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INTERVIEW. Les confidences de Pascal Obispo, parrain du Téléthon

Mis à jour le 04/12/2018 à 16:11 Publié le 07/12/2018 à 08:00
Pascal Obispo est le parrain du Téléthon ce week-end.

Pascal Obispo est le parrain du Téléthon ce week-end. Photo Yann Orhan

INTERVIEW. Les confidences de Pascal Obispo, parrain du Téléthon

Avec un nouvel album éponyme, Pascal Obispo livre son disque le plus personnel. En attendant de le découvrir sur scène, allumez votre téléviseur ce vendredi, dès 18 h 45, où il entamera un marathon télévisuel et caritatif de trente heures de direct comme parrain du Téléthon. Il est à la une de notre magazine Week-End ce vendredi.

C'est en 1991 que Pascal Obispo se fait connaître du grand public avec Plus que tout au monde.
Vingt-sept ans plus tard, après des grands tubes, des albums qui ont moins plu, des comédies musicales (Les Dix Commandements notamment), de nombreuses collaborations avec Johnny Hallyday, Zazie, Florent Pagny, Calogero, Nolwenn Leroy et bien d'autres, il présente un onzième opus, simplement baptisé Obispo.
Un album qu'il a enregistré dans son propre studio, au cap Ferret.
Et c'est dans un autre studio, dans le quartier de la Porte Saint-Denis, à Paris, que nous l'avons rencontré pour en parler. Evoquer ce disque qui lui ressemble bien plus que les précédents.
Sans doute parce qu'il en a composé la plupart des musiques, ce qui est dans ses habitudes, mais aussi parce qu'il a écrit la quasi totalité des textes, ce qui est inédit.
C'est rock, c'est pop aussi, nourri de toutes ses influences et de sa culture musicale depuis ses jeunes années à Rennes. Il est bourré de collaborations, avec son épouse Julie, Isabelle Adjani et Youssou N'Dour, Philippe Pascal, Benjamin Biolay et Christophe. C'est surprenant, frais et ça nous plaît.
On a hâte de voir ce que tout cela donnera sur scène. Mais pour cela, il faudra attendre un peu: fin juin dans les arènes de Nîmes et décembre prochain pour les grandes salles de Marseille, Nice et Toulon.
Et si Pascal Obispo a déjà prouvé qu'il avait du cœur –il est engagé pour les Restos du cœur et le Sidaction–, cette année, il sera le parrain de la trente-deuxième édition du Téléthon.
Pendant trente heures, il va tenir l'antenne afin de recueillir un maximum de dons pour la recherche. Coup d'envoi télévisuel ce vendredi, à 18h30, sur France 2.

Vous avez "mûri" ce nouvel album pendant longtemps?
J'ai beaucoup travaillé pour cet album, pendant près de deux ans et demi.
Mais j'ai toujours plusieurs projets en même temps. Je fais de la musique tout le temps.
Ce n'est même pas du stakhanovisme, qui a un côté mécanique et industriel, c'est vraiment de la passion. J'adore varier les projets, travailler dans des univers différents pour apprendre.
Pour cet album, il a fallu que je me débarrasse de tous les univers dans lesquels j'ai travaillé avant, pour retrouver mon ADN musical parfait.

Est-ce pour cela que cet album est éponyme?
Le côté éponyme c'est d'abord parce que j'ai changé de maison de disque, mais aussi parce que j'ai beaucoup travaillé sur les textes et que c'est la première fois que ça m'arrive.
On a tous eu le sentiment que je faisais quelque chose de beaucoup plus "personnel".
Alors, on entend toujours parler des albums très personnels... mais il l'est profondément parce que c'est presque un album autobiographique.
Je suis revenu à la source de toutes mes influences, de la musique qui m'a construit.
Les artistes qui sont dans l'album ne sont pas là pour vendre des disques, sinon j'aurais pris des artistes qui viennent du milieu urbain, on est d'accord?

"Quand je suis arrivé à Rennes, à l'adolescence, en 1978, je suis devenu post-punk et j'ai eu trois groupes de rock différents"

Philippe Pascal (Marquis de Sade) vous a donné envie de faire de la musique et il est sur votre album...
J'ai bouclé ma boucle, c'est-à-dire que chanter avec votre idole d'adolescence, vous ne pouvez pas rêver mieux dans la vie.
Quand j'avais dix-huit ans et que je le regardais, je voulais être à sa place et jamais je n'aurais pensé...
C'est vraiment Marquis de Sade qui m'a donné envie de faire de la musique, de faire du rock.
Bon, je n'ai pas forcément fait que du rock dans ma vie...
On va dire que l'attitude était plus rock que ma musique.

Vous avez eu différentes périodes dans votre vie et votre carrière?
Oui bien sûr. Jusqu'à douze ans, j'étais Maritie et Gilbert Carpentier.
Quand je suis arrivé à Rennes, à l'adolescence, en 1978, je suis devenu post-punk et j'ai eu trois groupes de rock différents, j'ai fait la première partie de Killing Joke, de Marc Seberg, des Pogues.
Quand je suis arrivé à Paris, j'ai signé dans une maison de disques, mes maquettes ne plaisaient pas alors j'ai fait Plus que tout au monde.
J'ai eu ma période pop, j'étais dans Ok Podium et Salut les copains, j'étais un chanteur qui plaisait bien aux filles. Et hop, j'ai perdu mes cheveux!
Alors je me suis mis une grande perruque blonde avec des lunettes... Ensuite, je me suis créé mon personnage Captain Samouraï Flower.
Et puis, toutes les comédies musicales, et tous ces artistes que j'ai enregistrés pour la lutte contre le Sida.
Et, à un moment donné, j'ai eu une nouvelle maison de disques, et c'était le moment de revenir au port.
Sans du tout renier tout ce que j'ai fait, bien au contraire.
Tout cet enrichissement me permet de mieux faire ce que je n'aurais pas été capable de faire avant.
J'ai tout appris et maintenant, je peux enfin faire techniquement cette musique.
L'âge, les textes, le retour à Rennes, j'ai repris la basse et j'ai eu envie de refaire un album pop-rock.

Photo Yann Orhan

Dans cet album, c'est un peu votre vie qui défile...
Quand on achète un cahier et qu'on décide d'être le parolier de son album, l'idée c'est d'être le plus vrai, le plus juste, et pas d'inventer des histoires.
Il n'y a pas de posture dans ce disque. La seule peut-être c'est sur la pochette...
Donc les textes racontent toutes mes lectures, mes peintures, mes photos, tout ce que j'ai pu lire entre les lignes, mes réflexions, les choses de la vie, des histoires vraies et puis, quelques cadavres exquis...

Il y a effectivement énormément de personnalités citées...
Moi, j'ai toujours été fan. C'est sur ma veste [il se retourne et nous montre le dos de sa veste recouvert de noms de groupes de musique, ndlr].
J'en ai une vingtaine comme celle-là.
Ce que je tente d'expliquer dans ce disque et de revendiquer, c'est qu'on n'invente rien et si on est là en tant que musicien, c'est parce qu'on a été imprégné d'une certaine culture, d'une époque, de la musique, de la peinture, de la littérature...
Finalement, quand on a du succès, quand ça fonctionne bien, c'est qu'on est entrés en correspondance avec des personnes qui ont vécu les mêmes choses que nous et qui retrouvent ces choses-là dans nos chansons.
Et puis, je ne cite pas plus de personnes qu'Alain Souchon, qui est mon maître.

Justement, il y a ce titre sur l'album, Les Chansons de Voulzy et Souchon... Ils étaient au courant?
Oui, je leur ai dit. Et par chance, eux, ils ont pris ça bien ! (rires)
Ils ont été touchés. Faire une chanson sur Voulzy et Souchon, c'est d'abord pour leur dire que leurs chansons correspondent à des moments de notre vie.
J'avais douze ans en 1977, au moment de Rockollection. Ensuite, j'ai suivi les chanteurs que j'ai aimés depuis le début.
Quelquefois, vous êtes déçus, mais Alain et Laurent ne m'ont jamais déçu. Avec eux, la différence c'est que je les connais.

"(à l'enterrement de Johnny) je me suis dit: peut-être qu'on n'a pas assez dit à ce mec-là qu'on l'aimait"

Je les ai croisés à l'enterrement de Johnny et c'est là que ça s'est déclenché.
Je me suis dit: "Mais putain, on est tous là dans cette église, et peut-être qu'on n'a pas dit suffisamment à ce mec-là qu'on l'aimait."
Et là, j'ai vu Alain et Laurent en train de marcher, on a parlé un peu et je me suis dit: "Mais j'ai envie de leur dire que je les aime à ces mecs !"
Je suis auteur de chansons, donc je leur dis en chanson et je veux que tout le monde réalise qu'en fait on ne leur a jamais dit tout ça.
Non seulement, ils ont été des points d'ancrage dans notre vie mais en plus, ce qu'ils racontent ce sont nos vies.
C'est cela qui est assez exceptionnel dans les textes d'Alain et les mélodies de Laurent.

Parlez-nous de D'accord, avec Isabelle Adjani et Youssou N'Dour. Une chanson qui a douze ans et qui était sur un album d'Isabelle Adjani qui n'est jamais sorti...
Oh mais c'est pas grave! À l'heure où je sors mon album, je préfère parler du mien! (rires)
En fait, j'ai mis cet extrait parce que je trouvais justement que cet album manquait d'une part de magie. Et Isabelle a bien voulu que j'intègre cette chanson et c'est parfait.
Quand on fait un album, il n'y a rien de pire que de vouloir remplir son album, ça c'est horrible...

Dans On n'est pas seul sur la terre, vous racontez que vous avez été témoin d'un accident de la route...
Ca fait plus de dix ans et je n'avais jamais osé en parler.
Au moment d'écrire, je me suis dit: "Vas-y, lâche tout, raconte tes propres histoires".
Effectivement, ce jour-là, j'ai vu au loin un espèce d'éclat et quand je me suis approché, j'ai vu un mec par terre...

"Pour moi, la vie privée doit rester privée, alors pour vivre heureux, vivons cachés"

Vous abordez aussi les réseaux sociaux dans Universelle solitude. Comment est-ce que vous les appréhendez?
Moi, je m'en sers uniquement pour ne pas parler de ma vie privée.
C'est un syndrome actuel et j'ai vu les limites que je ne voulais pas dépasser.
Pour moi, la vie privée doit rester privée, alors pour vivre heureux, vivons cachés. J'ai l'impression que le bonheur c'est ça: le secret.
Ce n'est pas pour rien que beaucoup de filles, et même certains garçons, ont encore des journaux intimes.

Est-ce que vous en avez souffert parfois?
Je vais vous expliquer ce que sont les réseaux sociaux de mon point de vue.
Vous êtes dans un concert, vous avez cinq personnes sur cinq mille qui n'aiment pas votre musique, qui foutent le bordel...
En revanche, vous en avez 4995 qui s'éclatent les bras en l'air. Voilà ce qu'il se passe dans les médias aujourd'hui: on prend ces cinq personnes et on les met en exergue pour essayer de démontrer que c'est ça l'opinion publique.
Alors que moi, je tiens compte de ceux qui sont heureux d’être là et qui font réellement l’ambiance. Voilà, ce qu’est un réseau social pour moi, donc ça ne me déstabilise pas du tout.

Photo Yann Orhan

Et presque trente ans après, est-ce que vous vous dites vraiment Rien ne dure?
Oui, "mais quand tu es contre moi, tout peut encore arriver". (rires)
C'est ça le vrai sujet de la chanson. Finalement l'amour peut changer l'espace-temps.
On peut passer dans une autre dimension et ne pas voir que le temps passe ou le voir passer différemment. Nous sommes mortels et éphémères, comme ce pauvre James Dean [il est cité dans la chanson, ndlr] qui incarne bien une espèce de fulgurance dans notre culture.
Et en général, plus c'est éphémère, plus ça reste.

Aujourd’hui, on écoute la musique en streaming, on zappe d'un morceau à l'autre. Est-ce que les jeunes d'aujourd'hui auront dans trente ans des artistes qui les ont vraiment marqués, comme cela a été le cas pour vous?
Non, ce ne sera pas pareil. Ils écoutent au maximum une minute trente de chansons parce qu'ils en ont tellement, ils sont curieux et veulent tout entendre.
On fabrique de la musique à la chaîne et les mômes aiment bien ça.
On ne fabrique plus d'idoles, comme avant. Alors, effectivement, ce sera différent pour les jeunes d'aujourd'hui.
Ils n'auront pas autant d'idoles que nous.

"(Etienne Daho) m'a dit de venir à Paris et c'est lui qui m'a logé au début"

Vous évoquez parfois avec Étienne Daho vos années rennaises?
C'est grâce à lui que je suis venu à Paris. Quand je lui ai fait écouté mon premier album Le Long du fleuve, il m'a dit de venir à Paris et c'est lui qui m'a logé au début.
Et sur la version deluxe de l'album, il y aura une reprise de sa chanson Saudade, et aussi une reprise de L'éclaircie de Marc Seberg.

Après vous être engagé au Restos du cœur, pour le Sidaction, cette année, vous êtes le parrain du Téléthon...
On me demande très souvent d'être parrain d'associations, et honnêtement je ne peux pas tout accepter. Cette année, je ne pourrai pas aller aux Restos du cœur, alors quand on m'a proposé le Téléthon, j'ai accepté. Moi, ça me semble normal, si je peux faire quelque chose.
Je vais essayer d'aller convaincre des copains de filer des maillots de foot ou des objets personnels (1). Il faut faire monter les enchère !

Et vous allez devoir tenir trente heures d'antenne?
Oh oui. Pas de problème, je suis un sportif!

Vous pratiquez toujours la boxe thaï?
Je ne vais pas vous mentir, j'ai arrêté.
A mon âge, c'est difficile, surtout les coups de genoux, et il faut avoir beaucoup de souffle.
À un moment donné, comme je n'ai plus le temps de faire deux heures de sport par jour, je ne peux plus faire de boxe thaï.

1. Depuis, Pascal Obispo a étoffé la vente aux enchères : lui-même vendra le texte original de la chanson Allumer le feu, Zinédine Zidane mettra en vente un maillot, Vianney cédera une guitare, Cyril Hanouna une raquette de tennis et Soprano un chapeau.

Album Obispo. Pascal Obispo. (Mercury/Universal)

En concert.
- Dimanche 30 juin 2019. Avec Zazie. Festival de Nîmes. Tarifs : de 44,40 à 89,50€.
Rens. www.festivaldenimes.com
- Mercredi 16 octobre 2019, à 20 h. Le Dôme, à Marseille. Tarifs : de 45 à 75€.
Rens. dome.marseille.fr
-  Vendredi 18 octobre 2019, à 20 h Palais Nikaïa, à Nice. Tarifs : de 42 à 72€.
Rens. www.nikaia.fr

-  Samedi 19 octobre 2019, à 20 h. Zénith Oméga, à Toulon. Tarifs : de 45 à 75€.
Rens. www.zenith-omega-toulon.com


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