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"J’étais persuadé que j’allais percer": Tayc raconte son épopée vers le succès

Mis à jour le 24/12/2020 à 16:20 Publié le 24/12/2020 à 11:58
"J’étais au taf et là, je reçois un message de Barack Adama de Sexion D’assaut. Il m’explique qu’il cherche un chanteur à voix..."  

"J’étais au taf et là, je reçois un message de Barack Adama de Sexion D’assaut. Il m’explique qu’il cherche un chanteur à voix..."   Photo DR

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"J’étais persuadé que j’allais percer": Tayc raconte son épopée vers le succès

L’interprète marseillais du tube de l’été N’y pense plus (37 millions de vues sur YouTube !) a connu en quelques mois un succès fulgurant. Il vient de sortir son nouvel album : Fleur froide.

Depuis minot, dans les brumes des quartiers Nord de Marseille, Tayc entendait une petite voix dans sa tête. Fluette mais assurée. "Tu feras de la musique, frérot. Tu feras de la musique..."

Pourtant ici, il n’y avait de respect que pour le foot et le rap. L’OM et les rafales de mots. Sur le pré, "j’étais claqué contre un mur de glace!" Sur le flow, Julien Bouadje (de son vrai nom) glissait, porté par un style à part. Jusqu’à s’en détacher. À l’ombre des regards inquisiteurs...

"J’ai toujours chanté. Avec mes sœurs. Mais je me cachais." Sans perdre de vue le sentier sinueux. Lumineux par le fruit du hasard. Déclenché à la réception d’un courrier que ne goûtent guère les parents...

"À une semaine de la rentrée, on m’a annoncé que j’étais viré du lycée. Ma mère a fait des pieds et des mains pour me trouver un établissement." Ce sera à Paris. Loin du berceau. Des potes. Des bêtises. "Je lui en ai voulu. Longtemps. J’étais déraciné, perdu, même si le week-end j’allais chez ma sœur." 

La semaine, l’esquif en mal de mer la passait à l’internat. Après les cours, il soignait son âme et tuait le temps libre entre les quatre murs du studio de musique.

"C’est là que j’ai fait mes premiers sons. Mes premières maquettes. Bon, quand j’y repense, ce n’était pas terrible..." Après le bahut, il n’a toutefois pas lâché. Cette petite voix toujours en balade au cœur des neurones...

Sauf qu’il lui fallait vivre. Gagner sa croûte. Les jobs s’enchaînent. Une semaine barman. Une autre équipier dans un fast-food. Il ne se fixe pas. Convaincu que sa trajectoire ne se limite pas à l’anonymat des naufragés du périph.

"Soit je me faisais licencier, soit je partais de moi-même. J’étais persuadé que j’allais percer." Si bien qu’il chaloupe de studio en studio. S’accroche au feeling de certaines oreilles éduquées. "À mon école de comédie musicale, on me disait: tu as un truc dans ta voix." 

Un message du groupe Sexion D’assaut

Faute de moyens, il n’y puisera les notes de sa soul que trois mois. Reprenant son bâton de pèlerin inlassablement. Frappant aux portes avec, à la clé, le même gimmick: "Le R’NB, c’est mort..." 

D’autres auraient jeté l’éponge. Ou vendu leur style au diable. Pas lui. Pas Taykee le tenace. Bien lui en a pris car, la haine colorée à la lisière de sa patience, un coup de fil a chamboulé son horizon.

"J’étais au taf et là, je reçois un message de Barack Adama de Sexion D’assaut. Il m’explique qu’il cherche un chanteur à voix..."  

Ni une ni deux, il la joue Actors Studio. Simule un mal de ventre. Se réfugie dans sa voiture et balance un son en un quart d’heure au grand prêtre. "Tout a commencé comme ça. Derrière, il m’a invité chez lui. Il pensait même que j’étais déjà signé dans une maison de disques. Mais non, moi je n’avais rien. Rien du tout. Que ma débrouille..." 

Le grand frère lui a parlé comme personne. Franchement. Argent bien sûr, passion aussi. "Il m’a dit: tu veux faire quoi? Du R’NB. Ok!" 

Alors qu’il allait se perdre, à 24 ans, le lionceau se fait lion. Compose. écrit. Danse. Interprète. Claque l’été dernier son premier tube, N’y pense plus: 40 millions de streams, 37 millions de vues sur YouTube!

Trianon, Palace, Olympia, les salles se remplissent en un battement de cils. "Waouh, quand j’ai vu mon nom en lettres rouges, ça m’a filé une gnaque de fou." À penser déjà à un Zénith. Avant un Stade de France. La Lune. Mars...

Avec Manu Dibango et Christine and the Queens

"C’est vrai que je pense sans cesse à enchaîner. J’aimerais être la passerelle du monde. Répandre l’afro love, ses valeurs, ses codes." 

Des sillons de bonté. D’amour. Où la femme se cueille avec douceur. Respect. La femme à qui ce croyant consacre son nouvel album, Fleur froide. "Il est l’apothéose de toutes mes recherches musicales. La fleur représente la femme. Froide, c’est ce qu’elle est devenue avec toutes ses souffrances endurées en tant que mère, épouse..." 

Elle est son nectar. Son inspiration. Sa respiration. Elle est sa mère. Stricte et aimante. "Elle ne m’a jamais lâché. Elle aurait pu car elle en a vu de toutes les couleurs. C’est un soldat. Ma première fan." 

La styliste de son éducation. Griffée sur sa musique. Partagée, en duo (ou feat selon l’âge) avec feu Manu Dibango, Camille Lellouche, Christine and the Queens, Leto.

"C’était tellement improbable ces collaborations!" Cette fois, la petite voix avait gardé le secret. Peut-être réserve-t-elle encore des surprises à Tayc.

À moins que ce ne soit lui qui en réserve une - et de taille - à son public. Bientôt...

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