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INTERVIEW. Acid Arab: Transe Orient Express

Mis à jour le 19/12/2019 à 17:59 Publié le 30/12/2019 à 18:00
Guido Minisky, Kenzi Bourras et Hervé Carvalho s’activent sur scène. Tandis que les deux autres membres du collectif, Pierre-Yves Casanova et Nicolas Borne, restent dans l’ombre.

Guido Minisky, Kenzi Bourras et Hervé Carvalho s’activent sur scène. Tandis que les deux autres membres du collectif, Pierre-Yves Casanova et Nicolas Borne, restent dans l’ombre. Philippe Lévy

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INTERVIEW. Acid Arab: Transe Orient Express

Deuxième album foisonnant pour le groupe qui fait se rencontrer l’acid house et les sonorités arabisantes. Baptisé Jdid, ce nouveau disque est marqué par l’empreinte du claviériste Kenzi Bourras, ancien compagnon de route de Rachid Taha.

Au commencement, en 2012, il y avait Guido Minisky et Hervé Carvalho. Le second, qui a grandi du côté de Saint-Laurent-du-Var et de Saint-Jeannet, a rencontré le premier à Paris, après avoir fréquenté les raves des années 1990 et exploré tout un tas de styles venus de Grande-Bretagne (comme le breakbeat, la jungle ou la drum’n’bass).

De retour du festival Pop in Djerba, dans le désert tunisien, les deux amis ont envie de tenter le coup. Pendant une soirée parisienne où ils mixent, ils décident de mêler de l’acid house avec des airs de musique arabe. "Et ça a fonctionné, il y avait de la place pour ça", se remémore Hervé Carvalho.

Le duo commence par préparer une série de maxis nommée Collections, sur le label Versatile. D’autres artistes, dont Étienne Jaumet, DJ Gregory ou I : Cube, sont invités à livrer leur propre vision de cette fusion.

Un premier EP suivra, puis un format long, Musique de France, verra le jour en 2016. "On n’a pas appelé ce premier album comme ça par hasard. Ce métissage, cette présence de la culture arabe, elle a toujours été réelle. Quand j’étais jeune, on était tous mélangés", détaille Carvalho.

Galette sauce algérienne


Jdid, par exemple, est un mot d’argot qu’il utilisait souvent avec sa bande de potes. Il peut signifier "neuf ", "cool" ou encore "nickel". Parfait pour ouvrir un autre chapitre et offrir plus d’espace à Kenzi Bourras. "Il s’est complètement impliqué dans l’écriture de l’album. Du coup, il y a une grosse couleur musique algérienne."

La greffe a très bien pris, selon Hervé Carvalho : "Aujourd’hui, on n’essaie plus de faire “à la manière de”. On fait de la musique électronique et Kenzi fait de la musique arabe avec nous.

On essaie de trouver un point de rencontre, une osmose entre nous. Il a une grande expérience dans l’arrangement, il a travaillé avec tous les grands chanteurs de raï algériens. Il nous apporte énormément sur la partie mélodique." Une recrue qui vient rejoindre un collectif plus large que ce que l’on pourrait croire.

"Maintenant, on est trois sur scène. Mais en tout, on est cinq. Avec nous, il y a aussi Pierre-Yves Casanova, un Niçois qui a pas mal gravité dans la scène techno, et Nicolas Borne, qui s’occupent de la production et du management. Chacun trouve sa place, on avance tous ensemble."

Chansons et hymnes pour dancefloors


Depuis le studio Shelter, dans le Xe arrondissement de Paris, "un quartier cosmopolite par excellence ", Acid Arab a piloté l’enregistrement d’un album nourri de multiples rencontres. Certaines ont été rendues possibles par la magie du Web et l’échange de fichiers. D’autres ont eu lieu en chair et en os.

L’Algérien Sofiane Saidi, le Syrien Rizan Said et le Turc Cem Yildiz, déjà présents sur Musique de France, sont encore de la partie. Les Filles de Illighadad, des chanteuses de blues touaregs, Hasan Minawi, Radia Manel ou encore Ammar 808 complètent cette alliance panarabe.

"On peut explorer sans fin. On est très loin d’avoir fait le tour, il y a tellement de genres, de sous-genres, d’instruments et d’artistes à découvrir", relève Hervé Carvalho.

Entre toutes ces influences, l’Azuréen décèle plusieurs points communs : "La transe, la profondeur, la puissance de la musique, que l’on peut aussi retrouver en écoutant un album techno." Sur Jdid, des morceaux à la forme relativement "pop" (Malek Ya Zahri, Nassibi) en côtoient d’autres taillés pour retourner une piste de danse, à l’image du surpuissant Club DZ, d’électrique Yarghol ou de Rajel. 

"On avait envie de proposer quelque chose de plus simple, plus facile à jouer dans les clubs. On adorait défendre le premier album en live, mais il était peut-être plus compliqué. Là, on voulait des titres efficaces."

Grands voyageurs


Après avoir fait un crochet par Nice en 2017 et 2018, pour une Crossover Session puis une date au Nikaïa Live, le groupe n’a pas prévu de revenir prochainement dans le Sud. Il faut dire que l’agenda du collectif a tendance à déborder ces derniers temps, en penchant sérieusement vers l’international. 

"On a visité plus de cinquante pays, on a fait plus de deux cent cinquante dates. Là, on va repartir pour une tournée mondiale, avec un nouveau live et une nouvelle scénographie."


Pour Acid Arab, le road trip prend parfois des allures de grand écart. Un jour sur la scène d’un événement pointu, un autre à l’affiche d’un festival grand public. Et même dans une pizzeria.


" Il nous est arrivé de jouer en concert gratuit pour des familles dans un parc en égypte. En Turquie ou au Liban, c’est peut-être plus pour une jeunesse dorée, plus occidentalisée. Finalement, on est passe-partout ", s’amuse Hervé Carvalho.


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