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Guerre en Ukraine: "La responsabilité de la guerre incombe d’abord à l'Otan", selon le maire de Fréjus David Rachline

Le maire (RN) de Fréjus David Rachline se dit prêt à accueillir des réfugiés ukrainiens dans sa ville. L’élu aux lointaines origines ukrainiennes plaide pour la prudence et la diplomatie.

Grégory Parigi Publié le 03/03/2022 à 07:00, mis à jour le 03/03/2022 à 06:51
Le maire de Fréjus David Rachline. Photo Philippe Arnassan

Fréjus est-elle prête à accueillir des réfugiés ukrainiens?

Il n’est pas exclu, si cela était nécessaire et si des réfugiés ukrainiens arrivaient dans la région, que la ville soit à l’initiative avec ses partenaires de l’État. Cela pourrait se traduire par l’aménagement de salles et la mise à disposition de nourriture et de médicaments. Avec notre tissu associatif, nous serions en mesure de répondre à cette exigence d’humanité envers ces réfugiés de guerre.

En 2016, votre Conseil municipal a adopté une charte "Ma ville sans migrant". N’est-elle pas incompatible avec cet accueil?

 

À l’époque, on souhaitait, par une charte qui n’a aucune valeur juridique, appeler le Gouvernement à arrêter d’accueillir des centaines de milliers de migrants chaque année. Il ne s’agissait pas de Réfugiés politiques... Dans ce cas on aurait pu en discuter. En ce qui concerne les réfugiés Ukrainiens, je veux être clair. Charte ou pas charte, la ville sera à l’initiative s’il y avait des arrivées de personnes dans le besoin ici à Fréjus.

Le fait que les Ukrainiens soient majoritairement Chrétiens fait-il une différence?

Non, ce n’est pas le sujet. Mais l’Ukraine n’est qu’à quelques encablures d’ici. Il s’agit pour l’essentiel de femmes et d’enfants puisque les hommes sont au combat et résistent à un envahisseur. C’est différent de l’épisode de la Syrie ou on a vu arriver presque exclusivement des hommes en âge de se battre et qui pouvaient être accueillis par les pays voisins.

Vous sentez-vous particulièrement concerné par la crise actuelle du fait de vos lointaines origines ukrainiennes?

Je n’ai pas pour habitude de parler de ce qui me touche personnellement. D’autant qu’il s’agit d’arrière-grands-parents. Je n’ai donc absolument pas évolué dans une culture autre que la culture française. Je n’ai pas de sensibilité particulière, si ce n’est que je le sais. Donc, il est vrai que je m’intéresse peut-être davantage à ces sujets. C’est possible.

 

Qu’avez-vous éprouvé en apprenant l’intervention militaire russe en Ukraine?

On ne peut qu’être que terrifié par ce qui se passe. Mais cette guerre n’est que la continuité de la guerre qui a lieu là-bas depuis maintenant huit ans. Après les accords de Minsk II (février 2015, Ndlr), les deux régions ukrainiennes en question auraient dû être autonomes. Ces accords n’ont pas été respectés par la Russie, mais aussi et surtout par l’Ukraine qui a passé son temps à bombarder ces deux régions. Au cours des dernières années, la Russie a demandé une position claire à l’Ukraine en ce qui concerne son rattachement à l’Otan et à l’UE. Or, elle n’a pas été capable de répondre clairement. Au contraire, elle a passé son temps, avec les États-Unis, à expliquer qu’il fallait absolument qu’elle rejoigne très vite l’Otan. La responsabilité de cette guerre incombe d’abord à l’Otan.

La France et l’Union Européenne sont-elles à la hauteur?

J’ai le sentiment qu’on joue les pompiers pyromanes. Les dirigeants de l’UE nous expliquent aujourd’hui qu’il faut faire adhérer rapidement l’Ukraine. En fournissant des armes à l’Ukraine nous devenons cobelligérants et nous aggravons la situation. Attention à l’escalade. J’espère que les pourparlers permettront une issue favorable à ce conflit.

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