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On a rencontré le chanteur Hervé avant son concert survolté au Mas des Escaravatiers

Samedi soir, le chanteur a offert un live à son image au public du Mas des Escaravatiers: intense et spontané. Juste avant, on a réussi à asseoir ce Monsieur 100.000 volts un moment...

Jimmy Boursicot (jboursicot@nicematin.fr) Publié le 09/08/2021 à 10:21, mis à jour le 09/08/2021 à 16:23
Photo J. B.

Cette piscine du Mas des Escaravatiers où il barbotait juste avant de nous retrouver, il la connaît bien. En 2018, il avait déjà pu y tremper ses gambettes avant d’assurer la première partie d’Eddy de Pretto. C’était hier, ou presque.

Avec Hervé, l’espace-temps est une donnée difficile à évaluer. A 30 ans, il donne l’impression d’être une sorte de Marsupilami, inarrêtable, bondissant dans tous les coins. Sur scène, celui qui se rêvait autrefois en joueur de foot pro mouille le maillot, à fond.

"Je suis là pour tout casser, ouais! J’ai une chance incroyable de revenir jouer ici en tête d’affiche, c’est un vrai kif. J’ai tourné un peu à l’automne, mais c’était devant un public assis et masqué, distancié, qui ne pouvait pas boire ou manger", nous explique-t-il.

Hyper récompensé

Pour un artiste en développement, sortir un premier album en temps de pandémie a souvent fait office de supplice. Surtout quand il était impossible de le défendre face à la foule.

 

Mais Hervé n’est pas du genre à lâcher l’affaire si facilement. "Il était hors de question pour moi de ne rien faire. J’essayais de me battre le plus possible. J’avais un Olympia programmé, qui a été annulé. Je l’ai quand même fait en streaming sur ma chaîne YouTube. ’ai connu une grosse année de combat. Mais j’avais tellement envie que je ne regrette rien."

Samedi soir, le chanteur a offert un live à son image au public du Mas des Escaravatiers: intense et spontané. Photo J. B..

Sur les réseaux sociaux, l’auteur-compositeur-interprète, confiné en Bretagne, avait égayé le quotidien de ses abonnés avec le clip bricolé au smartphone de Si bien du mal, le single aux sonorités 80’s, lorgnant autant sur la pop anglo-saxonne (lire ci-dessous) que sur Bashung, qui fait aujourd’hui chavirer les foules.

L’hiver dernier, sa ténacité a été récompensée. Le jeune homme originaire des Yvelines est reparti des Victoires de la musique avec le trophée de la révélation masculine, pour son premier long format, baptisé Hyper.

En accéléré?

De l’extérieur, on a l’impression que son ascension a eu lieu en vitesse accélérée, façon Hervé l’homme canon.

 

L’intéressé voit les choses autrement, rappelle qu’il a bourlingué avec Postaal, duo franco-britannique formé avec Dennis.

"C’est bien que tout ne soit pas arrivé trop vite", estime-t-il. "Je savoure tout là. Après, ça reste simple, ma vie n’a pas changé. Je suis libre, j’ai des super équipes qui bossent avec moi. Tant mieux s’il y a plus de monde dans les concerts. Mais s’il y en avait moins, ça ne m’empêcherait pas de faire de la musique. Parce que j’ai toujours fait ça par passion. Je suis déjà tellement heureux de ce qui se passe que si ça devait s’arrêter demain, ce serait comme ça. J’ai déjà vécu des moments incroyables."

Pas de frontières

Avec la réédition de son album, nommée Prolongations et gratifié de cinq titres supplémentaires, il a sans doute emmené d’autres nouveaux fidèles dans son sillage. On lui fait remarquer qu’il n’est pas facile de dresser le portrait-robot de ses fans. Tant mieux?

"De ouf! C’est appréciable de voir ce pluralisme chez les gens qui m’écoutent. J’ai essayé de faire un disque avec le son le plus intemporel possible, le moins typé. Et ça a pu faire écho chez des gens de tous les âges, tous les sexes, toutes les classes sociales aussi. La frontière entre la musique populaire et celle plus intellectuelle, je ne la connais pas. Pour moi, elle n’existe pas."

 

Quand il s’agit d’évoquer son propre milieu social, Hervé, qui a fait des ménages et vendu des glaces avant de vivre de la musique, ne voit pas beaucoup plus de barrières.

On le présente souvent comme un Breton pur beurre, puisque dans le clip de Si bien du mal, tourné à Plougasnou (Finistère), il gigotait en préparant des crêpes.

Mais il a surtout grandi à Fontenay-le-Fleuri, dans les Yvelines, à deux pas de Trappes. "Dans ces coins, il faut travailler dur, être humble et il peut se passer des miracles."

Gamin, il accompagnait sa mère au marché, en rêvant de croiser Jamel Debbouze, icône locale.

"Moi, je ne revendique jamais rien par rapport à l’endroit d’où je viens. Je pourrais venir des Vosges, ce serait pareil. Après, il y a tout ce que ça détermine dans le chemin, qui est hyper intéressant. Avec Omar Sy, Jamel et d’autres, on avait des exemples de réussite. Des mecs qui passaient à la télé ou jouaient dans des films et qui venaient de chez nous. a voulait dire que ce n’était pas impossible."

Prochaines dates au Mas des Escaravatiers

Vendredi 13 août, Ofenbach.
Mercredi 18 août, Les Négresses vertes.
Vendredi 20 août, soirée We Are the 90’s.
Vendredi 27 août, Asaf Avidan.
Mardi 31 août, Pomme.
Vendredi 10 septembre, Lily Wood & the Prick.
Rens: lemas-concert.com

De l’autre côté du Channel

En arrière-plan de la pochette d’Hyper, le premier album d’Hervé sorti en juin 2020, des hachures jaunes et noires. Un clin d’œil clair aux piliers de l’Haçienda, club mythique et épicentre du son de Madchester, mouvement musical surgi à Manchester durant la fin des années 1980.

"Je m’intéresse à fond à cette ville et cette période. Cette musique, de New Order aux Smiths en passant par Happy Mondays, m’a beaucoup influencé. Elle est ultra-hybride, elle mélange le rock, la pop, la musique électronique avec les débuts de l’acid house... Il y avait des constructions classiques, avec des couplets et un refrain, mais avec des productions plus élaborées", détaille Hervé.

Du temps de son duo Postaal, il a eu l’occasion de jouer à de nombreuses reprises en Angleterre. Là encore, le Frenchy estime avoir été à bonne école.

"J’ai eu la chance de voir cet aspect-là de la scène, avec des attitudes qui me plaisent beaucoup. Là-bas, il y a aussi beaucoup d’humilité. Tu peux croiser une superstar au bar, dans un resto ou à la piscine, elle ne se la racontera pas. C’est important d’être tranquille dans ce milieu. Tu as un pote qui bosse dans le bâtiment, un autre qui répare des voitures. Toi, tu fais de la zik, et c’est pareil."

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