Héloïse Hervouët, la pianiste cap-d’ailloise qui accompagne le groupe de métal Rammstein sur sa tournée européenne

Au sein du duo Abélard, la pianiste classique du Philharmonique de Monte-Carlo fait actuellement l’ouverture du groupe allemand sur sa tournée mondiale des stades. Expérience unique.

Aurore Harrouis Publié le 15/08/2022 à 16:05, mis à jour le 15/08/2022 à 15:42
Héloïse (à gauche) forme avec Katherine Nikitine le duo Abélard, qui officie en première partie de Rammstein sur 22 dates de sa tournée. (DR) DR

Jupe sombre, sous le genou. Manches longues. Sur la scène de l’auditorium Rainier-III, pour les concerts du dimanche de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, Héloïse Hervouët porte la tenue de rigueur. Celle qui sied à l’interprétation d’œuvres classiques dans les salles feutrées. Mais lorsqu’elle visse sur sa tête la casquette cloutée et revêt ses petits hauts à maxi-pampilles – et que ça brille! – une autre pianiste apparaît, prête à faire chanter des stades de 65.000 personnes.

Dr Jekyll et Ms Hyde. Version piquée de metal pour Rammstein. La musicienne cap-d’ailloise, née à Monaco en 1985, forme avec son amie Katherine Nikitine le duo Abélard – pour Héloïse et Abélard, les amants médiévaux célèbres – et assure cet été la première partie de la tournée des métalleux allemands. "On les a rencontrés en 2019. Le duo Játékok, qui officiait alors en ouverture, a appelé Katherine avec qui j’ai fait mes études au conservatoire de Lyon et qui est aujourd’hui professeure de piano à Genève. Játékok avait besoin d’être remplacé sur quelques dates. Puis il y a eu la Covid. Et la tournée a repris cet été, avec notre formation, en première partie officielle. On assure vingt-deux dates un peu partout, au Royaume-Uni, en Pologne, en Suède, au Danemark, en Italie, au Canada et aux États-Unis", égrène Héloïse, entre deux avions.

Machinerie dingue
et feux d’artifice

L’idée? Faire un peu le calme, avant la tempête, en interprétant au double piano le répertoire de Rammstein. Une découverte pour la professeure de l’académie Rainier III. "Hors classique, j’écoutais du Muse, ça a été ma petite passerelle vers le metal. J’ai un peu honte de le dire mais je ne connaissais rien au metal avant 2019." Rien non plus au succès du groupe formé en 1994 dans une Allemagne récemment réunifiée. Du carton Du Hast qui a pourtant dépassé les frontières du genre et fait apprendre trois mots d’allemand à tous les ados de sa génération. Rien des looks du chanteur Till Lindemann, des vestes qui explosent sur scène, des canons à mousse en forme de pénis géant. De ses shows spectaculaires, menés à grand renfort de pyrotechnie. De la machinerie dingue qu’ils impliquent. "Une soixantaine de camions sont nécessaires à transporter les décors et 300 personnes travaillent au bon déroulé de chaque show", relève l’Azuréenne, qui, depuis, est devenue incollable sur le répertoire de la formation hard.

 

Piano façon rap?

A chaque date de la tournée, Héloïse et Katherine se retrouvent sur une petite scène posée au milieu du stade, avec un double piano électronique et des dizaines de milliers de spectateurs autour. Pas question ici d’étaler leur virtuosité, mais plutôt de tenter d’intéresser des oreilles peu habituées aux mélodies du clavier.

"Au début, le public est surpris… Puis il reconnaît les morceaux et se met à chanter. Nous avons choisi d’arranger des chansons qui se prêtent particulièrement à cela. On reçoit beaucoup de bienveillance et d’énergie lors des concerts. Moi, après, je n’arrive pas à dormir, je suis comme une pile qu’on a rechargée à bloc!"

De quoi donner des ailes au duo pour l’avenir. "On reçoit pas mal de demandes, de groupes de metal, d’artistes rap. Rammstein nous offre une super vitrine", dévoile Héloïse Hervouët. En attendant, la jeune femme choisira une dernière robe à paillettes le 9 septembre prochain pour l’arrêt du Rammstein Stadium Tour dans le Massachusetts. Trois jours plus tard, elle enfilera sa panoplie de professeur pour la réunion de rentrée de l’académie Rainier III. Pas à un grand écart musical près.

À Lyon, en juillet dernier, devant 50.000 personnes. (DR)

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