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"Il n’y a que la musique": Sly Johnson se confie à Jazz à Juan

La voix puissante et la musique à la fois urbaine et traditionnelle de Sly Johnson ont fait bouger les spectateurs de Jazz à Juan ce jeudi. Rencontre.

Ludovic Mercier lmercier@nicematin.fr Publié le 16/07/2021 à 13:10, mis à jour le 16/07/2021 à 14:14
interview
Sly Johnson dans la pinède. (Photo Franz Chavaroche)

Du temps est passé depuis que Sly Johnson chantait les louanges de la belle Angela avec ses copains du SaÏan Supa Crew. Depuis qu’il vole en solo, Sly Johnson a sorti deux albums et conquis un nouveau public. R’nB, soul, hip-hop, jazz… Il est au confluent de ces styles. La dernière fois qu’il est venu, il était l’invité de Manu Katché. Aujourd’hui, en haut de l’affiche, c’est son nom.

Qu’est-ce que ça vous fait d’être à Jazz à Juan?

Je suis super fier, ça fait du bien pour la reprise de me retrouver sur cette grande scène. Pour moi ça veut dire quelque chose. Sans musique, il n’y a pas de vie. Et la musique sans scène ne peut pas vivre correctement. C’est d’autant plus important ici, où la scène est ouverte au grand air, et la musique part dans toutes les directions.

 

À ce propos, votre musique est polymorphe: soul, hip-hop, funk… Le jazz, une nouvelle direction?

Oui, c’est une direction que je prends parfois, avec un autre projet scénique, avec Laurent Ceccarelli, qui s’appelle We Are Four. Le jazz fait aussi partie de ma musique. Beaucoup de mes musiciens viennent du jazz. Il y a du jazz dans ma musique, qui est aussi soul que hip-hop mais aussi très funky.

Le hip-hop s’invite de plus en plus sur les scènes jazz. Quel est le point commun de ces deux courants?

Elles naissent toutes les deux d’une colère, d’une frustration, d’une envie de vivre aussi. Une envie d’être considéré dans la société. Elles ont ces choses-là en commun. Ce feu, cette énergie qui brûle. Ces musiques sont cousines, sœurs. Elles sont libres dans leur expression, elles ont totalement évolué avec leur temps.

 

Votre confinement a été très productif, vous avez un nouvel album?

Il est prêt. Il attend juste d’être commercialisé. C’est un album très soul et hip-hop. Un album profond, sale, percutant. Très aérien et très terrien à la fois. De la bonne soul music avec une sonorité très hip hop. Ce sera pour la prochaine tournée.

Quels souvenirs avez-vous des festivals que vous regardiez à la télévision dans votre enfance?

Petit, je ne comprenais pas forcément ce que je regardais, mais j’ai été éduqué au jazz par mes parents. Mon père était vraiment amateur de jazz. Ce qui me marque, c’est la virtuosité et la diversité de tous ces artistes, qui grandit au fil des années. C’est ce que je retiens de ce festival et des festivals en général. Quand je pouvais, je voyais des images de ces événements avec mon papa. Ce soir je lui dédie ce concert.

Si vous aviez une baguette magique, avec qui aimeriez-vous chanter?

 

Stevie Wonder. Pas forcément chanter, mais travailler avec lui. Je suis passionné et très curieux du travail que peuvent des artistes ou des techniciens. J’aimerais vraiment me retrouver dans un studio où il travaille.

Vous avez dit, dans une interview, que vous cherchiez à emmener le spectateur dans votre monde. Comment le définiriez-vous, ce monde?

Mon monde musical est empreint d’autant de hip-hop et de soul traditionnelle que de nu soul, tout en étant très funky. Je suis un très grand fan de James Brown. C’est ça que je veux: casser les soi-disant barrières qui existent entre les styles, car il n’y en a pas en vérité. Il n’y a que la musique. Ce que je veux surtout faire passer, c’est le bonheur d’être soi dans l’instant présent, et la joie que l’on peut éprouver en se laissant traverser par les vibrations que génère la musique…

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