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BB dit adieu à son trop coûteux trimaran Brigitte-Bardot

Après dix années d’ardentes actions en mer, le trimaran quitte la flotte Sea Shepherd contre l’avis de son médiatique fondateur, Paul Watson. Le navire d’intervention était devenu trop coûteux...

Laurent Amalric (lamalric@nicematin.fr) Publié le 06/10/2021 à 17:43, mis à jour le 07/10/2021 à 12:35
Le bateau avait été baptisé sur le quai d’honneur du port de La Ciotat en mai 2011 en présence de Paul Watson. La coque et le dessin de la guerrière qui l’ornait seront revus quelques années plus tard. Photo Var-matin et DR

Sa silhouette fuselée était redoutée à travers les océans. Le Brigitte-Bardot n’est plus le fleuron de la flotte Sea Sheperd, l’ONG qui s’évertue depuis 1977 à lutter contre la destruction de la vie et de l’habitat marin.

Lors de son rachat en 2010 pour 900 000 euros de l’époque, il avait été financé pour quasi-moitié (370 000 euros) par la Fondation Brigitte Bardot. La décision de s’en séparer aurait été prise par le conseil d’administration de Sea Sheperd U.S.A., contre l’avis du fondateur canadien de l’organisation, Paul Watson.

Si du côté de Brigitte Bardot, on ne commente pas le bien-fondé ou pas de ce choix, les explications sont là.

Rapide, craint, mais très onéreux...

"Ce genre de bateau très spécial, transformé en bateau d’intervention, est plus fragile qu’un chalutier. Certes, il est rapide, mais le revers de la médaille c’est qu’il vieillit plus vite et demande un entretien plus poussé. Le maintenir dans la flotte Sea Sheperd était devenu trop coûteux...", indique Christophe Marie, bras droit de Brigitte à la Fondation.

 

Cette dernière ne participait pas aux coûts de fonctionnement - plusieurs millions par an ! - mais apportait encore une aide ponctuelle, comme lors du dernier changement de moteurs dont la note salée atteignait 80.000 euros.

Pour autant, il n’est pas prévu de « retour » sur le produit de la vente réalisée cette saison. « Nous considérons que le bateau a très bien servi nos actions et que l’investissement est donc rentabilisé », assure Christophe Marie.

B.B. à jamais fière du bateau

Le design original du bateau lorsqu’il s’appelait encore Gojira Photo Var-matin et DR .

On se souvient d’une Brigitte Bardot émue qui, un début de soirée de septembre 2014, avait quitté la Madrague et bravé sa hantise de la foule pour saluer l'équipage et faire face tout sourire à sa blonde effigie peinte à la proue du bateau ancré le long du quai tropézien.

"Je suis très fière de vous et de ce bateau. Moi aussi je suis une guerrière! Je vous aime!", avait-elle déclaré tout en ayant une pensée pour le "capitaine de (s)on cœur!", Mr Watson, alors "fugitif international", reçu deux mois plus tôt chez elle en secret.

Le célèbre trimaran a été acquis par Oceanic Assistance, société de sauvetage de navires au large. Basée à Lorient, elle a rebaptisé le navire Merida après l’avoir "relooké". L’histoire ne dit pas si le "package" englobait les photos dédicacées de la marraine B.B. qui ornaient les carrés du navire.

Un bateau de course devenu corsaire des mers

Avec ses 35 mètres de long et 14 de large, le Brigitte-Bardot avait de quoi asticoter les braconniers du monde entier.

Son ossature en fibre de verre propulsée par deux moteurs de 500 chevaux pouvait lui faire atteindre 25 nœuds (46 km/h), ce qui en faisait le plus rapide de la flotte Sea Shepherd.

Spécialement conçu au Royaume-Uni en 1998 pour effectuer un tour du monde record, le trimaran Ocean 7 Adventurer a été acheté par Sea Shepherd en 2010 puis rebaptisé Gojira (prononciation originale de Godzilla) pour rejoindre l’Opération No Compromise en Antarctique.

Procès et avarie pour commencer

Après une action en justice intentée par les producteurs du film Godzilla, un autre nom a dû lui être trouvé et il a été renommé Brigitte-Bardot. L’occasion d’une cérémonie officielle à La Ciotat en mai 2011.

Pour mémoire, Brigitte avait accompagné Paul Watson lors de la campagne de défense des bébés phoques en 1977, au Canada. Sa contribution avait braqué les projecteurs du monde entier sur ce massacre jusque là ignoré de tous.

Lors de sa première mission, en 2011, la coque du navire avait été fendue par une vague de six mètres pendant l’Opération Divine Wind, en pleine poursuite d’un baleinier japonais...

Flotte vieillissante

Le multicoque s’était ensuite illustré aux îles Féroé contre le massacre des globicéphales, dans le Pacifique Sud pour enrayer la coupe illégale des ailerons de requins, au Cap-Vert pour protéger la vie marine de l‘archipel, en Italie pour préserver la réserve marine de Plemminio ainsi que dans divers océans pour récupérer les filets fantômes qui font, chaque année, des millions de victimes...

Le conseil d’administration de Sea Shepherd Monde, à la barre d’une flotte vieillissante, n’a pour l’heure pas prévu de remplacer son valeureux "corsaire des mers".

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