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"J’aime plonger dans de nouvelles aventures": les confidences de Guillaume Gallienne de passage à Monaco

Clôturant dimanche le festival international d’orgue, Guillaume Gallienne, a prêté sa voix aux mots de George Sand, pour une parenthèse monégasque inédite au cours de son été studieux.

Propos recueillis par Cédric Vérany Publié le 19/07/2022 à 12:09, mis à jour le 19/07/2022 à 13:16
Le comédien Guillaume Gallienne a passé le week-end en Principauté pour clore le festival international d’orgue avant de regagner Paris où il tourne sous la direction de Vincent Perez. Photo Jean-François Ottonello

Un conte de George Sand, le musicien Naji Hakim à l’orgue et le comédien Guillaume Gallienne à la lecture. Les spectateurs de la cathédrale ont dégusté ce trio inédit dimanche pour la clôture du festival international d’orgue de Monaco. Guillaume Gallienne aime la Principauté et ses acteurs culturels. Sociétaire de la Comédie-Française, amoureux des planches et des grands auteurs, le comédien popularisé par sa pièce de théâtre autobiographique devenue un film à succès Les garçons et Guillaume, à table ! en 2013 est un touche-à-tout. C’est pourquoi il a dégagé du temps dans son agenda d’acteur et metteur en scène, répondant à l’invitation de la Direction des Affaires culturelles pour cette parenthèse monégasque en plein cœur d’un été caniculaire et studieux en ce qui le concerne. Il a pris le temps de le détailler, entre deux gorgées d’un thé glacé, partagé sur la terrasse du Fairmont Monte-Carlo avant de se plonger dans le texte de George Sand. Interview.

Vous écouter lire un conte de George Sand en duo avec un orgue en la cathédrale de Monaco, c’est assez inédit ?
Au-delà du conte, j’aime les rencontres. La culture c’est à la fois le métissage et la passerelle et j’aime plonger dans de nouvelles aventures. En préparant ce spectacle, j’ai espéré que quelqu’un entrerait sans du tout savoir ce qu’il va voir ou écouter, juste par hasard et qu’il resterait. Et puis ce spectacle clôt le festival international d’orgue où a été présenté ce spectacle de Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin autour des poèmes de ma cousine. Je trouvais tout cela cohérent…

Alicia Gallienne, votre cousine disparue à l’âge de 20 ans en 1990 d’une maladie du sang et dont la poésie a été publiée trente ans plus tard…
C’est fou ce qu’elle a laissé. Une amie m’a dit un jour : « Je comprends tout dans sa poésie ». Ce n’est pas une narration évidente, mais c’est très touchant. Elle écrit à un âge qu’on a tous connu, sur des thèmes qui nous agitaient à cet âge-là. Elle, était habitée par cette menace de la mort et la maladie. Ce qui la rendait plus exigeante, plus lumineuse, parfois plus catégorique. Elle avait le sens d’un absolu. Mais elle est très vivante, très vibrante, détestait la faiblesse. Elle a vécu deux grandes histoires d’amour. D’ailleurs, ma tante disait d’elle qu’elle s’était même payé le luxe d’un chagrin d’amour. Elle avait cette vibration des fulgurances qui appartient à ceux qui partent trop tôt. Et c’était une vraie poétesse, qui est morte à 20 ans en laissant une vraie œuvre pour cet âge.

 

"A 50 ans, quelque chose
s’est libéré en moi"

L’année 2022 pour vous est celle de vos cinquante ans, que vous inspire cet âge ?
Ah les glorious fifty ! J’ai décidé d’être en forme, j’ai arrêté de fumer il y a un an, je fais un peu attention à ce que je mange. J’adore mon âge. D’abord parce que, je ne sais pas pourquoi, quelque chose s’est libéré en moi, dans mes choix. Je me sens beaucoup plus libre, libre de dire non ou de m’emballer pour les choses. Avant je me sentais obligé d’une manière contrainte. Aujourd’hui je me sens obligé d’une manière énergisante. C’est la moindre des choses que d’honorer la chance que j’ai. Comme une humilité vive, j’espère sans arrogance contrairement à ce que, parfois, je peux donner l’impression d’être.

Vous êtes sociétaire de la Comédie-Française où vous êtes entré il y a 25 ans, des milliers d’auditeurs vous ont écouté pendant onze ans sur France Inter dans une émission ou vous lisiez des œuvres, votre film Les garçons et Guillaume, à table ! vous a rendu populaire. Vous êtes attentifs à savoir qui est le public qui vous suit ?
À la Comédie-Française, le public est assez œcuménique et je m’en réjouis. Il s’est encore plus démocratisé avec une accessibilité et des prix pas chers du tout pour l’offre. J’adore le service public, je trouve que nous avons cette chance incroyable en France, d’où 25 ans à la Comédie-Française ; et les onze années de cette émission sur France Inter, que je suis ravi d’avoir fait. Mais je ne regrette absolument pas de l’avoir arrêtée. C’est une décision très mûrement réfléchie, j’ai d’autres envies, d’autres propositions. Mais de temps en temps venir lire un texte, comme je l’ai fait à Monaco, j’apprécie, même si c’est sans filet. Mais, je ne cherche pas la perfection, je cherche la générosité. La perfection ça manque un peu de charme. Ce n’est pas ma priorité. Ma priorité c’est d’être généreux et au service du texte.

"Je ne cherche pas
la perfection"

Au service de quels textes allez-vous vous mettre prochainement ?
Je viens de terminer un ballet que j’ai écrit pour l’American Ballet Theater à New York avec Alexeï Ratmansky. Puis je démarre le 24 août les répétitions de La Cenerentola de Rossini que je mets en scène pour la troisième fois à l’Opéra Garnier à Paris. D’ici là, jusqu’au 12 août, je tourne un film de Vincent Perez intitulé Maîtres d’armes, qui est sur les duels à la fin du XIXe siècle. Je joue aux côtés de Roschdy Zem, Doria Tillier et Damien Bonnard, c’est formidable. Ensuite, je reprendrai les planches en octobre à la Comédie-Française avec La vie de Galilé de Bertolt Brecht mis en scène par Eric Ruf dans laquelle je joue le pape. Puis je jouerai Saint Just dans La mort de Danton de Georg Büchner dans une mise en scène de Simon Delétang.

 

Donc pas vraiment de vacances cet été ?
Si, dix jours à la mi-août, c’est pas mal non? J’irai d’ailleurs deux jours travailler avec des danseurs Ukrainiens réfugiés à La Haye. Et j’emmène mon fils au festival de Salzbourg pour voir deux spectacles mis en scène de Ivo van Hove et Romeo Castellucci. Je me dis que voir le travail de ces metteurs en scène à 15 ans, ça ne peut qu’ouvrir les horizons. Et ça apprend une chose essentielle de voir le travail de ces génies-là, c’est de ne jamais se sentir obligé de copier. À 15 ans, c’est important.

Vous avez joué plusieurs fois en Principauté. Il y a quelques années, la rumeur disait même que vous étiez pressenti pour prendre la direction du théâtre Princesse Grace…
Oh les rumeurs, les rumeurs… il y a même eu une rumeur récemment en France selon laquelle j’allais devenir ministre de la Culture ! C’est important de s’en tenir aux faits, non ? J’aime venir en Principauté quand j’ai le temps. J’adore la princesse Caroline qui est une femme extraordinaire, qui a une culture folle. Je la trouve drôle, touchante, j’aime la façon dont elle regarde les choses, les gens, les œuvres. C’est assez foisonnant tout ce qui se passe à Monaco. Je venais régulièrement voir les expositions fabuleuses de ma grande copine, Marie-Claude Beaud au NMNM. Bjorn Dahlström qui la remplace désormais est formidable. Et puis les Ballets, l’Orchestre… il y a des gens de très grande qualité en Principauté. Vous êtes très gâtés.

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