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"Voilà qui je suis, maintenant, tout de suite": Barbara Pravi candidate à l'Eurovision, s'affirme avec un nouvel EP

Avant de défendre les chances de la France à l’Eurovision, le 22 mai à Rotterdam, la chanteuse a présenté Les Prières, un EP intimiste. L’occasion de découvrir d’autres facettes de la jeune femme.

Jimmy Boursicot Publié le 16/04/2021 à 15:13, mis à jour le 17/04/2021 à 10:38
Barbara Pravi

Barbara Pravi a surgi comme ça, sans crier gare. Un samedi soir de janvier, dans Eurovision France, c’est vous qui décidez!, dernière étape de sélection avant le télécrochet continental (sur lequel nous nous pencherons plus longuement dans un prochain article).

Tenue sombre, boucles noires, regard intense, halo de lumière braqué sur elle, la Parisienne avait entonné Voilà, un titre s’inscrivant dans la tradition des chansons françaises à texte, sans artifice. Les plus louangeurs ont évoqué une filiation avec Barbara ou encore Édith Piaf.

Sous les radars

Âgée de 27 ans, Barbara Pravi n’est pas une inconnue aux yeux de ceux qui gravitent dans l’industrie de la musique. En tant que parolière, avec son complice Igit, elle a écrit pour Yannick Noah, Louane, Black M, Julie Zenatti ou encore Florent Pagny, dont elle a un temps assuré la première partie en tournée.

Avant cela, elle avait joué dans Un été 44, le spectacle musical de Frédéric Zeitoun. Elle a également coécrit J’imagine, le titre ayant permis à la jeune Valentina de remporter l’Eurovision junior 2020. L’année d’avant, elle avait signé l’entêtant Bim bam toi pour l’Azuréenne Carla.

 

état des lieux

Chaque 8 mars, pour la Journée internationale des droits des femmes, Barbara Pravi avait aussi pris l’habitude d’offrir des relectures de chansons d’un point de vue féminin. D’abord Notes pour trop tard, d’Orelsan. Puis Kid, d’Eddy de Pretto.

"Ce rendez-vous du 8 mars, c’est vraiment une sorte d’état des lieux, une photographie de mon année, que j’essaie de mettre en mots", nous explique la chanteuse au débit tonique.

Cette fois, elle a choisi de présenter Les Prières, un EP compilant six titres imaginés pour être publiés sur Instagram, pendant le premier confinement. "Derrière le mot prière, il y a un appel au beau, à la douceur, à la tendresse. Vers soi, les autres, la nature... J’ai pris un plaisir fou. Sans être pianiste ou guitariste, j’ai été capable de créer. J’ai de hautes attentes habituellement. Mais là, je me suis accordé la chance d’avoir un regard plus doux sur ce que pouvait être mon travail. J’ai appris à laisser parler mon instinct. Mon questionnement sur moi-même, en tant que femme est passé par une forme d’indépendance au niveau musical", détaille-t-elle.

Toxicité

Le projet est sorti discrètement. Sans promotion ou presque, les 500 vinyles pressés pour l’occasion ont été raflés en dix jours. Courant juin, dans la foulée de l’Eurovision, Barbara Pravi aura l’occasion de se tester "grandeur nature" avec la sortie de son premier album.

 

Les voyants sont presque tous au vert. Bien plus qu’en 2017, lorsqu’elle avait été lancée par Capitol avec un EP (Barbara Pravi) de pop incolore, né dans la douleur, sous la férule de décideurs certains de pouvoir façonner la jeune femme à leur guise. "C’était hyper douloureux, je pensais que j’étais une merde. Il y a un an encore, je t’aurais dit que je détestais cet EP. Mais ce n’est pas ce projet que je déteste, c’est tout ce à quoi il est associé. Les personnes qui étaient avec moi dessus, la manière dont il a été fait. Pour moi, ça renvoie à une idée de la soumission. Ce n’est tellement pas ma musique..."

"Aujourd’hui, je regarde cet EP avec plus de tendresse. Je suis quelqu’un qui prend toutes les choses, bonnes ou mauvaises, comme des étapes. On ne fait que se construire", poursuit l’artiste.

Cicatrices

Sur le même label, avec une autre équipe, Barbara Pravi est repartie de l’avant. Il faut dire qu’en dépit de son jeune âge, elle a déjà le cuir bien tanné. Le corps et le cœur bien marqué aussi, comme le suggèrent Malamour et Chair, deux chansons fortes évoquant les violences qu’elle a subies et son avortement à l’âge de 17 ans.

"Au moment où j’ai écrit ces chansons, ça a réglé une bonne partie de mon mal-être. Après, quand tu as des cicatrices, c’est pour la vie. Il faut juste savoir ce que tu fais. Mettre des mots dessus, les chanter encore et encore, ça te guérit de quelque chose. C’est une chance."

Pleine conscience

Voilà est encore une autre histoire. Pour la composer avec Igit, Barbara Pravi a dû faire comme si elle était destinée à quelqu’un d’autre, histoire de faire sauter quelque barrière. "J’ai pensé à une Pauline, une fille fictive, petite, brune, avec des bouclettes. C’était stupide, mais ça m’a aidée à démarrer."

 

Des tas de version plus tard, son porte-bonheur était prêt. "À chaque fois, je dis: ‘‘Regardez-moi’’, ‘‘écoutez-moi’’ ou ‘‘voilà qui je suis’’. Si demain je suis triste, je vais la chanter avec toute la tristesse du monde et ça marchera quand même. Parce que ce sera: ‘‘voilà qui je suis, maintenant, tout de suite’’."

Saint-Raphaël, sa deuxième maison

Sur son premier EP, un morceau aux accents très estivaux s’intitulait . Tout sauf un hasard: Barbara Pravi vient dans la cité balnéaire depuis son enfance. Elle y a même passé les dernières fêtes de Noël. lâche-t-elle dans un éclat de rire.

"Ce n’est que de la nostalgie. Il n’y a plus l’effervescence de quand j’étais petite, les mondes que j’inventais avec mes copains autour d’une piscine. Mais quand j’arrive, l’appart de mon grand-père n’a pas bougé d’un iota depuis vingt ans. Et je vis d’autres choses, c’est assez marrant. Mes amis ne vont plus là-bas depuis longtemps. Donc je traîne avec leurs parents, on boit du rosé. Et il y a le gardien de la résidence de mon grand-père, un ancien militaire qui me hurlait dessus quand j’étais petite. Aujourd’hui, c’est mon pote!"

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