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Philharmonique: un concerto jamais joué à Monaco

De qui était le concerto qu'on a entendu hier, pour la première fois à Monaco ?

André PEYREGNE Publié le 29/02/2016 à 05:02, mis à jour le 29/02/2016 à 05:02
Jean Fançois Ottonello

De qui était le concerto qu'on a entendu hier, pour la première fois à Monaco ? D'un compositeur inconnu ? D'un débutant à qui on avait donné sa chance ? D'un nouveau venu dans l'annuaire des musiciens ? Non, de Tchaïkovsky en personne ! Du compositeur du « Lac des cygnes » et du « Casse Noisette ».

On connaît par cœur son exaltant premier concerto pour piano. Mais on sait peu qu'il en a écrit deux autres. Le troisième n'est jamais joué. Quant au second, il était donné, hier, pour la première fois dans cette version à Monaco.

 

C'est dire si on a fait une découverte. L'œuvre est inégale. Elle a des longueurs, des passages où les thèmes s'égarent, d'autres où le piano se lance dans des traits d'une inutile virtuosité. Mais il y a d'autres passages qui sont merveilleux, qui débordent de tendresse et de romantisme, qui sont du vrai Tchaïkovsky. Au début du second mouvement, en particulier, se trouve un épisode en trio entre le piano, le violon et le violoncelle dans lequel on adora les interventions chaleureuses de la violoniste Liza Kerob et du violoncelliste Thierry Amadi.

Mais qui était le pianiste ? Un vrai phénomène : Andrei Korobeinikov. Il a été déclaré à l'âge de 19 ans au conservatoire de Moscou « meilleur musicien de la décennie ». Sa virtuosité est époustouflante. Il a du panache à revendre. Il nous étonné, bousculé, ému, bouleversé. Au bout de la performance marathonienne du concerto de Tchaïkovsky, il a ajouté en bis un extrait de « Gopak » de Moussorgsky.

Le Philharmonique de Monte­Carlo était dirigé par un jeune chef russe plein d'énergie, Aziz Shokhakimov. Une vrai pile électrique, sur son pupitre ! Son corps frémissait à chaque crescendo, chaque accent ébouriffait sa chevelure. Il dirigea une ouverture plutôt martiale d'un compositeur d'Azerbaïdjan nommé Suleiman Ydakov, mais donna surtout du corps à la 3ème. symphonie de Brahms, soignant l'envol du thème universellement connu qui surgit dans la troisième partie de l'œuvre, donnant vie à une musique puissante, sans cesse mouvante, dont le flux et le reflux était semblable à l'attaque rageuse des vagues sur les pilotis de l'auditorium, hier, à la sortie du public.

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