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"Je n’ai pas vendu mon âme": Chantal Goya de nouveau en tournée à bientôt 80 ans

À bientôt 80 ans, l’éternelle Marie-Rose entame une folle tournée qui la verra se produire le 12 décembre à La Garde. Chantal Goya, un monument aux mille et une vies. Fascinante.

Raphaël Coiffier Publié le 03/12/2021 à 14:00, mis à jour le 03/12/2021 à 13:01
Bécassine, Pandi Panda, Le Chat botté, ils accompagneront tous Chantal Goya sur scène pour des retrouvailles féeriques. Photo DR

Chantal Goya a eu mille vies et à l’aune de ses quatre-vingt ans (elle est née le 10 juin 1942 à Saïgon), la chanteuse s’apprête à en croquer une mille et unième. Sur les planches des Zénith de France (douze au total). Sous les ors, aussi, des théâtres de Navarre. Avec le même entrain qu’à ses débuts de petite fille modèle, dans les années 1970.

Sa voix n’a pas pris une ride. Sa joie non plus. "Je vais bien. On vient tout juste de m’enlever mon plâtre." Encombrant compagnon au poignet, après une mauvaise chute. "J’ai quand même continué à chanter!"

De Jean-Luc Godard à Alfred Hitchcock

Le chant, sa raison d’être. Elle qui se voyait journaliste. Ballottée d’un fuseau horaire à l’autre. Elle fut d’abord actrice. "J’ai tourné Masculin féminin avec Godard." Aux côtés de Brigitte Bardot, Jean-Pierre Léaud, Marlène Jobert. La née De Guerre y prend goût. S’épanouit dans des films de Tchernia, Labro, Kaminka...

"Hitchcock m’a proposé de jouer dans L’Étau", se souvient-elle. Enceinte, elle décline. Puis, peu à peu, s’éloigne des caméras. "J’ai arrêté. Je ne voulais pas me mettre à poil dans un lit et embrasser quelqu’un d’autre que mon mari!"

 

Son Jean-Jacques Debout. Son JJD de jouvence depuis plus de cinquante ans. Dont elle parle avec tendresse. Et un brin de cocasserie. "Il va bientôt écrire un livre sur sa vie. Vous l’avez vu au 13 heures de France 2? Vous ne la connaissiez pas cette histoire avec Mesrine."

Un ennemi public numéro 1, ami d’enfance de son époux. "On a servi la messe ensemble, commente ce dernier, non loin du combiné. On a fait les quatre cents coups au collège de Juilly (Seine-et-Marne). Pareil avec Belmondo, Delon..."

Des réverbères dans le nez

Ces inséparables les ont toutes connues, les stars. Toutes côtoyées. "On était toujours ensemble. Vous savez, grâce à Jean-Jacques, j’ai rencontré Aznavour, Barbara, Trenet, Bécaud. C’était une autre époque." Traversée avec légèreté. Succès. Bonheurs. Au pluriel.

Ce bonheur qui ne la quitte jamais. "Je ne me prends pas la tête. Je viens de la planète Liberté. Je ne suis pas une angoissée. Si je rate l’avion, je prends le suivant."

Certaine que le meilleur est à venir. "Quand on a quitté l’Indochine française en courant, on a débarqué à Paris, rue Paradis. C’était déjà un signe."

D’un destin hors du commun. La tête dans les étoiles. "J’avais sans cesse la tête en l’air. À chercher le père Noël dans le ciel. Ah (!) j’en ai pris des réverbères dans le nez."

 

Rien de bien méchant. Excepté ce 13 décembre 1985. Où elle est vivement critiquée par une institutrice dans l’émission Le Jeu de la vérité, présentée par Patrick Sabatier.

Un épisode douloureux qu’elle a vécu comme une trahison. Un piège. Mais qui ne l’a pas empêché de se relever. De revenir plus forte. Plus déterminée. Plus passionnée. Dans sa robe de Marie-Rose. Personnage iconique de son spectacle Le soulier qui vole.

"Il est né lors d’un vol pour New York. Jean-Jacques s’est inspiré d’un petit garçon qui faisait planer sa chaussure entre les sièges. C’est parti comme ça." Depuis, le long courrier n’a jamais atterri. Poursuivant sa ronde enchantée autour d’une terre qui leur appartient.

"C’est intemporel. Les enfants d’hier, devenus parents, emmènent les enfants d’aujourd’hui. Partagent avec eux leurs souvenirs. De Bécassine, Pandi Panda, le crocodile. Je n’ai rien touché aux chansons, aux costumes. Je suis restée fidèle à moi-même."

Encore des enfants

La recette de son succès intemporel. Dont elle s’étonne encore. "C’est formidable tout ça. Je crois que les Français m’aiment beaucoup. Je fais un peu partie de leur famille. Ils sont extraordinaires avec moi."

Comme l’est cette fée avec eux. Généreuse lorsque les trois coups ont retenti. Lorsque sa troupe – dix enfants et quinze danseurs – illumine son univers à la fois magique et poétique. "Tout ça, c’est un cadeau du ciel. Peut-être parce que je n’ai pas vendu mon âme au diable. Que je n’ai pas suivi les modes."

 

Une princesse de château. Une fillette aux bottes de sept lieues. "C’est notre secret avec Jean-Jacques. Nous sommes encore des enfants. nous émerveiller de tout." Comme au temps où, pas plus haute que trois pommes, elle passait ses vacances à Toulon. Chemin du Petit Bois, anse Méjean, Mourillon. Elle n’a rien oublié et se fera un plaisir d’y revenir ce 12 décembre. Avec ou sans lapin.


Savoir +
Le Monde magique de Chantal Goya.
Dimanche 12 décembre, à 14h30 et 17h30.
Salle Gérard-Philippe, à La Garde.
Tarif: 28 euros.
Tél. 04.22.80.12.75.

Un Noël tout doudou

Un nouvel album, où elle chante Noël pour la première fois sur les sillons. La magie de décembre qu’elle aime tant. En reprenant une guirlande de classiques.

Un album qui comprend également des inédits. Fruits de son compagnon de toujours, Jean-Jacques Debout. À l’écriture et à la musique.

À commencer pour l’irrésistible Toi mon doudou, chanson pour laquelle – ce n’est pas dans ses habitudes – elle a participé à l’écriture du refrain.

"C’est vital un doudou, non? Il y en a plus de vingt millions en France. Celui-ci a été perdu et retrouvé par une mamie dans un grand magasin. C’est une belle histoire. Mais il y a aussi La Tour Eiffel est comme un arbre de Noël. Vous imaginez si on la décorait comme un sapin. Ce serait tellement magique."

L’artiste s’emballe. Telle une éternelle petite fille impatiente de déballer son cadeau devant son public. Sur scène!

Offre numérique MM+

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