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Philharmonique : une minute de silence pour Pierre Boulez

Le concert d'hier a été dédié à la mémoire du grand compositeur disparu cette semaine

André PEYREGNE Publié le 11/01/2016 à 05:13, mis à jour le 11/01/2016 à 05:13
Le célèbre violoniste Vadim Gluzman a donné hier une interprétation puissante du concerto de Brahms. Michaël Alési

Le concert du Philharmonique, hier, en l'Auditorium Rainier III, s'est ouvert par une minute de silence - public et orchestre debout - à la mémoire de Pierre Boulez, disparu cette semaine à l'âge de 90 ans. Ce géant de la musique contemporaine était venu à plusieurs reprises en Principauté, notamment à la demande de la Fondation Prince Pierre, mais son passage le plus marquant demeure sans doute, en 2006, au Printemps des arts, celui au cours duquel il dirigea son œuvre Répons dans la salle du Sporting d'été.

Il se trouve que le concert d'hier commençait par une œuvre de musique contemporaine due à un jeune compositeur russe Elmir Nizamov. Ce musicien est né à Oulianovsk - la cité natale de Lénine. C'est son seul point commun avec ce personnage, car à part cela, il n'a pas fait le même genre de musique que lui !

Brahms et Dvorák

Son œuvre présentée hier, Motus caelistis » (« Mouvement céleste ») évoquait le contraste entre l'apparent immobilisme de la voûte céleste et les mouvements incessants qui l'agitent en vérité. Au-dessus de grands à-plats orchestraux, on entendit une infinité de scintillements sonores provenant de percussions, de la harpe, du célesta ou des pizzicatos de violons. Tout cela fut excellemment venu. L'œuvre eut droit à plusieurs rappels - ce qui est rare pour une œuvre de musique contemporaine. Elle était digne de figurer dans un concert consacré à la mémoire de Boulez. C'est le plus beau compliment qu'on puisse lui faire !

 

Le plat de résistance du concert demeurait le concerto de Brahms, dont le célèbre violoniste Vadim Gluzman donna une interprétation puissante, robuste, presque herculéenne. Il ajouta en bis un mouvement de sonate de Bach.

Le concert était dirigé par l'admirable chef russe Alexandre Sladkovksy. Le moins qu'on puisse dire est qu'il sait communiquer du dynamisme à l'orchestre. Il donne tellement de sa personne qu'on entend parfois des grognements sortir de sa gorge lorsqu'il atteint le paroxysme de certains crescendos. Il finit le bras levé, le buste renversé, dans un geste d'empereur romain. Belle, riche et efficace personnalité !

Il nous fit entendre la voluptueuse 8e symphonie de Dvorák, aux emportements romantiques, aux cavalcades printanières, aux fulgurants coups de colère et aux tendres égarements. On est loin, ici, de l'univers de Boulez. Mais il faut de tout pour faire un monde musical !

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