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Sandrine Bonnaire revient à la chanson avec un album "tumultueux" co-signé Erik Truffaz

Au Jazz Festival de Ramatuelle mercredi soir, le trompettiste confie s’orienter vers un futur disque afro-beat tout en composant pour sa douce et tendre, Sandrine Bonnaire. Un album et des musiques pour deux de ses films au programme...

Laurent Amalric Publié le 20/08/2021 à 13:45, mis à jour le 20/08/2021 à 14:05

Tignasse blanche et traits émaciés, le trompettiste aux pieds nus s’exprime d’une voix lente et réfléchie qui prolonge son jazz d’outre-monde à rythmique incandescente... Il aborde, lors de son passage au Jazz Festival de Ramatuelle, cette semaine, un projet avec sa compagne comédienne, Sandrine Bonnaire, qui prolonge "Épanchement", la récente performance en Avignon autour des Carnets de Goliarda Sapienza...

"Je compose des musiques qu’elle combine avec ses paroles pour un futur album. Trois chansons sont prêtes et deux mixées. Après son duo avec Jacques Higelin sur l’album Beau repaire, elle confirme cette fibre artistique. Mi-parlé, mi-chanté. La thématique tourne autour de sa vie et des tumultes... Il n’y a aucun timing. Nous sommes libres! Parallèlement, elle écrit un recueil de nouvelles pour le Cherche Midi."

Comment est venue cette reprise insolite du Temps de vivre, tirée des Paradis perdus de Christophe avec Sandrine Bonnaire?

 

Mais où l’avez-vous entendu? Les réseaux? Ah oui... je ne savais pas. En fait, Radio Nova m’avait demandé une participation pour un hommage à Christophe. Elle est passée une fois et pour moi elle n’existait plus... À l’origine j’avais composé une musique inspirée de poèmes d’Artaud. Finalement c’est Sandrine Bonnaire qui a eu l’idée d’y poser sa voix avec les textes du Temps de vivre. Chanson à la base très variété. En décalage total avec les paroles profondes.

Film, série, théâtre, cirque contemporain... Avez-vous été sollicité pour de nouvelles illustrations sonores?

J’ai fait une musique pour le documentaire Les Îles de Napoléon de l’organisatrice du Festival du film francophone d’Angoulême (FFA), Marie-France Brière. Je prépare aussi une bande-originale pour un long-métrage que va réaliser Sandrine Bonnaire et d’un autre pour Arte dans lequel elle jouera en plus d’en être la réalisatrice. Je ne vais pas m’aventurer à vous donner les titres car si je dis une connerie, je vais me faire engueuler!

Sandrine Bonnaire. Photo Sébastien Botella.

Allez-vous poursuivre dans cette veine electro/pop expérimentale ou effectuer un retour aux racines du jazz?

 

Avec le bassiste Marcello Giuliani nous avons commencé à travailler un nouveau répertoire plutôt Afro-beat. Il y aura des invités, j’aimerais une voix africaine avec qui je puisse faire ensuite de la scène... Voici la direction. Etre là où l’on m’attend ne m’intéresse pas... Je me sens responsable du "menu" que j’offre au public et je dois changer de menu ! Je n’ai pas envie de m’enfermer dans cette musique avec des samples.

Que vous inspirent tous ces biopics de jazzmen célèbres comme ceux sur Chet Baker ou Miles Davis?

Un festival m’avait demandé de présenter celui sur Chet, Born To Be Blue, (incarné par Ethan Hawke, Ndlr). Ce que j’ai fait avec plaisir pour dire à quel point je ne l’aimais pas ! J’aime des documentaires sur Janis Joplin ou Iggy Pop & The Stooges, mais je déteste les biopics. Surtout quand on met l’accent sur le côté toxico au détriment de ce qu’il y a de beau, le son, son chant... Alors oui c’est certainement un salopard, mais moi qui aime Chet Baker, c’est une horreur de le voir jouer comme ça...

Sous quelles tonalités doit se poursuivre votre été?

Après Ramatuelle je me rends à Coutances en Normandie pour une date autour de Manu Katché (avec aussi Keziah Jones ou la chanteuse San crit pour la Compagnie d’Eustache et qui a été avorté en raison de la crise sanitaire. Je poursuis en septembre à la Cité de la Musique avec le percussionniste Edward Perraud, puis Rome, en trio avec Arthur Hnatek et Stefano Di Battista, et enfin à Bratislava en duo avec un guitariste pour une musique de film. Voilà. Il faut être dynamique. J’aimerais aussi bien jouer un jour à Jazz à Porquerolles qui est parrainé par Archie Shepp!

 

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