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" Je me souhaite de trouver ma voie". La nageuse monégasque Lisa Pou vise les Jeux olympiques de Paris 2024

La sociétaire de l’AS Monaco natation vient de décrocher son premier titre de championne de France d’eau libre sur 10 km et son 3e titre consécutif sur le 25 km. A 22 ans, l’avenir lui appartient.

Avec le concours de Stéphan Maggi,Comité olympique monégasque Publié le 06/08/2021 à 15:45, mis à jour le 06/08/2021 à 15:52
Infatigable, la sociétaire de l’AS Monaco natation, Lisa Pou, s’entraîne parfois jusqu’à 20kms par jour. Jean-Claude Mouton

À Gravelines, aux derniers championnats de France, Lisa Pou, sociétaire de l’AS Monaco natation et membre du relais français médaillé de bronze en 2018 aux championnats d’Europe de Glasgow (Écosse) a frappé un grand coup.

Après avoir remporté les deux dernières éditions sur le 25 km, elle s’est imposée sur le 10 km (2 h 2’51’’) devant Caroline Jouisse (2 h 3’1’’), qui a devancé à la touche la Néo-Calédonienne, Lara Grangeon, seule Française qualifiée pour les jeux de Tokyo. C’est dire…

Lisa Pou s’est offert un doublé en remportant également le 25 km de ces championnats de France, son 3e titre consécutif sur cette distance, en 5 h 19 min. La performance de la nageuse « rouge et blanche » est remarquable.

Marathons aquatiques en ligne de mire

"Ce n’était pas évident de sortir du confinement et de plusieurs mois d’inactivité. Avant les championnats, je n’étais pas du tout sereine. Le mental a beaucoup joué. J’avais envie de montrer ce dont j’étais capable. Ces deux titres sont aussi une fierté. On a parfois des journées à 20 km par jour. Il faut passer du temps dans l’eau."

 

Sport peu connu, l’eau libre est "une discipline qui me convient bien. Je suis solitaire à la base".

Lisa Pou s’est inscrite dans la lignée de son père et sa mère, anciens nageurs. C’est d’ailleurs son papa Michel (entraîneur à l’ASM natation) qui est son mentor.

"C’est particulier, il y a des hauts et des bas comme avec tout entraîneur. Il y a aussi le côté paternel. Il faut faire la part des choses. Je sais qu’il me connaît mieux que je me connais moi-même. Il sait ce dont j’ai besoin pour aller loin. On fait un beau duo."

À 22 ans, elle rêve des Jeux olympiques. Elle qui n’a pas été sélectionnée pour Tokyo. "Les qualifications ont eu lieu en 2019. Je n’étais pas prête, je n’avais pas les épaules assez larges."

 

Elle n’y voit pas une déception. "J’ai encore le temps, je suis jeune."

L’eau libre, véritable école de la vie

Quand on lui parle également des Jeux de 2028, elle tempère. "Je prends les choses les unes après les autres. Je suis focus sur Paris 2024."

À 22 ans, la nageuse asémiste vise les Jeux olympiques de Paris 2024. SM / COM.

Infatigable Lisa Pou vise aussi le marathon d’eau libre. "Il y a la course de Santa Fe-Coronda (Argentine) et ses 57 km et également une épreuve en Amérique du Sud de 88 km. C’est quelque chose qui m’attire."

L’eau libre représente une véritable école de la vie pour cette sportive hors normes. "Ça m’a forgée. J’étais très timide. Le fait d’avoir voyagé, d’avoir vécu des choses assez fortes m’a beaucoup appris."

Six jours sur sept, matin (deux heures) et soir (deux heures), préparation physique généralisée ou musculation : les journées sont plus que remplies. "Ce n’est pas rose tout le temps…"

 

Avant de se mettre à l’eau, Lisa Pou avait fait de la gymnastique artistique et sportive à ses débuts. "Je n’ai pas accroché. C’était un sport de jury et d’arbitrage. Mes parents n’ont pas trop aimé ça…"

Quand elle n’est pas dans l’eau, et pour couper, Lisa Pou aime "la nature, la photographie et faire quelques pâtisseries."

Fidèle à ses principes - "apprendre de chaque expérience, positive ou négative" -, elle reconnaît avoir encore beaucoup de mal à nager en paquet.

"Je suis sans doute encore trop gentille, j’évite le contact. Quand on est cinq de front, et moi au milieu, je ne me sens pas bien, j’ai le souffle qui s’accélère, je suis mal. Il faut que je travaille cet aspect."

"Nager à côté d’une raie manta, c’est magnifique"

Piscine ou mer ? Lisa Pou est catégorique. "La piscine, je n’y crache pas dessus mais ce n’est pas naturel, il y a du chlore, on fait des allers-retours, c’est toujours la même chose. On est dans une ligne. En mer, tu es plus libre."

 

Et de surenchérir. "J’adore quand la mer est déchaînée, qu’il y a des vagues. Je préfère la tempête au soleil et à l’eau plate. C’est ça qui est intéressant en eau libre : les courses ne sont jamais les mêmes. À Eilat (Israël), j’ai eu l’occasion de nager à côté d’une raie manta, c’est magnifique."

Confirmer ses très bons résultats nationaux et internationaux sera l’un de ses objectifs. "Je suis plus concentrée sur la manière de faire, le chemin pour arriver aux résultats, qu’ils soient bons ou mauvais. Je me souhaite de trouver ma voie, ce qui n’est pas évident et prendre du plaisir dans ce que je fais, c’est essentiel."

Début septembre, Lisa Pou écrira une nouvelle page de sa belle et déjà très prometteuse carrière en ralliant Capri à Naples (Italie) à la nage, soit 36 km.

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