"J’ai chanté avant même de savoir parler": rencontre avec Marghe, la gagnante de The Voice 2021

La gagnante de The Voice 2021, coachée par Florent Pagny, publie chez Decca son premier album, Alefa. Un bijou multifacettes. Un sublime opus métissé, à l’image de cet oiseau rare.

Laurence LUCCHESI llucchesi@nicematin.fr Publié le 02/09/2022 à 12:00, mis à jour le 02/09/2022 à 13:38
Marghe. Photo Triple Sept

L’histoire de Marghe (prononcez Margué, diminutif du prénom italien Margherita) aurait pu commencer par "île était une fois"... Mais ce n’est pas parce qu’elle est née, il y a 23 ans, à Madagascar, que la gagnante de The Voice 2021, coachée par Florent Pagny, est devenue une fille à la vanille.

Loin s’en faut, puisque dès son premier single, Nouvelle vie, cette auteure-compositrice-interprète – qui publie chez Decca son premier album, Alefa, réalisé par Jim Bauer, rencontré à The Voice, et Eddy Pradel (Hoshi) – nous a prouvé son tempérament plein de piment!

Une tante artiste proche de Jimmy Cliff

Et pour cause, puisque celle qui n’est autre que la nièce de L Saphira, une chanteuse malgache qui fût la compagne de Jimmy Cliff, a été biberonnée au reggae, forcément. Mais pas que: "Mon père, qui est un bassiste italien désormais établi à Cagnes-sur-Mer, me faisait écouter non seulement du Zucchero, du Eros Ramazzotti, mais aussi du Simple Minds, du lyrique. Et, avec ma mère, c’étaient les musiques traditionnelles malgaches comme du Jaojoby. Il y avait un sacré mélange à la maison!" La musique est dans l’ADN de cette chanteuse née: "J’ai chanté avant même de savoir parler! Toute petite déjà, lorsque je regardais Hannah Montana, confie-t-elle avec une sincérité désarmante, je savais que je voulais que le chant et la musique m’accompagnent le plus longtemps possible."

Inspirée par sa tante, en laquelle elle se reconnaît dans la façon de chanter: " Je la regardais avec les yeux qui scintillaient. Faire aujourd’hui le même métier, c’est un rêve."

Elle délaisse vite les musiques de Disney Channel pour fredonner du Tina Turner, dès l’âge de 7 ans, attirée par la pop et la soul. En suivant The Voice, déjà, en famille, elle suggère: "Imaginez-moi là, sur cette scène, comment vous réagiriez? Ils m’ont répondu: “Ce serait magnifique!" J’ai eu beaucoup de chance, car mes parents m’ont toujours soutenue. » Forte de ce soutien inconditionnel, elle enchaîne dès l’âge de 12 ans, les concours de chant à Madagascar. Un baptême du feu pour la petite métisse malgache-italienne, qui se retrouve vite médiatisée. En 2015, le directeur de casting de The Voice vient la chercher, mais le projet n’aboutit pas.

Elle arrive en France, à Poitiers, l’année suivante, où elle fait quelques dates, se retrouve à chanter devant le public du Futuroscope, y rencontre le pianiste compositeur David Henry avec lequel elle forme le duo Mada.

 

Il l’encourage à candidater à nouveau à The Voice. Mais elle se voit opposer, se souvient-elle, que " sa voix est encore trop juste pour faire l’émission". C’est sans compter sur la persévérance qui l’habite et que résume parfaitement le titre Alefa. En effet, "alefa" signifie en malgache "vas-y, courage, force".

Autant de mots qui font écho au parcours de Marghe dans cet album, qu’elle définit comme autobiographique, et dont elle a écrit ou co-écrit, en prenant le temps et le recul nécessaires, les treize chansons qui la représentent. Comme autant de reflets musicaux de la variété de ses humeurs, de Nouvelle vie, qui évoque de manière solaire son arrivée à Paris, à Restart The Game, qui fait référence à son parcours à The Voice et à sa volonté farouche de se relever, en passant par Mampamangy, reprise de ce tube de L Saphira, en hommage à celle qui lui a tracé la voie.

La chanson Maan, elle, révèle le côté féministe de Marghe, dans un esprit d’invitation à la réconciliation des sexes. De sa voix intense, prompte à donner le frisson, cette artiste incandescente et bien en phase avec sa génération, nous livre un opus associant aux sonorités world music, une pop moderne, voire urbaine, accrocheuse en diable.

Guerrière touchante mais sensible

Et qui n’a d’autre but que de lier, toutes cultures confondues, les êtres humains, par le fil ténu de l’émotion et de la musique, que Marghe considère comme les plus belles langues universelles. "La guerrière touchante mais sensible", comme la définissait Florent Pagny, dont elle a apprécié la franchise, est une artiste qui a " hyper faim et hyper soif de vous dire que je vous aime", ainsi qu’elle l’affirme sur son titre Hyper.

 

À l’instar d’Édith Piaf, icône absolue dans son panthéon personnel, la Môme Marghe est bien partie pour être emportée, à son tour, par la foule. Et l’emporter. En attendant de faire, comme elle en rêve, des concerts solo, elle sera dès le 25 septembre 2022 à l’Olympia à Paris, et le 26 septembre 2022 au Dôme de Paris, pour défendre L’Héritage Goldman, aux côtés de Mentissa et Cyprien. Alors, alefa Marghe!

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