des mannequins aussi, des têtes couronnées, des stars de la télé et de la chanson. Et de grands sportifs.

Tous ont un jour siroté une coupe de champagne à la terrasse du Monte-Carlo Country Club et emprunté le couloir feutré du club des VIP avant d’assister à quelques échanges de balle sur ce central unique au monde, où le bleu de la Méditerranée contraste avec le rouge de la terre battue.

Des passionnés bien sûr, le regard fermement agrippé à la petite balle jaune, mais aussi des stars et personnalités qui viennent pour se montrer et être vu.

Bono et Nadal en 2011 Photo DR.

Ce site où est venu se nicher en 1928 le MCCC y est aussi sans doute pour beaucoup. Le soleil perçant du printemps qui s’est installé aidant, il agit comme un aimant.

 

"Le Rolex Monte-Carlo Masters est en effet le premier rendez-vous mondain du printemps. Et il y fait généralement toujours très beau, confie Melanie-Antoinette de Massy, la présidente du Monte-Carlo Country Club. C’est tellement agréable, au sortir de l’hiver, de pouvoir passer du temps au soleil, dans ce site, en regardant les plus grands champions dans des matchs de tennis extraordinaires. Tout cela fait la réussite et l’image du Rolex Masters qui attire beaucoup de monde."

Car ce tournoi porté par des sponsors d’envergure - l’historique Rolex, mais aussi Maserati, Replay… - est un événement où il faut être vu.

On y croise ainsi de jeunes femmes qui ont sorti pour la première fois leur tenue estivale. Et parmi ces toilettes celles qui seront les "it" de l’été.

Les mannequins Maxwell Stella et Elizabeth Goulart cette année. Photo Jean-François Ottonello.
Le prince Albert II et Karen Mudler en 1998 Photo DR.

Les hommes d’affaires sont aussi au rendez-vous pour discuter "business" avec de potentiels et futurs partenaires, que ce soit dans le secret d’une loge VIP, à la terrasse du restaurant au-dessus du cours central ou à celui plus intimiste de la piscine, ou encore dans le village officiel des partenaires,

"Au-delà de l’événement sportif, le tournoi a aussi une fonction sociale très importante explique Alain Manigley, le président administrateur délégué de la Société Monégasque pour l’Exploitation du Tournoi de Tennis. On vient ici aussi pour faire des affaires, c’est incontestable."

 

Pour autant, le Rolex Monte-Carlo Masters a aussi une image très populaire. "En 1970 quand Zeljko Franulovic [le directeur actuel du tournoi, ndlr] a gagné la finale, il y avait 1.700 réservations de billets. Aujourd’hui on est à 140.000. À l’image du tennis qui s’est popularisé, le tournoi de Monte-Carlo s’est aussi démocratisé reconnaît Alain Manigley. Et cela se confirme aussi parmi les personnalités qui sont mises à l’honneur sur cet événement par les sponsors, comme il y a quelques jours avec Neymar. C’était la première fois qu’il venait et il en garde un très bon souvenir. Il a apprécié ici le côté très décontracté de ce tournoi, certains ont d’ailleurs pu le voir échanger quelques passes avec Novak Djokovic avec une grosse balle de tennis. Un très joli moment pour le public présent."

Pour Melanie-Antoinette de Massy, la présidente du Monte-Carlo Country Club, c’est aussi ce qui fait aujourd’hui la force de l’événement. "Pour moi, que tout le monde puisse venir profiter de ce spectacle, c’est tout aussi important que d’avoir des personnalités. C’est un plaisir de voir tous ces spectateurs, heureux, peu importe qui ils sont."

Jean-Claude Van Damme en 2012 Photo DR.

Du Tir aux pigeons près de l’Hôtel de Paris à l’écrin du MCCC

L’histoire de ce tournoi hors normes commence à la fin du XIXe siècle avec l’arrivée des Britanniques en Principauté et avec eux les premières parties de tennis jouées à Monaco.

Un sport novateur qui attire à l’époque bon nombre d’aristocrates et de têtes couronnées. En 1897 est organisé au Tir aux pigeons, près de l’Hôtel de Paris, le premier tournoi de tennis de l’histoire monégasque.

Il y restera jusqu’en 1905, puis sera organisé sur un terrain de la Condamine, avant d’atterrir au début des années 1920 sur le toit de l’Auto-Rivera, un garage alors situé à Beausoleil. Ce sera là son avant-dernier mouvement.

Les soirées mémorables de Gloria Butler au Sporting d’Hiver

Grâce à George Butler, un richissime Américain qui a fait fortune dans la cigarette, une grande étape va être franchie. Féru de tennis, il trouve anormal que les champions de l’époque – Lacoste, Suzanne Lenglen – jouent sur un toit, il va donc militer auprès du souverain Louis II pour la construction d’un tennis d’envergure en adéquation avec l’image de la Principauté.

En 1928, l’inauguration du Monte-Carlo Country Club a lieu en présence du prince Louis II et d’un parterre de têtes couronnées, dont le roi de Suède, Gustave V.

La famille Butler va marquer les premières années du tournoi. Dans le sillage de son père, Gloria Butler va défendre le site du Monte-Carlo Country Club et va le faire entrer dans la légende grâce aux soirées mémorables qu’elle va organiser, durant 21 ans, au Sporting d’Hiver.

Victoria Silvstedt cette année Photo Jean-François Ottonello.

"Chaque édition attire des personnalités"

Sur les terres rouges du Rolex Monte-Carlo Masters, il est pour tout le monde la mémoire de l’événement. Alain Manigley travaille depuis 33 ans sur le tournoi. À son initiative, un livre de photos souvenirs a été édité, d’abord pour les 100 ans du tournoi, puis en 2019 pour les 123 ans. Rencontre avec ce grand Monsieur.

Ce tournoi qui est un grand événement sportif est-il aussi un événement mondain?

Cela dépend quel sens nous voulons donner au mot mondain. Ce qui est sûr c’est que ce tournoi attire beaucoup de monde et des people, hier comme aujourd’hui. Les premières années du tournoi ont notamment été marquées par la venue de personnes issues de la haute société qui, dans les années 20 et 30 étaient les seules à pouvoir bénéficier de loisirs comme le tennis. Là nous pouvons parler de mondains.

Qui sont ces personnalités?

De par l’histoire du tournoi et le lien avec la famille princière, il y a eu dès les premières années des têtes couronnées, comme le prince André de Russie en 1939 ou la reine Sophie d’Espagne. Sont aussi venues des personnes du gotha comme Barbara Hutton la milliardaire américaine qui a créé Pepsi Cola dans les années 30. Dans les années 1950, des stars d’Hollywood sont passées ici. Je pense à Errol Flynn en 1950, l’actrice Michèle Morgan et Ginger Rogers en 1952, ou encore Eddie Constantine et Lino Ventura en 1954 et Cary Grant en 1961. Ces noms font rêver ! Il y a aussi, depuis longtemps, beaucoup de sportifs et des artistes. Aujourd’hui encore chaque édition attire quelques personnalités connues.

Le profil du public a-t-il changé en 125 ans et 115 éditions?

Oui assurément. C’était sûrement plus mondain dans les années 20 et 30. Aujourd’hui le tournoi est devenu un événement très populaire. Et c’est aussi lié au tennis: très sélect dans les années 20, ce sport a su évoluer et s’est démocratisé. Et cela se voit dans les tribunes et dans les profils des personnalités qui viennent. Nous avons eu par exemple cette année Neymar qui était invité par un sponsor. Il a un côté très populaire.

On a coutume de dire que le tournoi de Monte-Carlo ouvre la saison des grands événements people de la Côte d’Azur. Qu’en pensez-vous?

Oui bien sûr. Le site exceptionnel combiné à l’arrivée des beaux jours et à la présence de sponsors prestigieux comme Rolex ou Maserati, font de ce tournoi le premier événement de la saison. On y vient pour voir du tennis, pour se montrer et pour faire des affaires. Ceci dit, il faut tout de même rester lucide. Quand il y a le festival du film à Cannes, le tout Paris descend. Mais quand il y a le tournoi de Monte-Carlo, ce n’est pas le cas. Et puis, même si le Rolex Monte-Carlo Masters est un grand tournoi avec une histoire fantastique, ce n’est pas non plus un tournoi du Grand Chelem comme peut l’être Roland-Garros, qui lui est un vrai aimant à people.

Il est pourtant plébiscité par les grands joueurs?

Oui les meilleurs joueurs du monde sont venus, peut-être en plus grand nombre que dans d’autres masters 1 000 d’ailleurs. Ils viennent d’abord car certains sont résidents monégasques. Mais aussi parce qu’il y a ici, comme je le disais, un lieu exceptionnel. La mer au pied du central, ça n’existe nulle part ailleurs. Ils nous disent être attachés à ce tournoi aux infrastructures à taille humaine où ils reçoivent aussi un accueil sur mesure : je pense par exemple à la soirée privée que nous leur organisons [en raison de la crise sanitaire, elle n’a pas été organisée cette année, ndlr]. Et puis dans quel autre tournoi la coupe du vainqueur est-elle remise par un chef d’État qui est aussi un souverain ? Il n’y en a pas d’autre.

Sir Sean Connery Photo DR.
Bob Sinclar en 2014. Photo DR.
Marco Verrati et son épouse cette année. Photo Jean-François Ottonello.
Le prince Albert II et Sylvester Stallone dans les années 80. Photo DR.
Neymar cette année. Photo DR.
Alain Delon et Björn Borg en 1991. Photo DR.
Mbappe en 2017. Photo DR.
Lino Ventura en 1954. Photo DR.
Arielle Dombasle et Richard Anconina. Photo DR.
Djibril Cissé cette année Photo Jean-François Ottonello.

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